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Les quatre pôles de l’identité nationale

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Frontière, souveraineté, culture et ethnie, roman national, tels sont les quatre pôles de l’identité nationale : quatre pôles menacés par les oligarchies, le déracinement, la culture marchande et l’immigration. Polémia présente ici l’analyse proposée par Yvan Blot aux Assises « Nationalité, Citoyenneté, Identité » du 10 mars 2012.


Aristote dans sa Métaphysique évoque les quatre causes des choses qui nous entourent : par exemple, un temple a une cause matérielle, la pierre ou le bois sans lesquels il n’y aurait pas de temple. La cause formelle est le plan de l’architecte : c’est une idée qui va être imposée à la matière. La cause motrice, ce sont les hommes qui s’activent sur le chantier. La cause finale est toutefois la plus importante : c’est la religion qui donne son sens, sa signification, donc son « être » au temple et qui fait de lui ce qu’il est.

Heidegger a repris ces outils mais les appelle la terre, le ciel, les hommes et la divinité. C’est ainsi qu’un touriste qui ignore la religion grecque ne connaîtra pas la « vérité » ou « l’essence » de ce temple et n’en aura donc qu’une expérience très superficielle (au mieux esthétique).

On peut appliquer cette grille à l’identité nationale.

La cause matérielle : la frontière

La cause matérielle de l’identité nationale est la FRONTIERE : en effet, la frontière définit le territoire de la nation. A l’intérieur de la frontière vit le peuple. Des étrangers y vivent aussi : certains ont été appelés (pour travailler, par exemple) par des nationaux mais d’autres sont venus sans être appelés. C’est pourquoi le danger identitaire, du point de vue de la cause matérielle, du point de vue de la terre de France pour parler comme Heidegger, est l’IMMIGRATION.

La cause formelle : la souveraineté

La cause formelle (juridique et politique) de l’identité nationale est la SOUVERAINETE POLITICO-MILITAIRE. En effet, c’est le peuple souverain qui va décider de la teneur des lois, du système juridique national, des règles de vie en société. La préservation de l’identité s’accomplit ainsi politiquement par la démocratie authentique où le peuple est réellement souverain grâce à la démocratie directe (référendums d’initiative populaire) comme en Suisse. Le danger suprême est ici celui de l’OLIGARCHIE. Il y a l’oligarchie intérieure qui fait les lois sans consulter le peuple, en connivence avec les médias, les syndicats et l’appareil bureaucratique d’Etat. Mais il y a aussi l’oligarchie internationale composée des organisations internationales (Union européenne, Cour européenne des droits de l’homme, UNESCO, ONU, etc., que le général De Gaulle appelait des « machins »). Il n’y a rien de moins démocratique que ces organismes internationaux dans leur recrutement et leur idéologie. Enfin, la démocratie est d’origine militaire. Les Assemblées de guerriers des Grecs ou des Germains ou des Suisses en témoignent. L’oligarchie qui menace aujourd’hui et qui est spirituellement américanisée est marchande.

Cause motrice : la culture des hommes

La cause motrice de l’identité nationale, ce sont les hommes, donc la langue qu’ils parlent, la culture qui les anime. C’est la cause CULTURELLE ou ETHNIQUE. Cette dimension de l’identité nationale fait la personnalité, l’âme, comme disait De Gaulle, de chaque nation. Elle est menacée par l’anglais et la culture AMERICAINE MARCHANDE. L’Amérique nous menace culturellement parce qu’elle a gagné des guerres mondiales et que le vainqueur fait de ses alliés moins puissants des satellites.

Notre identité a été forgée par la religion catholique et par l’aristocratie militaire. Il en est de même des Russes car l’orthodoxie est proche du catholicisme. L’identité américaine est différente : c’est celle du protestantisme dissident et il n’y a jamais eu d’aristocratie : ce sont des marchands qui dominent comme autrefois à Carthage ou au Liban. L’Amérique a démilitarisé l’Europe spirituellement et matériellement ; avec la propre complicité des Etats européens vaincus ou s’assimilant aux vaincus.

Cause finale : le roman national

La cause finale de l’identité nationale est à chercher dans l’HISTOIRE, le ROMAN NATIONAL. Dans cette histoire identitaire, le fait RELIGIEUX est central, même si la société se sécularise plus tard (cette sécularisation n’est pas sans danger éthique et démographique). Les jeunes apprennent le patriotisme dans l’histoire de France. Les jeunes Grecs de l’Antiquité apprenaient leur identité grecque et religieuse dans Homère. La menace qui plane sur l’identité nationale du point de vue de la cause finale est celle du DERACINEMENT SPIRITUEL. Lorsque les jeunes générations sont privées de leur héritage historique, le patriotisme qui suppose d’être capable de mourir pour la patrie, se défait. Le lien social s’effrite par excès d’égocentrisme. L’idéologie des droits de l’homme efface les repères éthiques indispensables à l’identité nationale, comme l’a notamment écrit le patriarche de Moscou.

Les menaces sur l’identité nationale

Ainsi, les menaces sur l’identité nationale peuvent être représentées sur un graphique en croix avec les quatre causes matérielles (en bas), formelles (en haut), motrice (à droite) et finales (à gauche ) :

OLIGARCHIES

DERACINEMENT SPIRITUEL ← MENACES → CULTURE MARCHANDE

IMMIGRATION


Le carré vertueux de l’identité nationale

A l’inverse, on peut tracer le graphique de l’identité nationale :

SOUVERAINETE

ROMAN NATIONAL ←IDENTITE NATIONALE→ CULTURE –ETHNIE

TERRITOIRE

Une politique de protection et de développement de l’identité nationale doit donc assurer la protection des frontières, notamment contre l’immigration de masse, assurer la souveraineté politique et militaire du pays, protéger la culture nationale contre le multiculturalisme et transmettre la mémoire historique et religieuse de la patrie.

Yvan Blot 
13/03/2012

Image : La « Métaphysique » d’Aristote / Perspectives contemporaines (Michel Narcy et Alonso Tordesillas)