Accueil | Politique | L’union des droites est-elle possible ?

L’union des droites est-elle possible ?

L’union des droites est-elle possible ?

par | 2 avril 2018 | Politique

Par Barbara Mazières, présidente du Cercle Anjou Conférences ♦ Le 27 mars dernier, à Angers, l’association Anjou Conférences organisait une table ronde réunissant plusieurs ténors de la droite sur le thème « L’union des droites est-elle possible et souhaitable ? ». Animé par Guillaume Bernard et Guillaume de Thieulloy, cet événement a réuni Jean-Frédéric Poisson, Emmanuelle et Robert Ménard, Marie-France Lorho, Karim Ouchikh et Pascal Gannat.
Nous vous proposons ici de retrouver le texte de présentation de cette table ronde transpartisane qui a connu un franc succès.


Depuis des décennies, la droite en France perd bataille après bataille. Même quand elle gagne des élections, elle perd car elle ne fait que gérer, laissant la culture, l’école, l’organisation de la société au monopole de la gauche.

Pourtant, comme l’a montré Guillaume Bernard dans son remarquable ouvrage, La guerre à droite aura bien lieu – Le mouvement dextrogyre, il y a un glissement de la société vers la droite. Mouvement de plus en plus sensible, dont la formidable mobilisation de la Manif pour tous a été une démonstration éclatante. Ce mouvement accentue la déconnexion des élites (fondamentalement ancrées dans l’idéologie post-soixante-huitarde) mais il n’arrive pas à se concrétiser politiquement.

Le problème vient essentiellement des partis politiques et de l’esprit partisan qu’ils ont généré. Ces partis, vivant sur un modèle déjà ancien, ne comprennent pas l’évolution de la société, et les apparatchiks qui les composent n’ont pour ambition, bien trop souvent, que de se faire une place au chaud, biberonnés d’argent public.

Et quand ils parlent d’union, c’est derrière leur personne, dans un mouvement bien hiérarchisé dont ils seront le chef !

Beaucoup de politiques ne parlent d’union qu’en pensant fusion dans un mouvement centralisé. Ils cherchent des ralliés, pas des alliés.

De chef, il ne peut y en avoir que de légitime, et ce n’est sûrement pas un homme de parti qui le sera.

Observons que la victoire de la coalition de droite en Italie s’est faite sur un modèle exactement inverse : une coalition dans le respect des différences de chacun, organisation à plusieurs têtes, dont l’union s’est faite sur une plate-forme de gouvernement, pas dans un parti…

Il faut donc que le peuple de droite, les femmes et les hommes de bonne volonté commencent par s’organiser, nous verrons pour les chefs après. Ceux qui accepteront cela seront nos porte-parole.

Mais l’union ne pourra se faire qu’en vérité. C’est-à-dire sur un programme clair, bien loin des amphigouriques programmes technocratiques habituels.

Il faut une plate-forme commune admise par le peuple de droite : résolument conservatrice sur les valeurs, résolument pour la liberté (d’entreprendre ou d’éduquer notamment), résolument pour la défense de notre patrie.

Cette plate-forme doit tourner le dos à l’idéologie imposée par la gauche depuis quarante ans ; il est important de ne pas se soumettre au diktat idéologique de la gauche. La vraie opposition est entre gauchiste mondialiste et conservateur, ainsi que l’a parfaitement exprimé Marion Maréchal-Le Pen dans son récent discours aux États-Unis.

Une plate-forme évitera les ambiguïtés. Je ne crois pas à la logique souverainiste/mondialiste. Le souverainisme est la conséquence d’une politique conservatrice, il n’est pas une condition suffisante pour faire de tout souverainiste l’allié d’un conservateur.

L’ambiguïté conduit à faire voter un conservateur de province pour un candidat jacobin, étatiste et peu soucieux des valeurs et de la défense de la famille. Cela fait trop longtemps que nous sommes bernés. Cela suffit.
La question de l’unité de la droite, et comment arriver à une plate-forme commune, c’est le sens de la table ronde que nous organisons à Angers, le 27 mars prochain : ce qui va être débattu, c’est la question de l’unité de la droite (comment et pour quoi faire ?), c’est le dépassement des actuelles étiquettes et boutiques politiques.

Barbara Mazières
02/04/2018

Source : Boulevard Voltaire

Crédit photo : Guillaume Bernard

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

I-Média n°306 – Français tués : le silence des médias

Comme chaque semaine, I-Média décrypte l’actualité médiatique en déconstruisant le discours...

Vague verte et racialisme – La revue de presse de Radio Courtoisie

Par Michel Leblay et Laurent Artur du Plessis ♦ La revue de presse du Libre journal de...

Coronavirus : le péril algérien à nos frontières ?

Par Pierre Boisguilbert, journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère...

De SOS Racisme à la guerre ethnique, l’antiracisme contre la France

Par Clément Martin, porte parole de Génération Identitaire ♦ L’antiracisme des années 80...

Sonia Krimi, Mounir Mahjoubi… Enrichissement racial à l’Assemblée nationale [Partie 2]

Par Maxime Jacob, diplômé de science politique, Gilet jaune et coauteur avec Fiorina Lignier du...

Black Lives Matter, indigénisme, décolonialisme… Bienvenue dans le XXIe siècle !

Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples et La Nouvelle guerre...

L’idéologie « verte » comme nouvel avatar de la fracture sociale

Par Didier Beauregard, journaliste et essayiste ♦ Avec 7 villes de plus de 100 000...

I-Média n°305 – L’offensive anti-blanc se poursuit

Comme chaque semaine, I-Média décrypte l’actualité médiatique en déconstruisant le discours...

Un regard écologique sur le Covid-19 – La crise sanitaire

Par Frédéric Malaval, essayiste, auteur de Vers l’EcoHumanisme ♦ La crise du Covid-19 est...

Avia, El Guerrab, Obono, Son-Forget… Enrichissement racial à l’Assemblée nationale [Partie 1]

Par Maxime Jacob, diplômé de science politique, Gilet jaune et coauteur avec Fiorina Lignier du...