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«Transparency France», une association socialiste et atlantiste

Julius Muzart, ancien haut fonctionnaire (ER), enseignant en droit public, essayiste…

♦ «  Encore heureux qu’il ait fait beau et qu’François Hollande ait un bon bilan… »

C’est dans La Gazette des communes du 21 décembre qu’on trouve l’information. La Gazette, ce quotidien du groupe Moniteur où les élus de gauche expliquent comment financer des mosquées malgré la loi de 1905…

L’article s’intitule : « Lutte contre la corruption : le bon bilan de Hollande, selon Transparency ».

« Un bon bilan ?» Après Cahuzac, Benguigui, Thévenoud, Guérini et autres sommités, le satisfecit délivré à Hollande interpelle.


Alors, posons la question : « Qui parle ? »

La référence de La Gazette, c’est l’association « Transparency France », filiale de l’ONG « Transparency International ». Décernons le prix de la carpette anglaise à cette « filiale » française qui fait allégeance à la langue du patron, et regardons de plus près.

Qui sont-ce ?

En dépit de la référence aux Frères Jacques, les dirigeants de l’association sont tout sauf des comiques.

Le président, Daniel Lebègue, ancien directeur du Trésor, a commencé sa carrière comme directeur de cabinet de Pierre Mauroy.

A son côté, Pascal LAMY, membre hors classe du Parti socialiste, ancien président de l’Organisation mondiale du commerce : un des porte-drapeaux de la « mondialisation heureuse ». Comme on le comprend ! Une de ces éminences qui peuvent avoir été, et être encore : membre ou dirigeant de l’International Advisory Committee Bosch, de l’International Advisory Board de ITAU-Unibanco, du Board de la Mo Ibrahim Foundation, etc., etc., bref, un « no-borders », dans son genre…

Pour rester dans la politique, citons également Bernard Soulage, vice-président (PS) de la région Rhône-Alpes, ancien député européen.

Viennent ensuite « les experts et la société civile » :

-Experte, la vice-présidente Catherine Pierce, magistrate, qui s’illustra en condamnant Alain Juppé à 18 mois de prison et 10 ans d’inéligibilité quand le parquet requérait trois mois, sans inéligibilité.

-Expert, le professeur Jacques Terray, titulaire, entre autres, d’un master de l’Université de Columbia, ex-associé du cabinet international Gide Loyrette Nouel, comme que la professeure Véronique Magnier, Adjunct Professor à l’Université de Georgetown (USA).

-Experts, Olivier Luneau, MBA de l’Université de Californie, ancien de la Bank of America, et Gérard Kuster, certes pas socialiste, mais membre du Comité exécutif du Global Council on Business et du Conference Board aux Etats-Unis.

On le voit, aux côtés du PS, comme toujours, l’appui de la pensée made in USA, mais « du côté de chez Clinton ».

Mais la société civile est également présente sous les espèces de l’écologie « réchauffiste », de l’humanitaire des beaux quartiers et de la discrimination positive :

-Anne-Marie Ducroux, ex-« Ligue pour la protection des oiseaux », aujourd’hui « Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes », Frédéric Bardeau, « innovateur social » selon Libération, et la déléguée générale de l’association, Laurène Bounaud, ex-directrice de l’association « Humanity in action » qui fonctionne avec le généreux soutien de : « la Région Ile-de-France, la Région Rhône-Alpes, la Ville de Paris »…

Impartialité garantie, donc, Transparency !

Rassemblement de politiques de gauche et de représentants du mondialisme « bien guidé », qui donne des leçons de morale universelle, mais qui semble choisir soigneusement ses cibles !

Sans doute les bases factuelles sur lesquelles se fonde l’association pour délivrer ses bons points sont-elles exactes. Mais là où l’on ne veut pas trouver de corruption, il suffit de n’en pas chercher !

C’est sans doute pour cela qu’elle s’intitule « Transparency » : en américain ça ne veut probablement pas dire la même chose que « transparence » en français.

Julius Muzart
24/12/2016

Correspondance Polémia – 10/01/2017

Image : Transparency international France, Section française de Transparency International, la principale organisation de la société civile qui se consacre à la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique.

Julius Muzart

Julius Muzart, ENA ; DES de Droit public. Ancien haut fonctionnaire (ER), enseignant en droit public. Essayiste, auteur des ouvrages « Le quatrième complice (ou : je vous mets en examen parce que je ne comprends pas…) », « Associations, subventions, compromissions », « Chroniques de la principauté de Grande Gabegie ». Contributeur régulier de Polemia.