Accueil | Société | « Survivre à la désinformation » : le regard éclairant d’Alain de Benoist sur l’actualité

« Survivre à la désinformation » : le regard éclairant d’Alain de Benoist sur l’actualité

« Survivre à la désinformation » : le regard éclairant d’Alain de Benoist sur l’actualité

par | 25 juillet 2021 | Politique, Société

« Survivre à la désinformation » : le regard éclairant d’Alain de Benoist sur l’actualité

Par Michel Geoffroy, auteur de Immigration de masse. L’assimilation impossible, La Super-classe mondiale contre les peuples et La Nouvelle guerre des mondes ♦ Aux éditions de La Nouvelle Librairie, Alain de Benoist, essayiste et philosophe, publie un nouveau recueil d’entretiens avec Nicolas Gauthier. Gabrielle Cluzel rappelle dans son aimable avant-propos que ces entretiens prennent leur source dans les chroniques d’Alain de Benoist publiées sur le site Boulevard Voltaire. Ce recueil prend donc la suite d’un premier volume publié en 2015 et intitulé Survivre à la pensée unique. Cette fois la rétrospective s’étend d’octobre 2015 à mars 2021 : une période particulièrement riche en « informations », donc en bobards médiatiques et en désinformation ! D’où le titre donné à ce nouvel essai.

 

Réflexivité et non pas réactivité

« Le sot n’est instruit que par l’événement », dit-on.

L’intérêt des chroniques d’Alain de Benoist consiste justement à s’extraire de l’événementiel pour engager une large réflexion à partir des faits.

Comme l’affirme la couverture du livre, « l’actualité s’oublie, Alain de Benoist la met en perspective ». Il prend donc le contre-pied de ce que font les médias du Système : il invite à méditer et à savoir prendre ses distances, au lieu de se soumettre au « poids des mots et du choc des photos » médiatique, destiné à nous abrutir et à nous domestiquer.

Comme l’écrit d’ailleurs Alain de Benoist lui-même, « à la réactivité je préfère la réflexivité[1] ». Pari tenu !

Un essai en forme de dictionnaire

L’essai peut se lire de différentes façons. D’abord comme une sorte de dictionnaire où chaque chronique correspondrait à une entrée ; il y en a plus de 100, qui couvrent un champ de réflexion très vaste : le néo-féminisme, la surpopulation, Donald Trump, Emmanuel Macron, les Gilets jaunes, le rôle des intellectuels, les démocraties illibérales, la « post-vérité », l’écologie, les inégalités, la société des individus, l’impossible assimilation, etc. Mais un dictionnaire rendu vivant par le questionnement de Nicolas Gauthier, souvent incisif.

Mais on peut aussi lire l’essai par ordre chronologique, qui correspond à celui de la pagination, puisque chaque chronique est datée.

Une façon de remonter le temps qui conduit elle aussi à la réflexion, surtout si on lit comme on savoure un vieil alcool : à petites gorgées.

Survivre à la désinformation - Alain de Benoist - Le Zoom - TVL

Un chroniqueur qui voit juste

D’autant qu’un examen attentif permet de relever que sur de nombreux points Alain de Benoist a vu juste avant tout le monde. C’est ce qui le différencie des journalistes du système, perroquets incultes et arrogants, qui répètent en boucle les sornettes du politiquement correct.

Ainsi, par exemple, Alain de Benoist a vu juste lorsqu’il a mis en garde dans une chronique de décembre 2015 sur le risque « non seulement de criminaliser les mouvements sociaux mais d’accélérer la mise en place d’une société de surveillance plaçant sous contrôle permanent l’ensemble des citoyens […]. Il y a donc de bonnes chances que les mesures prises au nom de l’état d’urgence soient conservées lorsque la menace aura disparu[2] ». Ce sera chose faite deux ans plus tard par Emmanuel Macron et plus encore avec l’état d’urgence sanitaire à rallonge : depuis 2015, notre pays a ainsi vécu pour la moitié du temps sous le régime de l’état d’urgence !

De même, en mars 2017 Alain de Benoist prévoit que François Fillon a « peu de chances de se qualifier au second tour, celui-ci devrait normalement opposer Marine Le Pen et Emmanuel Macron[3] ».

Il prévoit aussi en octobre 2019 que les manifestations contre la PMA échoueront car « ce sont des combats perdus d’avance[4] » puisque les Français n’y voient, à tort ou à raison, que des revendications de minorités, qui ne les concernent pas.

Le plus nocif et le plus dangereux

De même, Alain de Benoist voit juste lorsqu’il affirme dès février 2016 voir Emmanuel Macron comme le « ministre le plus nocif et le plus dangereux de ce gouvernement, l’expression de la domination bourgeoise comme dit Patrick Buisson[5] ».

En octobre 2017, alors qu’une partie de la droite adule encore un président « jupitérien », Alain de Benoist voit juste quand il dénonce un Macron qui « ne supporte pas qu’on lui résiste, il n’aime pas les corps intermédiaires, il est insensible aux aspirations populaires, il n’a rien à dire à la France qui va mal. Tout cela n’est pas de bon augure[6] ». Un an après, ce sera en effet le mouvement des Gilets jaunes…

Car, comme l’affirmera l’auteur en février 2020, « que ce soit en France ou dans le monde, cet homme à la fois hautain, méprisant et bavard ne comprend pas ce qui se passe. Il gère (mal), il communique (mal), il réprime (brutalement), il supprime la liberté d’expression (efficacement) mais il ne gouverne pas[7] ».

Une vue du monde cohérente

La variété des thèmes abordés dans ces chroniques ne saurait évidemment faire oublier la grande cohérence intellectuelle des analyses auxquelles se livre Alain de Benoist : la critique d’une mondialisation qui correspond à l’extension planétaire de la logique du capital et à la marchandisation de l’existence ; l’impossibilité d’établir, comme le prétendent les libéraux, une « société d’individus » qui soit viable, l’épuisement de la polarité politique gauche/droite qui ne correspond plus aux enjeux de notre temps, l’opposition de plus en plus « verticale » entre les peuples et les oligarchies occidentales ; l’impuissance d’une Europe américanisée et vassalisée, notamment.

Une cohérence, expression d’une discipline de pensée, qui permet justement de comprendre notre monde et de résister à la désinformation.

Alors, cet été, au lieu de présenter votre passe sanitaire au premier argousin venu, sachez vous évader en savourant Survivre à la désinformation, en compagnie d’Alain de Benoist et de Nicolas Gauthier !

Michel Geoffroy
25/07/2021

[1] Benoist (Alain de), Survivre à la désinformation, éditions de La Nouvelle Librairie, 2021, p. 224.
[2] Ibid., p. 56.
[3] Ibid., p. 195.
[4] Ibid., p. 362.
[5] Ibid., p. 76.
[6] Ibid., p. 221.
[7] Ibid., p. 404.

Michel Geoffroy
Les derniers articles par Michel Geoffroy (tout voir)

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Je fais un donSoutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Voir aussi

Fight ! La France cherche un Trump, désespérément

Fight ! La France cherche un Trump, désespérément

L’image a fait la une du magazine Time et le tour du monde par la même occasion. On y voit Donald Trump se relevant de son attentat, le visage en sang et levant le poing en signe de défi, sur fond de bannière étoilée. L’image est un chef-d’œuvre du genre, mais elle...

J’accuse l’oligarchie

J’accuse l’oligarchie

Polémia prend ses quartiers d’été, tout en gardant un œil attentif sur l’actualité. En attendant la rentrée, en plus des articles inédits que nous continuons à publier, retour sur les articles les plus consultés et les plus appréciés sur Polémia. « J’accuse...