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Présidentielle. Allons-nous revivre le scénario de 2017 ?

Présidentielle. Allons-nous revivre le scénario de 2017 ?

Par Michel Geoffroy, auteur de : Le Crépuscule des Lumières, Immigration de masse. L’assimilation impossible, La Super-classe mondiale contre les peuples et La Nouvelle guerre des mondes ♦ Cette présidentielle 2022 s’annonce complexe à pronostiquer. Si beaucoup redoutent la répétition du scénario de la précédente élection, Michel Geoffroy considère que cette échéance électorale sera totalement novatrice.
Polémia

 

Le scénario de la réélection d’Emmanuel Macron reposait sur un « remake » de celui de 2017, que les médias ont cherché à imposer :

  • un candidat LR macron-compatible (Xavier Bertrand) placé en 3e place à l’issue du premier tour ;
  • Marine Le Pen face à Emmanuel Macron au second tour ;
  • le soutien des partis de la gauche au second tour ;
  • Macron et Le Pen positionnant chacun leur campagne dans une logique de second tour (le premier en multipliant les cadeaux à destination des niches de son électorat potentiel, la seconde en adoptant un discours consensuel dans la suite du slogan de 2016 « La France apaisée »).

Toutefois ce scénario a peu de chances de s’imposer pour trois raisons.

Radicalisation générale

D’abord toutes les études d’opinion mais aussi l’actualité des faits divers montrent une radicalisation continue de l’opinion sur de nombreux sujets de société (immigration, inquiétude vis-à-vis de l’islam, insécurité, défiance vis-à-vis des juges, des politiciens et des médias notamment) mais aussi une violence croissante des rapports sociaux.

Rendue incontournable par l’émergence d’Éric Zemmour, cette radicalisation a trois effets politiques directs :

  • Mettre en porte à faux la stratégie, qui consistait à lisser au maximum son discours, de Marine Le Pen qui apparaît pour cette raison comme déphasée par rapport à une partie de son électorat potentiel. Comme a dit son père, elle a choisi la dédiabolisation au moment où le diable devenait populaire… De fait, sa présence au second tour n’est nullement garantie.
  • Bousculer le parti LR qui, pour éviter une hémorragie électorale, a mis en avant non pas Xavier Bertrand mais Éric Ciotti et Valérie Pécresse ; lesquels ont tendance à « droitiser » leurs discours et à s’affirmer moins « macronpatibles », du moins en paroles.
  • Achever la marginalisation de la gauche qui ne propose rien de crédible sur les questions qui importent désormais et qui est de toute façon au pouvoir sur le plan sociétal avec Emmanuel Macron et donc qui n’apparaît pas comme une opposition réelle.

Le passif de Macron

Ensuite nous ne serons plus en 2017 mais en 2022. Emmanuel Macron n’est plus un homme neuf mais un président qui a un bilan et surtout un lourd passif. En effet, le quinquennat 2017-2022 est tout aussi mauvais que le précédent et donc la prime habituelle au sortant ne jouera pas nécessairement.

2017-2021 : retour sur le lamentable quinquennat de Macron

En outre, tous les sondages convergent pour montrer une impopularité d’Emmanuel Macron, quasiment inchangée depuis 2018 (affaire Benalla). Les manifestations hostiles au pouvoir et au président se succèdent d’ailleurs de façon ininterrompue depuis 2018 (Gilets jaunes, réforme des retraites, crise de l’hôpital, contestation de la politique sanitaire) malgré la répression et la censure médiatiques renforcées depuis 2017.

Seuls 13 % des Français estiment que la France a progressé depuis 2017 (sondage Harris Interactive-Challenges réalisé du 19 au 26 juillet 2021) ! Et unemajorité considère que sa situation personnelle s’est dégradée depuis 2017.

Le soulèvement qui vient

Enfin, nous vivons ce que Michel Maffesoli décrit dans son dernier essai, L’Ère des soulèvements, la rupture entre la puissance constituante (le peuple) et les pouvoirs constitués, donc entre pays réel et pays légal.

L’insurrection qui vient – Michel Maffesoli [Forum de la Dissidence 2021]

Cette rupture se traduisait jusqu’alors dans un taux d’abstention élevé et croissant aux élections (« retrait du peuple sur l’Aventin »), qui profitait aux candidats du système (Emmanuel Macron élu en 2017 par seulement 18 % des inscrits).

Mais l’arrivée d’un nouveau candidat clairement antisystème et affranchi du politiquement correct (Éric Zemmour) change la donne.

Non seulement il contribue à accentuer la polarisation politique autour des questions de société et principalement sur l’immigration, sujet sur lequel les partis établis sont très mal à l’aise. Mais il peut en outre apparaître comme un exutoire crédible pour un vote dégagiste.

***

Conclusion :

  • le renouvellement du scénario de 2017 paraît chaque jour moins probable ;
  • le système doit certainement chercher un remplaçant à Emmanuel Macron dont l’étoile se ternit (l’a-t-il trouvé en la personne de Valérie Pécresse ?) ;
  • il ne faut évidemment pas exclure un coup de force médiatico-judiciaire ou événement catastrophique (attentat) qui, comme en 2017, favoriserait la réélection d’Emmanuel Macron. Ni sous-estimer la force de la propagande. L’exemple de ce qui s’est passé aux États-Unis en 2020 ne doit pas être perdu de vue. Car, pour l’oligarchie, le maintien de la France dans les rets du politiquement correct est un enjeu stratégique majeur en Europe.

Michel Geoffroy
16/12/2021

 

Michel Geoffroy
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