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L’Empire Netflix, empire du wokisme

L’Empire Netflix, empire du wokisme

par | 10 décembre 2022 | Société

Par Camille Galic, journaliste et essayiste ♦ Les confinements dus au Covid avaient été une dure épreuve pour les propriétaires de salles obscures, qui redoutent aujourd’hui de ne pas survivre à la politique de « sobriété énergétique » rendant inhospitaliers des lieux déjà largement désertés. Selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), « seulement 7,38 millions d’entrées ont été comptabilisées en France durant le mois de septembre 2022 », soit 33,6 % de moins « par rapport à la moyenne 2017-2019 ». Pour Libération, il faudrait même « remonter à 1909 pour retrouver la trace d’une fréquentation aussi faible pour les salles de cinéma françaises ». Un comble dans un pays qui s’enorgueillit d’allouer 14 milliards d’euros par an au secteur culturel.

« On n’échappe pas au commerce américain »

Faut-il s’en étonner ? Presque tous les films proposés et pour la plupart subventionnés par la puissance publique sont soit nombrilistes — la parité aggravant les choses, parole de femme ! — soit misérabilistes et/ou dégoulinants de moraline. De plus, en raison des confinements encore et sous la pression de la publicité, nombre de foyers, même modestes, se sont équipés d’écrans géants, généralement venus d’Asie où leur fabrication est d’ailleurs source de maintes pollutions, et qu’il faut bien rentabiliser. La télévision dite française souffrant des mêmes maux que le cinéma, il y avait une place à prendre dont se sont emparé les plateformes de vidéo à la demande (VOD) d’outre Atlantique, en particulier Netflix.

« On n’échappe pas au commerce américain », avertissait Céline dans Voyage au bout de la nuit. « En deux décennies, écrit Édouard Chanot dans L’Empire Netflix, celui-ci s’est imposé dans l’intimité de 220 millions de personnes à travers le monde », et notamment en France où, en 2021, le mastodonte de la VOD a encaissé 1,2 milliard d’euros en abonnements… mais payé seulement 6,5 millions d’euros, soit 0,05% de ses revenus !

L’arme de son créateur, l’ingénieur informaticien Reed Hastings ? L’intelligence artificielle. Après moult sondages réalisés aux États-Unis comme à l’étranger, enquêtes et statistiques, ce sont les algorithmes qui décident des thèmes, des intrigues, du scénario ou des caractéristiques raciales et sexuelles des personnages de la série de manière à toucher le public le plus vaste possible. Résultat, écrit notre auteur, Netflix — dont il décrit minutieusement le fonctionnement « managérial », particulièrement féroce — exerce « une pression immense de l’esprit du temps sur l’intelligence de chacun ». Une influence « parfois inoffensive » mais « aussi corrosive, à la croisée du soft power des libéraux et de la “guerre culturelle” des libertaires ». Comme avec la série Sex Education dont « chaque épisode débute par une scène explicite avec des adolescents » avec pour apothéose la masturbation du héros, ou celle sur Achille, le rôle du blond chef des Myrmidons, fils de la néréide Thétis et du roi de Thessalie, ayant été dévolu à un Noir ou encore He’s expecting, dont le héros (japonais) découvre qu’il est enceint de neuf semaines.

Une machine de guerre contre l’«ancien monde »

Seule consolation : Édouard Chanot estime qu’en raison de la concurrence sauvage menée par Amazon Prime et Disney qui, « avec tous les Marvel, a une force de frappe énorme » (en usant d’ailleurs des mêmes recettes) le « géant aux pieds d’argile » a « pris du retard » et peut-être connu ses plus grandes heures de gloire. Mais, en attendant une chute éventuelle, s’accroit « l’emprise du divertissement » sur la Génération Z, née entre 1997 et 2010 et donc appelée à prendre bientôt les commandes. Et cette emprise a été essentiellement celle du gauchisme, comme le souligne dans son excellente préface Claude Chollet, fondateur de l’Observatoire du journalisme. A la charnière du capitalisme sauvage et des forces de déconstruction systématique de nos sociétés, « Netflix exerce un triple rôle : divertir, informer et finalement éduquer » puisque « si le monopole de la force (privilège de l’État) demeure, il devient moins important que celui de l’information devenue une forme d’éducation ». Une « éducation » dispensée par exemple la série à succès Sense 8, « véritable Babel moderne woke qui se déroule dans 20 villes et 14 pays avec des personnages incarnant l’arc-en-ciel des polysexualités » et du grand mélange racial. L’Américaine est par exemple incarnée par une transsexuelle, sur un scénario de la transgenre Lena Wachowski.

Tout comme celui de Sex Education, le succès planétaire de Sense 8 ou de Heartstopper, « tendre histoire d’amour entre deux lycéens, Charlie et Nick » (ce dernier interprété par Kit Connor (qui, photographié à son insu main dans la main avec une demoiselle, a été agoni d’injures et même de menaces de mort par des militants LGBTQRetc. hurlant à la « trahison », bel exemple de tolérance, et a dû jurer ses grands dieux qu’il était bien gay), fait saliver tous nos cultureux.

Depuis l’implantation de Netflix dans le PAF, plus un téléfilm sans scène de sexe, de préférence interracial. Dès 2014, Plus belle la vie, la fameuse série de la série de France 3 qui s’est achevée le 18 novembre sur le mariage de deux personnages masculins, avait frayé la voie avec l’introduction de héros immigrés, drogués ou transgenres, modèle suivi par les autres chaînes. Au théâtre municipal de Boulogne-Billancourt, ville dirigée  par le LR Pierre-Christophe Baguet (qui, député UMP, avait pourtant coordonné en 2006 le « Manifeste parlementaire pour la défense du droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère »), le chorégraphe Benjamin Milliepied a créé sa version du ballet Roméo et Juliette de Prokoviev où les amants de Vérone sont alternativement interprétés par une couple d’invertis, une couple de tribades et un couple banalement hétéro. Enfin pour appâter le chaland, la chaîne Teva, qui se présente sur la TNT comme « la chaîne des familles » alors qu’elle a été créée par le géant pharmaceutique israélien Teva Pharmaceutical Industries, leader des médicaments génériques en Europe, a lancé l’émission Orgasmiq animée par Rosa Bursztein. « La télé française parle enfin de sexualité sans cache-sexe ! » s’émerveille le quotidien 20 minutes, toujours très à l’affût de tels « progrès » et d’autant plus délétère qu’il est gratuit.

C’est dire si l’essai d’Édouard Chanot vient à point pour dessiller les yeux des amateurs du divertissement ou plutôt de l’abrutissement par le sexe made in US du peuple qui fut longtemps présenté comme le plus spirituel du monde. Il serait impardonnable, après l’avoir lu, de renouveler son abonnement. À vos livres !

Camille Galic
10/12/2022

 

L’Empire Netflix par Édouard Chanot, préface de Claude Chollet. 65 pages, 7 €. Éditions La Nouvelle Librairie, 2022.

Camille Galic
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