La boutique en ligne de l'Institut Iliade
Accueil | Europe | Grèce : Retour à la case départ

Grèce : Retour à la case départ

Grèce : Retour à la case départ

par | 16 juin 2013 | Europe

Une chronique du journal grec « I Kathimerini ».  « Le Quotidien » est considéré comme l’un des journaux les plus sérieux du pays. Conservateur et de centre droit.

En décidant de fermer l’audiovisuel public contre l’avis de ses partenaires, le premier ministre Samaras risque de provoquer la rupture de sa coalition. Mais de nouvelles élections replongeraient le pays dans le chaos et le blocage politique d’il y a tout juste un an.


En Grèce, l’unité du gouvernement de coalition est mise à rude épreuve et le pays pourrait être contraint d’organiser de nouvelles élections générales. Or, il est clair que les élections de mai et de juin 2012 ont mis à mal le programme fiscal du pays : elles ont créé de nouvelles dettes alors que les caisses publiques étaient déjà vides, tout en exacerbant la récession et le chômage.

Ces deux scrutins ont eu également diverses conséquences sur le plan politique. Le parti de gauche SYRIZA en est sorti comme le principal parti d’opposition, le groupe [d’extrême droite] Aube Dorée est devenu le plus vigoureux du Parlement, PASOK [socialiste] s’est presque fait éliminer du paysage, et Nouvelle Démocratie [conservateur] connaît des tensions croissantes.

PASOK et son leader actuel, Evangelos Vénizelos, ne sont guère dans le cœur des électeurs. Le chef de la Gauche démocrate [Dimar], Fotis Kouvelis, peut parfois être très barbant. Dimar, qui est exclue depuis un certain temps du pouvoir exécutif – exception faite de quelques très courtes périodes –, a une vision plutôt théorique de la politique. Malheureusement, ce sont les seules forces politiques sur lesquelles le Premier ministre Antonis Samaras peut pour le moment compter. Et il ne doit ni les froisser ni les confronter à de profonds dilemmes – que le problème soit grave ou insignifiant, et que leur avis diverge ou non.

Le provincial de l’Europe

La crise souligne le côté primitif des dirigeants politiques grecs. Dans le nord de l’Europe, la classe politique travaille à renforcer la stabilité du système et à l’adapter aux besoins d’un environnement en constante évolution. Le leader politique grec, lui, ne pense qu’à s’affirmer et à survivre. Il est allergique aux autres. C’est l’homme provincial de la scène européenne.

Nouvelle Démocratie pourrait bien remporter les prochaines élections, mais ni le Pasok ni Dimar ne s’allieraient de nouveau avec M. Samaras, ce qui laisserait le pays dans une impasse. Et même si un gouvernement était formé, nous aurions un autre Premier ministre. Le camp conservateur risquerait d’être encore plus divisé. Au demeurant, même si, grâce à la loi électorale grecque, Nouvelle Démocratie parvenait à obtenir la majorité absolue au Parlement, le parti se trouverait dans l’impossibilité de gouverner : en l’absence d’un appareil d’Etat solide, et vu la situation de corruption généralisée, il aurait tous les autres partis contre lui.

Pour le meilleur ou pour le pire, le système bipartite du pays n’est plus. Voter pour Aube Dorée est un acte politique qui exprime une volonté de détruire le système politique – le Crépuscule des dieux de Wagner, pas à l’opéra, mais dans la vie réelle.

Devons-nous pleurer la mort de nains politiques à un moment où le pays risque de partir en flammes ?

Costas Iordanidis
I Kathimerini
13/06/2013
Traduction : Valentine Morizot
(Press Europ.eu)

Article original – I Kathimerini.com

Voir aussi :

Christine Lagarde : le FMI a fait son mea culpa sur le plan de sauvetage de la Grèce… décidé par DSK

Correspondance Polémia : 16/06/2013

Image : Athènes, une tragédie grecque  (à visionner en cliquant)

La boutique en ligne de l'Institut Iliade

Vidéos à la une

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

L’expansion chinoise, enjeu géopolitique majeur

Par Johan Hardoy ♦ Docteur en histoire et diplômé de l'Institut d'études politiques de...

Succès du RN : le Système a perdu une bataille, mais pas la guerre

Par Michel Geoffroy, auteur de : Le Crépuscule des Lumières, Immigration de masse. L’assimilation...

Percée du RN aux législatives : l’effet Stade de France ?

Par Pierre Boisguilbert ♦ Sur les plateaux personne n’en a parlé. C’est pourtant, avec la...

Blanquer recalé aux législatives : retour sur un bilan catastrophique

Par Claude Meunier-Berthelot, enseignante, essayiste ♦ C'est la dernière de Blanquer ! Il...

La Macronie et NUPES, une même vision du monde ?

Par Laurence Maugest, essayiste ♦ Sous réserve que le capitalisme mondialiste de la...

Macron et Mélenchon : un mariage pour notre enterrement

Par Clément Martin, membre des Identitaires ♦ Beaucoup de commentateurs ont prétendu que la...

Immigration, climat, Euro… Entretien avec Joana Cotar, députée allemande de l’AfD

Par Nicolas Faure, spécialiste de l’Allemagne et traducteur ♦ En Allemagne, l'AfD...

Le bac, un examen qui ne vaut plus rien

Par Claude Meunier-Berthelot, enseignante, essayiste ♦ C'est la saison du bac ! Le bac ! Ce...

Pourquoi la Droite perd toujours – Explication & solutions [Vidéo]

Par Sunrise ♦ Au lendemain de résultats catastrophiques pour la Droite lors du premier tour...

La droite face à l’impératif culturel

Par Thierry De Cruzy, journaliste ♦ Comment la droite peut-elle gagner les élections quand...