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Du faux plafond de verre au vrai coup de pouce pour les banlieues

Françoise Monestier, essayiste

♦ Depuis des années, les éternelles pleureuses aux commandes des associations communautaristes et leurs relais dans les médias ou au gouvernement n’arrêtent pas d’évoquer ce fameux « plafond de verre » auquel se heurteraient les petites têtes brunes, voilées ou non, des banlieues de l’islam. C’est à qui fera monter au maximum les enchères pour obtenir des crédits supplémentaires destinés à renforcer le soutien scolaire ou à ouvrir de nouvelles classes dans telle ou telle commune du 9-3 ravagée par les tensions ethniques ou les conflits religieux.

Et pourtant, à y regarder de plus près, le plafond de verre a bel et bien cédé en grande partie, si l’on en juge par les incontestables réussites de certains jeunes issus des communautés immigrées – et surtout si l’on compte le nombre de fées qui se penchent depuis des années sur les banlieues françaises, qu’il s’agisse de l’ambassade des Etats-Unis, du Qatar, de la Fondation Rotchschild, de l’Institut Montaigne ou des responsables d’Espérance Banlieues, de France-Inter ou de Sciences-Po Paris.


Et Descoings ouvrit les vannes

Le 12 décembre dernier, l’ombre de « Richie », le sulfureux patron de Sciences-Po retrouvé mort dans une chambre d’hôtel new-yorkaise en 2012, devait planer sur la rue Saint-Guillaume, puisque l’école qui formate notre classe dirigeante fêtait ses quinze ans d’ouverture aux élèves issus des zones d’éducation prioritaire… mais aussi au hidjab fièrement arboré au printemps dernier, lors d’une journée spéciale, par les élèves femelles de l’école transformées pour l’occasion en brebis dociles ! En quinze ans, donc, l’établissement a intégré plus de 1600 étudiants allogènes grâce à des conventions passées entre les lycées classés en ZEP et l’Institut d’Etudes politiques. Il s’agissait là d’un énorme passe-droits au regard des conditions habituelles d’admission – en l’occurrence le concours – à cette pépinière de futurs journalistes et hauts fonctionnaires.

Les médias de l’oligarchie se gardent bien de rappeler, à l’occasion de cet anniversaire, que l’UNI (Union nationale interuniversitaire) déposa des recours pour faire annuler ce dispositif. Ce qui fut fait le 6 novembre 2003 et Descoings dut résilier l’ensemble des conventions mais le vote postérieur d’une nouvelle délibération par le conseil de direction de Sciences-Po fit passer aux oubliettes de l’histoire la victoire du syndicat étudiant. Cocorico, donc, pour Descoings et ses successeurs qui martèlent que la diversité, c’est l’avenir.

Les bonnes fées à l’ouvrage

Depuis les échecs répétés du système politique français à juguler les effets délétères de l’islam et les erreurs répétées de l’Education nationale toujours aux mains des socialo-marxistes même quand la pseudo-droite est au pouvoir, certains tentent de mettre en place un enseignement privé de qualité, à Montfermeil, par exemple, ou à Roubaix. Dieu sait pourtant qu’il s’agit là de territoires perdus de la République, souvent aux mains de petits trafiquants et dans lesquels prospèrent trafics divers et pratique assidue d’un islam radical.

Aidé par un grand nombre de fondations privées comme la Fondation Schueller-Bettencourt ou par l’affairiste Vincent Bolloré, Eric Mestrallet a fondé le dispositif Espérance Banlieues afin de lutter contre l’illettrisme, la radicalisation et le communautarisme en remettant à l’honneur la discipline, les examens… et le lever des couleurs du drapeau français, cela dans huit écoles différentes pour l’instant. Les parents de ces élèves, musulmans pour la plupart d’entre eux, reconnaissent qu’ils auraient envoyé leurs gamins à l’école de la mosquée si l’école n’avait pas été créée.

Quant aux résultats au brevet des écoles, ils sont supérieurs à ceux des collèges publics des départements dans lesquels sont ces écoles. A méditer donc, même s’il convient d’attendre quelques années avant de juger du résultat définitif d’une telle initiative, d’ailleurs inspirée des Free Schools anglaises où des élèves en uniforme et astreints au respect des maîtres réapprennent le latin et l’écriture… anglaise ! Rien à voir, en tout cas, avec le démagogique dispositif de Sciences-Po ou les initiatives de la Fondation Rothschild ou la Fondation SNCF qui imposent les minorités ethniques sur les scènes de théâtre. Le programme « Premier acte » concocté par Firoz Ladak, laquais des Rothschild, concocte des ateliers de théâtre aux « jeunes » qui seraient « victimes de discriminations ». Sans commentaires.

Un exemple parfait de réussite médiatique

Ils ont été les chouchous de France-Inter et sont devenus incontournables dans ce petit monde de l’entre-soi communautariste des banlieues de l’islam. « Ils » ? Medhi et Badrou, collaborateurs, avec une palanquée de p’tits gars des cités, du très médiatique Bondy-blog, site en ligne qui a vu le jour au moment des émeutes du Ramadan en 2005 et qui fut au départ créé par un journaliste suisse qui remit les clés un an plus tard à une équipe locale dirigée par Mohamed Hamidi. Les deux compères, fils d’un imam pour l’un et d’un père illettré et chômeur pour l’autre, ont très vite appris leur leçon et ont surtout très bien su créer des liens avec la terre entière : en particulier avec l’ambassade des Etats-Unis qui a suivi avec intérêt les activités du Bondy-blog. Ils sont devenus des visiteurs assidus de Hollywood, mais aussi de Harlem où ils pourraient croiser le fantôme de leur idole Michael (dit Martin Luther) King.

Très potes avec Houda Benyamina, la réalisatrice du film Divines qui, Caméra d’Or à Cannes, avait reçu sa récompense le poing levé et proclamé : «Cannes nous appartient », ils viennent de créer une maison d’édition dont le nom, Grand Remplacement, ne souffre aucune équivoque – une volonté d’ailleurs confirmée par l’éditorial de leur revue annuelle Téléramadan : « Nous sommes le grand remplacement. Sûrement pas celui que les fous peuvent fantasmer… »

Les choses sont claires, comme d’ailleurs leur critique de la stigmatisation du voile, considérée comme « du racisme et la perpétuation du colonialisme ».

Autant d’atouts qui leur ont valu d’être contactés par un des patrons de la très branchée Fondation Cartier, laquelle leur a demandé de créer des dispositifs sonores autour de ses collections photographiques. Pierre Bergé n’a pas manqué de les aider à financer leur revue tandis que Rachid Djaïdani, le réalisateur du long métrage Tour de France (avec Depardieu, qui se vante maintenant de sa conversion à l’islam), leur a confié l’écriture du dossier de presse. Ils revendiquent un communautarisme générationnel et sont très proches de Mouloud Achour, animateur vedette de Canal + et caressé dans le sens du poil par Vincent Bolloré qui, visiblement, ne met pas ses œufs dans le même panier puisqu’il finance l’assimilationniste Espérance Banlieues et propulse sur le devant de la scène un partisan résolu d’un communautarisme pur et dur. Une chose est sûre : le tandem Mehdi/Badrou a de beaux jours devant lui. Communautarisme et intérêts financiers obligent.

Françoise Monestier
15/12/2016

Source : Présent du 15/12/2017 (A l’ombre de mon clocher)

Correspondance Polémia – 28/02/2017

Image : le coup de pouce !