Accueil | Politique | Cycle : le patriotisme pour sauver la France – Conférence n°7 – Ivan Blot

Cycle : le patriotisme pour sauver la France – Conférence n°7 – Ivan Blot

Cycle : le patriotisme pour sauver la France – Conférence n°7  – Ivan Blot

par | 11 mars 2017 | Politique, Société

Patriotisme et Idéologies

IDEOLOGIES

PATRIOTISME ET IDEOLOGIES

 

AGIR POUR LA DÉMOCRATIE DIRECTE

 ET INSTITUT NÉO-SOCRATIQUE

 35 avenue Marceau, 75116 PARIS

 Courriel : atheneion@free.fr
siteweb :www.democratiedirecte.fr

*

*     *

Cycle : le patriotisme pour sauver la France

Conférence n°7

PATRIOTISME ET IDEOLOGIES

*

*     *

Le Mardi 21 MARS à 19h

A l’association « Dialogue Franco-Russe »

120, Champs-Elysées 75008 Paris

 

Chers amis,

Contrairement à un préjugé tenace, le patriotisme n’est pas une idéologie. Le patriotisme est l’amour de la mère-patrie. Dit-on d’un enfant qui aime ses parents qu’il a une idéologie ? Ce serait absurde. Toutefois, le patriotisme peut se mêler à des idéologies, laïques comme religieuses. Il peut aussi se heurter à des idéologies comme on le voit dans l’Occident actuel. Un Etat démocratique libre ne saurait interdire telle ou telle idéologie sauf s’il est avéré qu’elle est criminelle. C’est le cas des idéologies révolutionnaires parce qu’elles prônent la violence. Mais un tel Etat peut difficilement admettre l’absence de patriotisme car il peut exiger des citoyens de « mourir pour la patrie ». Il doit combattre les idéologies qui s’opposent au patriotisme comme le socialisme ou le libéralisme de types cosmopolites ou comme l’islamisme radical, lui aussi cosmopolite.

Combattre l’antipatriotisme n’est pas combattre une opinion. C’est combattre une attitude délinquante où un citoyen s’arroge le droit de ne pas défendre ses compatriotes, notamment en cas de guerre avec l’étranger. Combattre l’islamisme radical consiste à combattre des individus prêts à retourner leurs armes contre la patrie, par des attentats terroristes notamment. Combattre une telle idéologie cosmopolite fondée sur le rêve d’un califat mondial ne peut pas se faire par la seule répression physique pour empêcher de nuire physiquement. Un tel combat n’est efficace que s’il se fonde sur le patriotisme. Les échecs des tentatives de « déradicaliser » les prisonniers islamistes étaient prévisibles. On ne combat pas une foi religieuse avec des arguments intellectuels qui n’ont aucune prise sur le cœur des hommes. Invoquer la laïcité ou la constitution, voire la « République » pour stopper l’islamisme révolutionnaire, est stupide. On ne meurt pas pour des idées froides mais pour sa famille, sa patrie ou son Dieu car ils font l’objet d’un amour humain. C’est révélateur de notre société sans amour, fondée sur l’utilitarisme individuel et sur le calcul, de ne pas comprendre un mouvement fondé sur des sentiments capables de vous conduire jusqu’au sacrifice. Le sentiment de l’honneur peut conduire à son propre sacrifice. La rapacité financière ou juridique (culte de ses « droits ») ne va jamais jusque-là puisque elle est fondée sur l’utilitarisme de l’individu déraciné.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les français qui se sont engagés dans la résistance l’ont fait par amour de la France, ils ne l’ont pas fait pour sauver la sécurité sociale ou pour payer moins d’impôts !

Staline lui-même, tout communiste qu’il était, lorsqu’il eut peur de perdre la guerre contre Hitler, s’est résolu à parler au peuple russe à la radio en disant : « mes frères, il faut sauver notre sainte Russie ». Il n’a pas parlé de sauver le socialisme ou la laïcité. Il était à sa façon très psychologue.

Il s’agit de voir aussi comment le patriotisme peut s’associer à des courants idéologiques. Cela donne alors des idéologies politiques à plusieurs dimensions comme le national-libéralisme (Mme Thatcher par exemple) ou comme le national-socialisme (révolutionnaire totalitaire ou simplement réformiste). Dans certains cas, cette synthèse est impossible : c’est le cas de toutes les formes d’idéologies cosmopolites de l’anarchisme au communisme en passant par le libéralisme anti conservateur que le professeur Hayek appelait « constructiviste ».

Le patriotisme fait bon ménage en général avec les traditions, religieuses, culturelles ou autres car il tient lui-même son origine de la matrice des traditions et non d’un discours intellectuel fait ex cathedra. C’est pourquoi un patriote conscient doit savoir ce que sont les traditions qui ne sont pas nécessairement issues de la pensée rationnelle mais de l’expérience existentielle de nombreuses générations : les œuvres d’Edmund Burke, de Hayek ou de Gehlen, notamment sont incontournables.

Patriotisme et attachement aux traditions vont de pair et ceux qui veulent détruire les traditions, soit par haine reptilienne (les traditions limitent mes caprices), soit par rationalisme borné (telle tradition n’est pas fondée en raison abstraite, comme la famille ou la propriété), veulent aussi détruire l’amour de la patrie. La raison calculatrice et l’instinct pulsionnel se liguent contre les traditions au nom des caprices de l’égo : telle est la situation de l’Occident en proie au Gestell (l’arraisonnement utilitaire). Sortir du monde inhumain du Gestell, où l’homme n’est plus considéré que comme matière première, suppose de retrouver un vrai monde humain, structuré autour des racines, des missions (plutôt que des « valeurs » purement subjectives), des hommes avec leur cœur (pas seulement leur raison et leurs instincts), et autour de la divinité transcendante.

Tel est l’enjeu de la période historique où nous sommes où les peuples retrouvent, à partir de la souffrance, leurs traditions bienfaisantes, au besoin en s’opposant à des élites devenues décadentes car centrées sur l’ego de leur membre : « France combattante », la devise de l’ENA à ses débuts, a été remplacée par « carrière méritante », mais la carrière comme valeur suprême peut se construire sur l’absence de cœur envers les humains, « dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

A bientôt

Ivan Blot
9/03/2017

Correspondance Polémia – 11/03/2017

Image : « Patriotisme » et « Idéologies »

Ivan Blot

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

BHL-Zemmour : devoir de mémoire contre devoir d’histoire

Par Pierre Boisguilbert ♦ Eric Zemmour aime les Français, Bernard-Henri Lévy hait « tout ce...

17 octobre 1961 : un « massacre » imaginaire, par Bernard Lugan

Par Bernard Lugan, historien spécialiste de l'Afrique, notamment auteur de Algérie, l'histoire à...

Union européenne : taper du poing sur la table, avant de la renverser !

Par Paul Derey ♦ Les critiques de l’Union européenne sont omniprésentes à droite, mais les...

Immigration : comment expulser tous les étrangers en situation irrégulière ?

Les débats de l’élection présidentielle en 2022 (3) Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des...

L’Union européenne, source de nos problèmes… vraiment ?

Par Paul Derey ♦ L’ancien commissaire européen et deux fois ministre des Affaires...

Fact checkers ou désinformateurs ? Trois questions à Jean-Yves Le Gallou

Entretien paru par l'Observatoire du journalsime ♦ “Fact checkers”, vérificateurs,...

Éric Zemmour a raison, la guerre des prénoms a bien un sens

Par Laurence Maugest, essayiste ♦ Nous constatons une focalisation sur les propos d’Éric...

« Grandeur et décadence de l’Europe », plaidoyer pour la longue mémoire identitaire

Par Johan Hardoy ♦ Écrivain et historien bien connu de Polémia, Dominique Venner est...

Quand l’idéologie médiatique récupère Bernard Tapie

Par Pierre Boisguilbert ♦ Emporté par un cancer le 3 octobre à l’âge de 78 ans, Bernard...

Zemmour versus Marine Le Pen – La diabolisation : s’y soumettre ou y faire face ?

Par Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia ♦ La présidentielle s'annonce...