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Coronavirus. Et si les dirigeants redoutaient la fin du confinement ? [Rétrospective 2020]

Coronavirus. Et si les dirigeants redoutaient la fin du confinement ? [Rétrospective 2020]

par | 31 décembre 2020 | Exclusivité Polémia, Politique

En cette fin d’année, retour sur les 10 articles les plus lus en 2020 sur le site de Polémia. Deuxième article le plus consulté cette année, un texte sur les peurs des dirigeants quant à la crise de Covid-19. Merci à tous pour votre fidélité et rendez-vous en 2021 pour une nouvelle année de résistance. Polémia

Par Pierre Boisguilbert, journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère ♦ Et si nos dirigeants craignaient finalement plus l’après-crise et ses conséquences pour eux que la crise en elle-même ? C’est l’hypothèse de notre fidèle contributeur Pierre Boisguilbert.
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Après le confinement, la fuite ? Après le « tous aux abris », le « sauve qui peut » ? Certains des dirigeants français ont peur d’être rattrapés par leurs mensonges, mais surtout par la foule. C’est la grande crainte de la Macronie que les comptes ne se règlent pas uniquement sur le plan judiciaire. Il y a eu des émeutes, des révolutions et des débordements pour moins que ça.

Communication-désinformation

Quand les confinés seront libérés, il y aura bien sûr un immense soulagement et une explosion de joie. Mais après ? La population a le sentiment, à juste titre, que rien n’avait été prévu et que l’on a camouflé par une communication-désinformation l’état de délabrement sanitaire et d’impréparation de notre pays. Une honte absolue. Quand on voit ce que d’autres ont fait avec des tests et des masques, on a bien compris que le confinement, aussi utile soit-il, était ce qui restait quand on n’avait rien d’autre.

La façon dont l’espoir de traitement, peu cher et venant de Marseille, a été occulté avant d’être sous la pression populaire toléré puis administré a été considéré en province comme la preuve de l’incurie des insupportables fausses élites parisiennes. La violence des réseaux sociaux est certes le plus souvent un défouloir et une haine virtuelle. Mais il faut se méfier de la réaction des moutons enragés. Car la France n’est pas seulement confinée, elle est enragée. Et c’est au bout de quinze jours. Dans six semaines, qu’en sera-t-il ?

Si un traitement ne met pas fin rapidement à l’emprisonnement sanitaire, on peut redouter le pire. Or, la police ne sera certes pas cette fois le dernier rempart de la République, la police privée de masques et de gants ne tournera pas cette fois ses armes contre la colère populaire. Pendant la période des Gilets jaunes, la Macronie avait préparé un hélicoptère pour évacuer le président de l’Elysée, c’est dire le courage du locataire. Ils ont intérêt cette fois à préparer un pont aérien pour évacuer nos incompétents, ce sera Saigon.

Mais peut-être est-ce finalement un autre scénario qui l’emportera. Le soulagement serait le plus fort et tout recommencerait comme avant, le peuple ne voulant pas ajouter la violence à l’épreuve. C’est l’espoir de nos gouvernants que des comptes soient demandés, mais par voie judicaire afin que le désir de vengeance s’enlise dans le marais des procédures. Ils espèrent aussi que le système se survivra et qu’ils seront tous sur le radeau de la Méduse.

L’inconnue de l’après-crise

Rien n’est impossible. Ce qui est certain, c’est que le temps de la dénonciation du nationalisme, de l’apologie de la libre circulation des biens et des migrants, de la diabolisation du « repli nationaliste » encore stigmatisé voici deux semaines par Macron et de la fermeture des frontières n’est plus le sujet. Le sujet n’est même pas de savoir comment la France et les Français vont s’en tirer car même la démocratie n’est plus intouchable, mais comment, eux, ils sortiront de la crise. Car ils espèrent bien sûr s’en tirer. Mais aujourd’hui, ils vivent la peur au ventre, fiévreux avec mal partout sans être pour autant atteints par le coronavirus. Pourtant ils ont du mal à respirer. Ils redoutent parfois plus la fin de l’épidémie que l’épidémie elle-même. « J’ai compris que tout le malheur des hommes venait de ce qu’ils ne tenaient pas un langage clair », écrivait Albert Camus dans La Peste ». Quand le langage n’est pas clair afin de cacher les mensonges, c’est pire bien sûr. Derrière l’imprévu de l’épidémie, l’inconnue de l’après-crise fait trembler ceux qui se croyaient puissants.

Pierre Boisguilbert
Initialement publié le 27/03/2020

Source : Correspondance Polémia

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