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Catalogne : les bons et les mauvais séparatistes. Les médias raffolent du « Brexit » catalan !

Catalogne : les bons et les mauvais séparatistes. Les médias raffolent du « Brexit » catalan !

par | 7 octobre 2017 | Politique, Société

Par Jean Bonnevey, journaliste, essayiste ♦ Les médias ont pour les séparatistes catalans les yeux de Rodrigue pour Chimène. Un comble pour des anti-Espagnols. Parfois les mondialistes aiment les séparatismes. Les partisans de la globalisation acceptent des nationalismes particuliers : c’est le cas en Ukraine pour affaiblir la Russie qui défie l’ordre mondial ; et c’est le cas en Catalogne. En fait les Catalans peuvent organiser un référendum illégal soutenu par une police régionale quasiment putschiste. Ils ont toutes les excuses. Pourquoi ?


A cela il y a une explication simple. Pour les résistants anachroniques des médias la guerre civile espagnole n’est jamais terminée. Ils continuent à combattre Franco. Ils n’acceptent pas d’avoir perdu et que cette défaite se soit étendue en dernier ressort à la Catalogne, ultime bastion des anarcho-républicains.

« Une, Grande, Libre », c’est l’Espagne de Franco avec sa « guardia civile » contre les héritiers des républicains. Que Franco soit resté au pouvoir jusqu’à sa mort, ils ne le supportent pas. Alors ils détruisent les statues et les monuments comme dans le sud des USA ; c’est à cela d’ailleurs qu’on reconnaît le fanatisme démocratique issu de notre belle Révolution française. On veut se séparer d’un passé commun.

Le séparatisme catalan n’est pas une simple révolte identitaire. C’est un séparatisme idéologique contre la nation espagnole coupable d’avoir été franquiste et d’être encore monarchiste. Même si la monarchie a trahi Franco et ramené la démocratie parlementaire.

Cela n’est jamais présenté comme cela, mais c’est le fond du soutien médiatique à un mouvement quasi insurrectionnel et très peu démocratique. Ce n’est pas parce que l’on vote qu’on est un démocrate.

Il n’est d’autre part pas certain que les Catalans soient en majorité pour la sécession. Mais seule importe la voix de ceux qui sont pour, ceux qui préfèrent les migrants aux touristes et qui, plus gauchistes que nationaux, plaisent à l idéologie médiatique.

Jusqu’où ira la crise ?

La fermeté du roi en aura surpris plus d’un. Rien n’est joué. Le roi Felipe VI a dénoncé dans son discours, le 3 octobre, la « déloyauté inadmissible » du gouvernement catalan, alors qu’à Barcelone 700.000 personnes manifestaient contre les violences policières. A Madrid, les drapeaux du royaume fleurissent et certains redoutent une montée de l’anti-catalanisme.

L’Etat pourrait réagir vivement car la déclaration d’indépendance serait basée sur un référendum illégal qui n’a pas été reconnu par une bonne partie de la population et auquel seuls les indépendantistes ont participé. Il a été organisé et contrôlé par des indépendantistes. Il n’y a pas eu de neutralité dans le contrôle des votes, pas d’autorité électorale neutre. L’intégrité du processus est mise en doute. Si Barcelone déclarait l’indépendance la réponse du gouvernement pourrait être musclée, allant jusqu’à une suspension de son autonomie pour prendre directement les rênes de la région, une mesure qui serait sans précédent dans cette démocratie très décentralisée.

Les risques pour l’économie espagnole en pleine croissance étaient à la Une de tous les quotidiens jeudi, au lendemain de la plus forte chute de la Bourse espagnole depuis le Brexit, entraînée par l’incertitude autour de la « crise catalane ». « Toute l’Espagne commence à souffrir de l’effet Puigdemont, c’est un effet destructeur sur l’économie », s’est alarmé, jeudi, Esteban Gonzalez Pons, eurodéputé espagnol conservateur, vice-président du groupe du Parti populaire au Parlement européen.

Ces derniers jours, de grands patrons catalans, tout comme le patronat national CEOE, ont aussi fait part de leur « préoccupation maximale » devant une éventuelle déclaration d’indépendance.

Tout en condamnant la violence lors du référendum de dimanche, le Cercle d’Economia, un important lobby patronal de la région, a estimé qu’ « une telle déclaration plongerait le pays dans une situation extrêmement complexe, aux conséquences inconnues, mais dans tous les cas très graves ».

L’Espagne à peine sortie d’une crise économique majeure pourrait y replonger et avec elle toute l’Europe du Sud, France comprise.

Jean Bonnevey
05/10/2017

Source : metamag.fr

Correspondance Polémia – 5/10/2017

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