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14 mois avant la présidentielle : les paradoxes d’une élection où tout est possible

14 mois avant la présidentielle : les paradoxes d’une élection où tout est possible

par | 14 février 2021 | Politique, Société

Par André Murawski, conseiller régional (ex-FN/RN) des Hauts-de-France ♦ Un peu plus d’un an avant les élections présidentielles, l’attention semble déjà concentrée sur ce qui constitue, avec les municipales, l’élection préférée des Français. Même si bien des choses peuvent encore se produire jusqu’au mois de mai 2022, rendant risquée toute prévision, des tendances se dessinent néanmoins qui mettent en évidence plusieurs paradoxes. D’abord, le caractère inéluctable d’un duel Macron – Le Pen dont pourtant les Français ne semblent pas vouloir. Ensuite, un sondage plaçant Marine Le Pen au coude à coude avec Emmanuel Macron alors même qu’un autre démontre la défiance dont la présidente du Rassemblement national fait l’objet.

Un premier sondage IFOP réalisé en février 2021 pour le Figaro est intitulé « Pronostics et souhaits des Français pour le second tour de l’élection présidentielle de 2022 ».
Selon ce document, 67 % des personnes interrogées jugent « probable » que le second tour de la prochaine élection présidentielle opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen.
On constate donc un certain fatalisme des électeurs pour qui les résultats du premier tour conduiraient à une configuration identique à celle de 2017 compte tenu des candidatures déclarées à ce jour, mais aussi de la perte d’influence de partis traditionnels tels que le PS ou LR et malgré les fragilités évidentes de LReM et du RN.

Mais si les Français tiennent un nouveau duel Macron – Le Pen pour inéluctable, les mêmes ne semblent pas désirer cette issue. Ainsi, le même sondage indique que 70 % des personnes interrogées ne souhaitent pas qu’en 2022, le second tour de l’élection présidentielle oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen.
On peut comprendre que les contre performances de Marine Le Pen, notamment lors du débat qui l’opposa à Emmanuel Macron en 2017, ont entraîné une prise de conscience de l’opinion quant aux limites de la candidate. Inversement, la casse sociale pressentie lors des débats sur la réforme des retraites, la répression exercée contre le mouvement des « gilets jaunes » et la gestion chaotique de la crise sanitaire ont usé la popularité, très relative, d’un Président de la République élu presque « par défaut » en 2017.

Le 27 janvier 2021, la presse nationale commentait le second volet d’une enquête Harris Interactive qui attribuait à Marine Le Pen un record d’intentions de vote au second tour des présidentielles de 2022, avec 48 % contre 52 %. Ce score résulterait d’un important report de voix de droite (près d’un tiers des électeurs de François Fillon de 2017), mais aussi de l’abstention d’une partie significative de la gauche. Pourtant, c’est d’abord à gauche où elle a peu de succès que Marine Le Pen cherche à séduire les électeurs, tenant peut-être l’électorat de droite pour acquis, ce qui se discute. Mais Marine Le Pen ne semble pas vouloir de l’union à droite.

Un autre sondage vient toutefois bousculer le précédent. Ici, ce n’est pas d’intentions de vote mais de capacité à faire « mieux » que l’actuel Président de la République qu’il est question. Selon une enquête IFOP-Fiducial pour Cnews et Sud Radio, 22 % des personnes interrogées pensent que l’ancien Premier Ministre, Edouard Philippe, ferait mieux qu’Emmanuel Macron, contre 20 % en faveur de Le Pen. Cependant, où la fragilité de Le Pen apparaît très clairement, c’est que là où 15 % des personnes interrogées estiment qu’Edouard Philippe ferait moins bien qu’Emmanuel Macron, elles sont 42 % à croire que la présidente du RN ferait moins bien. Un défaut de crédibilité qui pourrait coûter cher à Marine Le Pen, surtout si une nouvelle candidature apparaissait pour rassembler à droite.

André Murawski
14/02/2021

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