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L’école, instrument du grand remplacement

L’école, instrument du grand remplacement

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Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, essayiste.

♦ L’école n’est pas seulement l’endroit où l’on peut observer le Grand Remplacement. Elle est aussi le lieu où il se prépare. C’est le grand intérêt du livre de Claude Meunier-Berthelot, C’est l’identité française qu’on assassine, que de dévoiler des réalités occultées. D’un côté, tout est fait pour couper les enfants français des racines européennes de la civilisation. De l’autre, des programmes de soutien et de discrimination sont mis en place dans les banlieues de l’immigration. Nous publions ici la préface de Jean-Yves Le Gallou au livre très documenté de Claude Meunier-Berthelot.

« Car le Grand Remplacement n’est possible que parce qu’il est précédé par le grand effacement, le grand effacement de l’histoire française, le grand effacement de la mémoire européenne ».

Polémia


Nul ne peut raisonnablement nier le Grand Remplacement : la substitution d’une population de souche européenne par d’autres populations venues d’ailleurs et imposant des mœurs et des coutumes étrangères.

Le Grand Remplacement est visible.

Il est visible dans les maternités.

Il est visible dans les quartiers.

Il est visible dans les écoles : il suffit de comparer des photos de classe prises dans les années 1950, 1960, 1970 à des photos de classe actuelles. Il est visible aussi à la sortie des écoles où voiles islamiques et boubous sont de plus en plus nombreux.

Mais l’école n’est pas seulement l’endroit où l’on peut observer le Grand Remplacement. Elle est aussi le lieu où il se prépare. C’est le grand intérêt du livre de Claude Meunier-Berthelot que de dévoiler des réalités occultées.

identiteCar le Grand Remplacement n’est possible que parce qu’il est précédé par le grand effacement, le grand effacement de l’histoire française, le grand effacement de la mémoire européenne. Ce grand effacement est l’objet des réformes successives et méthodiques conduites depuis 45 ans dans l’Education nationale : « alléger » les programmes pour supprimer progressivement toute référence à l’histoire et à la littérature française. La prétendue « refondation de l’école » n’est que l’achèvement de ce processus consistant à substituer une école-garderie à une école des savoirs, une école-lieu de vie à une école humaniste. Un premier résultat est d’ores et déjà obtenu : de plus en plus de jeunes sortent sans repères de l’éducation nationale, ils ne savent plus ni qui ils sont ni d’où ils viennent. Ni ce qu’ils ont à défendre, ni ce à quoi ils doivent s’opposer. Rien n’empêche plus leur remplacement.

La faillite de l’Education nationale, ce n’est pas seulement cela. C’est aussi la mise en panne de l’ascenseur social, la destruction du principe du mérite républicain. Jusqu’à la fin des années 1970 l’école sélectionnait les meilleurs. Un enfant doué, ou travailleur, quelle que soit son origine sociale, pouvait accéder aux filières d’excellence : lycées, classes préparatoires, grandes écoles. La mise en place du collège unique a brisé cette dynamique : au nom d’une égalité théorique les gouvernements successifs ont mis en place un clivage social profond.

D’un côté, les enfants qui habitent un beau quartier et qui sont scolarisés dans de bons (ou moins mauvais) établissements ; ou bien les enfants que les parents scolarisent à leurs frais dans des établissements privés sous contrat (voire, encore mieux, hors contrat) ; ou encore les enfants qui bénéficient de cours de soutien pour pallier les carences de l’école officielle.

De l’autre côté, tous les enfants qui doivent se contenter d’une école dégradée sans ordre, sans discipline, sans structuration, sans ambition ; ceux-là sont condamnés à la médiocrité.

Il y a donc une coupure profonde et croissante entre les enfants des classes aisées – oligarchie dirigeante et classes moyennes supérieures – qui pourront accéder aux bonnes filières et les autres condamnés à perdre leur temps dans des études minables du collège à l’université.

Les bonnes âmes politiquement conformes ont malgré tout pris conscience de cette situation. Elles ont donc décidé de mettre en place des institutions correctives : équipes de réussite éducative, écoles de la deuxième chance, internats d’excellence pour le secondaire ; filières parallèles d’accès aux établissements nobles de l’enseignement supérieur (Sciences-Po, ESSEC, écoles de journalisme, etc.). Il n’y a qu’un hic : ces moyens d’exception sont réservés à une minorité, celle qui vient des zones d’éducation prioritaire (ZEP), c’est-à-dire des quartiers de l’immigration. Il est d’ailleurs singulier de constater que le référentiel sur la « refondation de l’éducation prioritaire » n’a rigoureusement rien à voir avec les dispositions générales de la « refondation de l’école ». C’est même précisément l’inverse, comme le décrit méthodiquement Claude Meunier-Berthelot.

Alors que la « refondation de l’école » pour tous insiste sur son côté lieu de vie, il en va tout autrement pour la « refondation de l’éducation prioritaire » dont les textes fondateurs insistent sur les nécessités d’un « enseignement structuré », d’un « travail soutenu », de « savoirs enseignés explicitement ». On voit ainsi se mettre en place, au moins dans les intentions, un enseignement fondé sur la transmission des savoirs et la recherche de l’excellence à destination exclusive des habitants des banlieues de l’immigration.

L’objectif est d’ailleurs assez clair, notamment s’agissant des internats d’excellence et des filières d’accès privilégié aux grandes écoles : permettre à un nombre grandissant de représentants des minorités visibles d’accéder à des postes de responsabilité dans les médias, les administrations, les entreprises, en bénéficiant de voies d’accès privilégiées, voire de ce qu’on appelait jadis le « piston ». Cela revient en quelque sorte à préparer le Grand Remplacement des élites, en tout cas à favoriser l’accès aux classes dirigeantes par des moyens éducatifs privilégiés aux seuls enfants des classes populaires issus des quartiers de l’immigration… au détriment du reste, c’est-à-dire des Français de souche relégués dans les périphéries.

On retrouve ici le mécanisme décrit par le géographe Christophe Guilluy : l’alliance de fer entre l’oligarchie mondialisée des centres villes et les banlieues de l’immigration au détriment de la France périphérique des villes moyennes, des campagnes rurbanisées et des provinces.

C’est le grand mérite de Claude Meunier-Berthelot d’apporter une description très argumentée de cette politique à travers la discrimination positive à l’école : une discrimination positive pour les uns dont il ne faut pas oublier qu’elle est aussi négative pour les autres, c’est-à-dire pour les nôtres…

Jean-Yves Le Gallou
16/04/2015

Voir : C’est l’identité française qu’on assassine, de Claude Meunier-Berthelot

Image : Ecole Clichy-sous-Bois