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Baisse du solde migratoire? Une escroquerie de communication

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André Posokhow

♦ Y a-t-il réellement une baisse du solde migratoire comme le proclament les médias à la suite de la publication du dernier bilan démographique de l’INSEE ?

L’INSEE vient de publier en octobre 2015 deux études sur les populations, française, étrangère et immigrée et l’analyse des flux migratoires entre la France et l’étranger entre 2006 et 2013. Il y est annoncé que le solde migratoire est en forte baisse et s’établit à 33.000 personnes en 2013, c’est-à-dire peu de chose.
L’INSEE semble déterminé à valider la plaisanterie de Mark Twain : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques. » L’Institut public n’arrive au chiffre de 33.000 qu’en imputant les départs nets de 120.000 Français au véritable solde migratoire des immigrés : 140.000. C’est confondre au sein du même solde migratoire les chiffres d’une invasion africaine et ceux du départ provisoire ou définitif de nos compatriotes. Encore faut-il savoir que l’INSEE ne fait pas mention des flux de l’immigration illégale et des clandestins dont elle doit avoir tout de même une petite idée du chiffrage.

En réalité, le solde migratoire annuel de l’immigration représente l’équivalent de la population d’une ville comme Rennes.


Si l’on en croit l’INSEE le solde migratoire est en baisse

L’INSEE vient de publier en octobre 2015 deux études sur les populations, française, étrangère et immigrée et l’analyse des flux migratoires entre la France et l’étranger entre 2006 et 2013. Elles font suite au bilan démographique 2014 publié en janvier 2015 et à l’étude sur les immigrés arrivés récemment en France de novembre 2014.

La lecture sommaire des premières lignes de l’analyse des flux migratoires permet de retenir que le solde migratoire est en forte baisse et s’établit à 33.000 personnes en 2013, c’est-à-dire peu de chose. Pour Le Figaro, ce travail fouillé bat en brèche quelques idées reçues et pour F. Fressoz, du Monde, à Questions d’info, cette baisse est un fait acquis.

Qu’en est-il réellement ?

Des données chiffrées imprécises et parfois incertaines

Il convient, comme le fait l’INSEE lui-même, de souligner l’imprécision notable des chiffres des études. Le nombre des décès des immigrés n’est qu’une approximation. Les estimations de population et les soldes migratoires des années 2012 et 2013 sont estimés d’une manière provisoire sur la base des chiffres des années précédentes. Il y avait probablement urgence pour cet institut public d’approvisionner le public en données rassurantes. Et pourquoi ne pas tenir compte de Mayotte, département français ?

Présenter un solde migratoire de 33.000 personnes est une escroquerie de communication

Pour analyser la composition du solde migratoire il faut se référer aux données chiffrées de l’INSEE qui figurent en annexe.

Le véritable solde migratoire des immigrés représente la différence entre les entrées : 235.000 et les sorties : 95.000 et s’élève à 140.000. On est loin des 33.000. L’INSEE y arrive en imputant sur le solde migratoire des immigrés le solde migratoire négatif des personnes nées en France, soit 120.000, c’est-à-dire pour la plus grande partie des Français, jeunes et actifs pour la plupart. L’INSEE tient compte également de personnes nées françaises à l’étranger dont le solde positif est de 13.000. Nous considérerons que ce chiffre comprend en partie et de manière forfaitaire des Français de souche à hauteur de la moitié.

Tableau solde migratoire

Tableau solde migratoire

La présentation du chiffre de 33.000 constitue par conséquent une escroquerie de communication, d’ailleurs tempérée par les explications que donne l’INSEE dans la suite de ses études. C’est une offense à l’honnêteté intellectuelle et à l’identité de notre nation de confondre au sein du même solde migratoire les chiffres d’une invasion africaine et ceux du départ provisoire ou définitif de Français. Comme l’a dit Nicolas Baverez : « La France aspire la pauvreté du monde et rejette son talent et sa richesse. »

Mais que retiendra le public dûment chapitré par les médias de propagande ? Bien évidemment le chiffre de 33.000.

Il n’est pas fait mention de l’immigration illégale

Le Figaro, dans un accès inattendu de lucidité et de probité professionnelle, souligne qu’ « Il s’agit là, bien sûr, de chiffres qui balaient l’immigration régulière, l’immigration irrégulière restant dans la zone grise de l’analyse ». Quel hypocrite euphémisme! Dans aucune des études de l’INSEE nous n’avons noté les termes d’immigration illégale, d’immigrés clandestins, de demandeurs d’asile, de résidents irréguliers. En fait de « zone grise » c’est un trou noir. Or il s’agit d’un phénomène essentiel.

Les services officiels, d’une manière suspecte car ils doivent bien avoir une idée sur le sujet, reconnaissent bien volontiers qu’ils ne sont pas en mesure de chiffrer le stock et les flux d’immigrés clandestins. Certains s’y sont pourtant essayés :
-Jean Paul Gourévitch estime le flux annuel de clandestins à 50.000 ;
-L’Observatoire des migrations l’estime également à 50.000 en 2011.

Pour notre part, nous nous référons à Forum réfugiés qui indique que, sur 69.255 décisions concernant des demandes d’asile, mineurs accompagnants inclus, l’OFPRA a rendu, en 2014, 8763 décisions favorables. Il y aurait par conséquent 60.493 demandeurs qui auraient dû être refoulés. Or nous savons que ce n’est pas le cas : 96% (Cour des comptes) des décisions de refoulement ne sont pas exécutées et les intéressés deviennent des clandestins. La procédure des demandes d’asile aurait donc sécrété en 2014 environ 58.000 clandestins.

Nonobstant le fait qu’il existe des immigrés illégaux qui ne passent pas par la case des demandes d’asile, ce qui devrait augmenter le nombre des clandestins, nous en resterons par prudence au chiffre de 50.000 cité plus haut. Avec le raz-de-marée migratoire de faux réfugiés en 2015 et celui attendu au cours des années à venir, ce chiffre ne pourra cependant qu’augmenter dans des proportions considérables.

Un flux net annuel d’immigration important qui pourrait exploser dans un avenir proche

Au total le chiffre annuel total net de l’immigration régulière comme irrégulière avoisinerait les 200.000, compte tenu de l’incertitude liée à l’immigration illégale.

Solde migratoire régulier :         140.000

Personnes nées à l’étranger :         7.000

Entrées de clandestins :          50.000

_______

Total :         197.000

Il paraît utile d’appeler l’attention du lecteur sur d’autres données chiffrées du bilan démographique de l’INSEE.

La hausse récente des entrées d’immigrés

L’INSEE dans « Les immigrés récemment arrivés en France » indique que de 2009 à 2012 le nombre d’entrées d’immigrés a augmenté après une période de stabilité (2004 à 2009), ce qui contredit l’idée d’une diminution de l’immigration. L’Institut insiste sur le fait que l’immigration est de plus en plus européenne : en 2012, 3 immigrés sur 10 seraient nés dans un pays africain. Cependant cette estimation ne vise pas l’immigration illégale qui, elle, ressortit largement aux pays africains.

Les incertitudes du chiffre de sorties d’immigrés

L’INSEE retient un nombre de sorties d’immigrés de 95.000. Ce chiffre est, selon ses termes mêmes, « déduit comme la différence entre le solde migratoire et les entrées. Ces sorties intègrent les incertitudes du solde migratoire, mais également celles liées à l’estimation des entrées ». Même si l’INSEE estime ces incertitudes comme faibles, cette méthode de déduction ne peut être considérée comme une justification rigoureuse du chiffre des sorties.

Fécondité française et drépanocytose

L’INSEE insiste sur le nombre des naissances qui se stabilise autour de 820.000 en 2014. Selon lui, en 2012, l’Irlande et la France restent les pays les plus féconds au sein de l’UE à 28, avec 2,01 enfants par femme. Il oublie de dire, mais sa pudeur est grande, que l’indicateur qu’est le dépistage de la drépanocytose révèle qu’en 2014 37% des naissances en France sont d’origine non européenne et que ce taux sera de 50% en 2025 si la tendance se poursuit.

Naissances non européennes

Naissances non européennes

Immigrés et descendants d’immigrés de la première génération

En 2014, sur 65,8 millions de personnes, la France compte, selon l’INSEE, 5,9millions d’étrangers, soit 9% de la population, ce qui rassérène les observateurs. Il faut préciser que sur ce nombre il y a 4,2 millions de personnes étrangères, soit 6,4% de la population, ce qui n’est pas rien. Mais surtout l’INSEE, dans ces études, ne fait pas apparaître le nombre des descendants directs d’immigrés qui peuvent être estimés à environ 6,7 millions, soit à peu près 12,6 millions au total, soit 19% de la population. D’un seul coup le poids de l’immigration sur notre pays change de dimension. De surcroît, Malika Sorel-Sutter insiste sur ceux des 3e et 4e générations qui, non seulement refusent toute intégration ou assimilation, mais haïssent notre pays.

L’expatriation définitive de Français est en forte augmentation

Le nombre de personnes nées en France qui quittent notre pays est en hausse sensible : 197.000. Même si certains de ces départs ne sont que temporaires, le solde négatif est en augmentation et est estimé par l’INSEE à 120.000. Rappelons que J.P. Gourévitch a estimé le solde négatif définitif à 80.000 par an. C’est tout simplement tragique.

Immigrés et double nationalité : une menace pour notre pays

Enfin, l’INSEE indique que parmi les immigrés âgés de 18 à 50 ans devenus français on estime que la moitié a gardé sa nationalité d’origine et a donc une double nationalité. Plus des deux tiers des immigrés du Maghreb combinent la nationalité française et celle de leur pays d’origine. Les doubles nationaux représentent 5% de la population de la France métropolitaine âgée de 18 à 50 ans dont 90% sont immigrés ou descendants d’immigrés. Cette situation est de nature, au plan politique et électoral, à faire perdre son destin de nation européenne et occidentale à la France.

Conclusion

En définitive, l’INSEE a été visiblement stimulé par le pouvoir socialiste pour produire rapidement des chiffres qui puissent être interprétés et présentés d’une manière rassurante au public dans un contexte extraordinaire et explosif d’invasion-submersion de l’Europe. D’ailleurs Le Figaro regrette que les chiffres ne couvrent pas l’année 2014, marquée, dès le mois d’avril, par des vagues migratoires sans précédent. Cela explique probablement les imprécisions et les incertitudes qui affectent ces études et que reconnaît d’ailleurs l’Institut.

Non, le solde migratoire de l’immigration n’est pas de 33.000 personnes. Toute affirmation dans ce sens constitue une malhonnêteté intellectuelle. Il se situe, avec prudence, à un niveau minimum de 200.000 personnes, soit l’équivalent chaque année de la ville de Rennes.

Il faut cependant garder présent à l’esprit que les organismes officiels se refusent à communiquer ne serait-ce que des estimations de l’immigration clandestine. Enfin les événements des années 2015 et suivantes ne peuvent que conduire à une explosion des chiffres. C’est ce choc que le gouvernement socialiste, nul dans la réflexion, incompétent dans l’action mais expert en matière de communication (*), a souhaité amortir avec le concours de l’INSEE.

André Posokhow
Consultant
22/10/2015

(*) Voir : Monsieur Manuel Valls, premier ministre, le plus talentueux des communicants.

Correspondance Polémia – 23/10/2015

Image : Variation du solde naturel et du solde migratoire entre 1954 et 2008 – Source : INSEE Recensements 1954 à 2008