Le Forum de la Dissidence organisé par Polémia et dédié à l’alarmisme climatique s’est tenu à Paris ce samedi 15 novembre 2025. Découvrez l’intervention de Johan Hardoy, contributeur régulier de Polémia, qui a étudié et compilé un ensemble complet de données concernant le climat mondial et son évolution.
Polémia
Bonjour à tous.
Avant toute chose, je voudrais rendre hommage aux Gilets jaunes. Vous allez comprendre pourquoi. Aujourd’hui, ils manifestent pour leur 7ᵉ anniversaire dans Paris, de Palais Royal aux Abbesses. Et les irréductibles se mobilisent encore et toujours pour la cause. Alors pourquoi j’en parle ? Parce qu’en fait, rappelez-vous, leur mobilisation faisait suite à une taxe sur le carburant qui avait utilisé un prétexte écologique. Preuve, s’il en est besoin, que ce thème qui nous occupe aujourd’hui a des implications économiques, sociales et évidemment politiques. C’est pour ça que nous sommes là.
Pour ce qui me concerne, je me présente très brièvement. Je suis essayiste, chroniqueur bénévole pour Polémia à titre gratuit, sans conflit d’intérêt. Je préfère le préciser parce que quand on parle à des partisans de la doxa climatique, ils sont assez enclins à suspecter leur interlocuteur d’être stipendié par telle ou telle entreprise, société pétrolière ou énergétique quelconque. Ce n’est pas le cas évidemment. Par ailleurs, je suis de sensibilité écologiste, si l’écologie signifie respecter l’environnement, respecter les écosystèmes et lutter contre le gaspillage et la pollution, ce qui semble du bon sens. En ce cas, je suis écologiste et je pense que tout le monde l’est ici.
Je vais vous proposer une intervention basée sur des recensions que j’ai commises pour Polémia, dont je vais vous citer les auteurs, ne serait-ce que pour que vous puissiez les consulter, non pas pour me lire, mais pour vous donner envie de lire les livres ayant fait l’objet de ces recensions. Il s’agit de Christian Gerondeau, polytechnicien et ingénieur ; d’Alban d’Arguin, pionnier de la lutte contre les éoliennes en France ; de Guillaume Sainteny, ancien haut fonctionnaire au ministère de l’environnement ; de Daniel Husson, physicien et enseignant ; de Steven Koonin, qui avait travaillé pour l’administration Obama, professeur de physique théorique et auteur d’un best-seller aux États-Unis. Le débat semble plus possible aux États-Unis, surtout depuis l’administration Trump. Mais même avant, on avait quelqu’un comme Koonin capable de changer son opinion initiale sur le sujet.
Prochainement, je proposerai deux autres recensions : la première, de Samuel Furfari, La vérité sur les COP. Le livre vient de sortir, je n’ai pas eu le temps de la finaliser. Il est sorti fin octobre, ce qui tombe bien avec la COP 30 qui s’annonce. Et Les dissidents du climat – Les thèses du GIEC en question de Guy Barbey, qui est peut-être dans la salle.
Je ferai mienne une phrase de Stendhal : « Tout homme, et un Français plus qu’un autre, abhorre d’être pris pour dupe. » Pourquoi je parle de duperie ? Parce que le thème est émaillé de bobards divers, pour reprendre un terme cher à Jean-Yves Le Gallou. Les bobards, j’en citerai deux. Le premier, auquel j’avais cru quelques instants, est le fameux ours blanc sur un glaçon de banquise que vous avez tous vu. J’avais été ému en voyant cette photo, puis je me suis demandé comment un photographe était là, justement à cet instant. Cela ne collait pas. C’est un montage photographique. Au-delà de ça, l’ours en question est un ours marin capable de nager sur de très longues distances, ce qui relativise beaucoup de choses.
Un autre bobard : l’ancien vice-président américain Al Gore sort un film en 2006, Une vérité qui dérange, et sera prix Nobel l’année suivante. Il se reconvertira ensuite dans le négoce des certificats d’émission de CO₂. Dans son film, il dit que d’ici dix ans les eaux vont monter de six mètres si l’humanité continue sur sa voie d’inaction climatique. Six mètres en 2016 : bobard !
Mon intervention portera au-delà de ces bobards. Certains disent que c’est pour la propagande, pour émouvoir les gens, etc. Au-delà de ça, ce qu’il faut surtout déplorer — comme l’a rappelé Jean-Yves Le Gallou — c’est l’absence de débats contradictoires entre scientifiques confirmés, des débats s’adressant au grand public, menés notamment par des climatologues et des physiciens. Les météorologistes, c’est autre chose. La jeune femme vue tout à l’heure était météorologiste, pas climatologue. Sa compétence est donc plus discutable.
L’absence de débat est criante. Philippe Verdier, animateur de France 2 en 2015, spécialiste de météorologie et climatologie, publie un livre sur le sujet. Il déplaît, il est débarqué. Autre exemple : John Clauser, prix Nobel de physique en 2022. En 2023, le FMI annule sa conférence en raison de ses positions critiques sur l’alarmisme climatique. Il a déclaré : « Nous sommes totalement inondés de pseudoscience. » C’est un prix Nobel de physique. Ce sont des gens comme lui que l’on voudrait voir confrontés à ceux qui affirment qu’il y a un dérèglement climatique.
Je vais aborder trois points dans mon intervention, en utilisant la méthode de Nietzsche : la philosophie au marteau, pour constater si une idole sonne creux ou non. Je parlerai du GIEC, ensuite du dérèglement climatique, puis du rôle des activités humaines sur le réchauffement. Je vais survoler ces thèmes pour lancer le débat.
Tout à l’heure je vous ai dit que j’avais cru quelques instants à la photo de l’ours blanc. Le GIEC, j’ai cru aussi au début que c’était un organisme scientifique. On nous le disait. En réalité, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 sous l’impulsion du G7. Ce n’est pas un organisme scientifique, mais un organisme regroupant des contributions de personnes présentées comme experts du climat provenant de 195 pays.
Le GIEC a connu quatre présidents : les deux premiers étaient des météorologistes ; le troisième, ingénieur des chemins de fer (ce qui ne l’empêchait pas de se présenter comme le meilleur expert mondial du climat) ; le quatrième, économiste. Les rapports du GIEC sont très touffus : en 2021, un rapport de 4 000 pages, 751 auteurs issus de 66 pays, 14 000 références, 78 000 commentaires. Personne ne l’a lu en entier. En fait, les conclusions, rédigées par un petit groupe final, reprennent en l’aggravant le contenu des rapports précédents.
Oui mais, dira-t-on, le GIEC, c’est « la Loi et les Prophètes ». Il n’est pas contesté par les scientifiques… Eh bien, si ! Je ne citerai que trois pierres d’achoppement :
- Les rapports présentent dans leur sommaire des conclusions contradictoires sur l’origine anthropique du réchauffement.
- En 1995, des chercheurs ont constaté que la rédaction finale affirmait une origine humaine du réchauffement, alors qu’ils n’avaient pas conclu ainsi.
- Les modélisations climatiques ne parviennent pas à expliquer le réchauffement survenu entre 1910 et 1940. Un modèle, prétendant prévoir l’avenir, devrait a minima expliquer le passé.
Deuxième idole : le dérèglement climatique. Dans les années 70, les climatologues annonçaient un nouvel âge glaciaire. Time (1972 et 1977) et Newsweek (1975) publiaient des alertes. Le Los Angeles Times annonçait un refroidissement sur 30 ans. Aujourd’hui, on dit l’inverse. De nombreux climatologues réfutent leurs prédécesseurs en affirmant que la climatologie de l’époque n’était pas une science, ce qui paraît très discutable. On peut imaginer que d’ici 30 ans, on dira la même chose des climatologues actuels.
Jean-Marc Jancovici affirme que l’humanité a connu une période de stabilité climatique depuis 10 000 ans, terminée depuis l’ère industrielle. Est-ce vrai ? Les historiens du climat montrent que le climat a toujours changé. Entre 900 et 1300, l’humanité a connu une période de douceur climatique, un petit optimum médiéval, où les températures étaient plus élevées qu’aujourd’hui : les Vikings cultivent alors au Groenland. Les climatologues actuels ne l’expliquent pas. Entre 1300 et 1860, petit âge glaciaire. Depuis 1860, nouveau petit optimum. Certains disent : voyez, c’est l’ère industrielle. Mais l’activité humaine, au début de cette période, était-elle suffisante pour provoquer un tel changement ?
Au XXᵉ siècle : réchauffement entre 1910 et 1940, refroidissement entre 1940 et 1980 (d’où les alertes de glaciation), puis réchauffement. Ivar Giaever, prix Nobel de physique 1973 (qui n’adhère pas non plus au dogme de l’urgence climatique), observe qu’entre 1998 et 2015, la température n’a pas augmenté alors que le CO₂, lui, a augmenté. La question est, toujours en utilisant symboliquement le marteau nietzschéen : existe-t-il un « règlement climatique » ?
Troisième idole : le rôle des activités humaines sur les catastrophes naturelles. À chaque incendie ou inondation, on invoque le réchauffement. François Bayrou, à la radio l’été dernier, attribue les incendies au réchauffement. Mais cela occulte des causes humaines : arrachage subventionné des vignes (barrières coupe-feu), interdiction du pâturage, etc.
Que dit l’Organisation météorologique mondiale ?
– Aucun événement individuel comme un cyclone sévère ne saurait être attribué à un changement climatique dû à l’homme.
– Les canicules ne sont pas plus fréquentes aux États-Unis qu’en 1900, et les températures maximales n’y ont pas augmenté depuis 50 ans.
Conclusion provisoire. En 2019, 500 scientifiques, dont des prix Nobel, ont adressé à l’ONU une déclaration, restée sans réponse, intitulée « Il n’y a pas d’urgence climatique ». Les titres des six paragraphes sont les suivants :
- Le climat terrestre a toujours varié.
- Le réchauffement actuel est beaucoup plus lent qu’annoncé.
- La politique climatique repose sur des modèles inadaptés.
- Le CO₂ est la nourriture des plantes, base de toute vie sur terre. Selon Daniel Husson : « davantage de CO₂ augmentera la masse végétale et donc davantage de CO₂ sera absorbé. »
- Le réchauffement actuel n’a pas accru les désastres naturels.
- La politique doit respecter les réalités scientifiques et économiques.
Johan Hardoy
Intervention lors du Forum de la Dissidence du 15 novembre 2025 – Publiée sur notre site le 29/11/2025
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