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Philippe Martel : la mort d’un combattant sous la dictature sanitaire

Philippe Martel : la mort d’un combattant sous la dictature sanitaire

par | 23 novembre 2020 | Politique, Société

Philippe Martel est mort le 5 novembre d’un cancer foudroyant.

Épicurien et stoïcien, profond et drôle, homme de culture et de conviction, nous sommes nombreux à perdre un ami et la cause identitaire un combattant. « On va y arriver » me dit-il à l’occasion de notre dernier échange à la maison Jeanne Garnier. Quelle belle générosité pour un avenir qu’il verra depuis la grande armée des ombres.

Philippe Martel a connu plusieurs vies. Énarque, haut fonctionnaire, il a d’abord travaillé à la mairie de Paris. Auprès de Jacques Chirac qui l’appréciait et d’Alain Juppé, dont il fut le chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères. Amateur d’art et de spectacles, il fut aussi directeur général du Palais des festivals à Cannes puis du Forum Grimaldi à Monaco avant de devenir administrateur du domaine de Chambord. À ce titre Renaud Camus aimait à l’appeler « Monsieur le gouverneur ».

Bon vivant et plutôt bobo, Philippe Martel n’en était pas moins lucide. Ouvrant les yeux il s’inquiétait de la transformation de la France, de l’immigration et de l’islamisation galopantes. Passionné de l’œuvre littéraire de Renaud Camus, il suivit le grand écrivain dans son analyse du Grand Remplacement. Au point de basculer du « côté obscur de la Force » et de rejoindre le Front National. Paul-Marie Coûteaux lui fit rencontrer Marine Le Pen dont il devint le directeur de cabinet. Mission hélas impossible…

Philippe Martel ne revint pas découragé de cette expérience malheureuse, où il avait côtoyé la médiocrité, il poursuivit son engagement et contribua à relier les nationaux et les identitaires, la droite hors les murs et la droite en les murs. Il assuma le Secrétariat général du CNRE, le Conseil national de la résistance européenne fondée par Renaud Camus.

Beaucoup de monde, de milieux bien différents, aurait dû se retrouver aux obsèques de Philippe Martel. Et pourtant la grande nef baroque de l’église Saint-Roch était vide. La dictature sanitaire veillait. Pardon de ces comparaisons triviales : Saint-Roch, c’est une « jauge » de 2 000 places, la surface d’un supermarché, le volume d’un hypermarché, mais seulement 23 personnes furent autorisées à participer à la cérémonie : la famille proche, ses fils et leur mère, sa fille et sa mère et deux petits enfants ainsi qu’ Eric Zemmour.

Prévenus par les proches, d’autres amis étaient présents sur le parvis de Saint-Roch, là où deux siècles plus tôt Bonaparte canonna les royalistes. Puis familles et amis – dont Paul-Marie Coûteaux et Jacques de Guillebon, de l’Incorrect – se retrouvèrent pour un ultime adieu autour d’un verre dans les jardins des Tuileries. Devenus un instant un lieu de résistance.

Jean-Yves Le Gallou
23/11/2020

Crédit photo : Valeurs actuelles

Jean-Yves Le Gallou

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