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Municipales : l’antisémitisme ne pénalise pas l’extrême gauche

Municipales : l’antisémitisme ne pénalise pas l’extrême gauche

par | 16 mars 2026 | Politique

Municipales : l’antisémitisme ne pénalise pas l’extrême gauche

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Les élections municipales sont l’occasion de prendre la température politique du pays. Analyse des premiers résultats par Pierre Boisguilbert.
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Le RN et LFI progressent

Le premier tour des élections municipales françaises aura été marqué par une avancée de l’enracinement du Rassemblement national — c’était attendu — et par des percées de LFI ; cela l’était moins. La stratégie de la nouvelle France de Mélenchon a remporté des succès. Le plus emblématique et médiatisé sera sans doute l’élection en Seine-Saint-Denis. C’est déjà le cas dans Libération : « Énorme surprise dans la deuxième ville d’Île-de-France. La France insoumise décroche la première grande victoire de son histoire, ce dimanche 15 mars, à Saint-Denis, dès le premier tour. Bally Bagayoko, le candidat mélenchoniste, soutenu par les communistes et le collectif La Seine-Saint-Denis au cœur, s’empare de la ville aux mains du socialiste Mathieu Hanotin depuis 2020. Avec 50,9 % des suffrages, il devance l’édile sortant, allié entre autres aux écologistes, à Place publique et à Génération·s, qui ne recueille que 32,49 % des voix. »

En fait, le journal aurait dû écrire « divine surprise ». C’est en effet la nouvelle France de Mélenchon qui s’impose dans la ville de la basilique où reposent nos rois. D’ailleurs, à l’annonce du résultat, on a entendu dans un public enthousiaste : « Nous sommes tous des enfants de Gaza. »

On comprend bien que l’électorat de LFI se moque des municipales françaises — une partie de son électorat, en tout cas. Cet électorat racialisé n’est absolument pas sensible à la diabolisation antisémite, et parfois même au contraire. Mais, au regard des résultats, celui — plus franchouillard — de Mélenchon non plus.

Ce qui avait marché pour le Front national pendant des décennies — avant, pendant, après, et même encore maintenant contre le Front national devenu Rassemblement national — ne marche pas pour l’extrême gauche. C’est une leçon de ces municipales.

La gauche et l’antisémitisme

On peut se demander pourquoi un parti souvent qualifié d’antisémite progresse. Les médias, notamment ceux pro-Israël, ont commis une erreur en voulant, pour soutenir l’État juif indiscutablement menacé, assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme. Les électeurs d’extrême gauche pro-palestiniens et antisionistes ne se sentent pas concernés par le label antisémite, ou s’en moquent.

Ils considèrent qu’on les accuse d’antisémitisme parce qu’ils sont contre Israël, État occidental colonisateur. On pourrait même dire que c’est devenu pour eux un point de détail du débat politique.

C’est en tout cas une nouvelle preuve du divorce entre l’opinion et ceux qui croient encore la faire, ainsi que de la détestation de la moraline médiatique, de l’extrême gauche à la droite extrême. Cela marche encore un peu cependant pour le RN, et l’on va voir, entre les deux tours, le PS (dans la nasse) accepter sa soumission, pour sauver ses sièges, à LFI au nom de la lutte antifasciste.

Un front antifasciste et antisémite à la fois : il fallait le faire. LFI le fait, et c’est possible là où la France aspire à devenir avant tout autre chose que ce qu’elle a été.

Les municipales ont fixé le cap des présidentielles : la France historique face à ses fossoyeurs, fiers de l’être. Les enfants de Jeanne face aux enfants de Gaza.

Pierre Boisguilbert
16/03/2026

Pierre Boisguilbert

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