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La dédiabolisation ou l’anxiolytique dominant

La dédiabolisation ou l’anxiolytique dominant

par | 22 février 2026 | Politique, Société

La dédiabolisation ou l’anxiolytique dominant

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Après le meurtre de Quentin, la gauche s’est lancée dans une course à l’échalotte de la diabolisation et des procès en fascisme. Face à cela, de nombreuses personnalités politiques, à commencer par des membres du RN, ont choisi d’aller toujours plus loin dans la dédiabolisation. Analyse de cette fuite en avant par Guillaume d’Aram de Valada.
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La dédiabolisation : antidépresseur politique

La France est, paraît-il, un des pays d’Europe les plus consommateurs d’anxiolytiques. La dépression nerveuse et autres pathologies liées à ce phénomène d’anxiété chronique sont autant de symptômes d’une époque où la perte de repères existentiels est dominante.
Les magazines, les émissions de radio et télévisées sont pléthoriques pour parler de ces sujets dits de société.

Le monde politique n’est pas à l’abri de la contamination. On le constate quasiment quotidiennement.
Comme si la dépression nerveuse idéologique devait être presque reconnue d’utilité publique !
Quel est l’anxiolytique le plus puissant ingurgité sur tous les bancs de la représentation politique nationale ?

La dédiabolisation et son médicament générique, l’antifascisme.

De quoi s’agit-il, docteur ?

La dédiabolisation est un antidépresseur connu des chercheurs les plus expérimentés dans l’étude des maladies mettant en danger la démocratie et, plus particulièrement, la nôtre. Le laboratoire des dérives sectaires s’est même penché sur le sujet.
Depuis le virus inoculé en 1945, le fascisme (et son cousin germain, le nazisme) est diagnostiqué comme la maladie la plus dangereuse susceptible de se répandre dans les gènes de la sphère politique. Les partis, dits de gouvernement, ont même organisé régulièrement des cures de dédiabolisation draconiennes pour se soigner.
Rien n’y a fait : le virus est toujours là !

Et comme pour les maladies vénériennes, il semble se contracter dans des rapports intellectuels dangereux non protégés !
Les préservatifs idéologiques ne sont pourtant jamais en rupture de stock.

Penchons-nous donc sérieusement sur ce symptôme psychiatrique manifeste.
Car, enfin, si le fascisme est toujours présent dans les esprits et dans les corps malades, pourquoi ne pas faire une psychanalyse poussée pour tenter d’éradiquer la propagation de ce mal absolu, et reconnu comme tel par toute la « communauté scientifique réunie » ?

Le virus du fascisme

Imaginons un patient ayant contracté le virus du fascisme.

Quand le psychanalyste se penche sur lui, allongé sur le sofa, la première constatation qui lui vient, c’est ce manque flagrant de savoir définir son mal. Ce dernier est tellement diffus et imaginaire qu’il ne sait plus vraiment pourquoi il vient consulter.
Le fascisme, né en Italie dans les années 20, serait-il aujourd’hui, un siècle plus tard, le même virus infestant la vie politique ?
Serait-il vraiment italien, allemand, espagnol, français ou luxembourgeois ?
Voilà des questions que le praticien se garde bien de poser à son patient, de peur, sans doute, de le soigner trop vite sans avoir pu lui dicter le protocole d’éradication de sa dépression nerveuse idéologique.

Disons les choses.
Le fantasme du « fascisme à nos portes » n’est qu’un redoutable moyen de vacciner le plus massivement possible un électorat toujours plus aseptisé depuis de longues décennies et ne sachant plus vraiment de quoi il s’agit.
Le vacciner :

  • du patriotisme ancestral,
  • de l’enseignement de notre longue histoire,
  • de l’enracinement profond
  • et du combat vital identitaire.

À la suite de la mort tragique et du lynchage abject de Quentin, les commentateurs, même les plus opposés à l’extrême gauche, y sont allés allègrement de leur anachronisme permanent, assimilant les « antifascistes » à des « fascistes », à des « méthodes fascistes », ramenant les concepts idéologiques à leur plus simple expression et les confondant dans une même condamnation.
Si l’extrême gauche est fasciste, si l’extrême droite est fasciste, le discernement s’en trouve être le plus primaire possible, pour que personne ne puisse vraiment s’y retrouver. Le tour de passe-passe sémantique est bien connu.

Et le médicament est tout indiqué : il faut dédiaboliser !

Dans les années 2000, Jean-Marie Le Pen et le Front National étaient continuellement estampillés « fascistes » et « à l’extrême droite ». Jusqu’en 2010, le même étiquetage continuait d’écarter du fameux « arc républicain » le camp national. Ce dernier semblait tenir bon et ne pas verser dans la culpabilisation systématique, en tenant bon sur son argumentation politique et sur son diagnostic de la maladie mortelle menaçant notre vieux pays.

Et la psychanalyse est passée par là !

Après des séances de plus en plus longues et répétées, le Rassemblement National a trouvé, du moins le croit-il, le remède à son ostracisme politique : la dédiabolisation

La dédiabolisation : un leurre ?

Les résultats électoraux, comme un trompe-l’œil machiavélique, viendront, en quelque sorte, confirmer à ses dirigeants, de Marine Le Pen à Jordan Bardella aujourd’hui, que seule la dédiabolisation du mouvement les amènera au pouvoir.
Mais un anxiolytique puissant ne soigne pas en profondeur et, surtout, tous les médecins le savent, le danger de la dépendance médicamenteuse est réel, avec le risque de ne plus pouvoir discerner l’origine du mal.

La prise du pouvoir suppose qu’on sache impérativement ce que l’on va faire de ce pouvoir, et de se garder, précisément, de toute dépendance, d’où qu’elle vienne, pour mener à bien le redressement d’une nation en perte de repères et dont le diagnostic vital est engagé depuis déjà trop longtemps.
La stratégie de la tension, orchestrée de main de maître par Mélenchon et ses supplétifs antifas, ne peut s’arrêter par une dédiabolisation.

C’est un leurre absolu ! Les derniers jours l’ont magistralement démontré !
Les réactions de la gauche, jusqu’aux commentaires de Ségolène Royal et Dominique de Villepin, ont, sans vergogne, estampillé la mort de Quentin comme celle d’un néo-nazi ! Se demandant même pourquoi l’Assemblée nationale avait osé faire respecter une minute de silence pour le malheureux Quentin !

Voilà la démonstration, s’il en était besoin, que la dédiabolisation reste un piège qui se referme à chaque fois sur ceux qui pensent, à tort, s’être enfin soignés de l’opprobre et du virus introuvable !
Alors, bien sûr, le politique doit se garder de tomber dans les provocations permanentes d’un système politique construit autour d’un raisonnement manichéen bien huilé, où les bons seraient toujours du même bord politique et les méchants gangrénés par « les heures les plus sombres de notre histoire ».
Néanmoins, cette dialectique ne devrait pas polluer le nécessaire combat politique dans son sens le plus légitime.
L’histoire politique de la France a toujours été parsemée de manipulations, des plus grossières aux plus insidieuses, instrumentalisant l’opinion, et ce dans un seul objectif :Garder la main !

Jordan Bardella, dans ce même traitement anxiolytique, a cru bon, ces derniers jours, de déconseiller à ses cadres de participer à l’hommage rendu à Lyon, ce samedi, pour la mémoire de Quentin.
Sans le savoir, au lieu de se préserver de la « diabolisation permanente », et en reprenant une petite dose supplémentaire de dédiabolisation, il a peut-être prêté le flanc à une certaine confusion des esprits.

Pourquoi ne pas s’associer à cet hommage, si ce n’est sacrifier à ce que l’adversaire attend : s’auto-diaboliser sans le vouloir ?

Dans cet épisode médiatique, il y a, à mon sens, une forme de masochisme.

On ne combat pas efficacement un adversaire politique en l’évitant, et encore moins en se cachant.
On lui fait toujours face.

Il y a une citation de Gustave Thibon qui résume bien les priorités :
« Ce qui compte dans les combats vitaux, ce n’est pas seulement de vaincre. C’est surtout de ne pas se rendre. »

Mais j’ai sûrement mauvais esprit et je devrais sans doute me soigner à l’anxiolytique dominant.

Guillaume d’Aram de Valada
22/02/2026

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