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Jean-Yves Le Gallou : « Croire que Mélenchon est ‘cuit’ pour 2027 est faux ! »

Jean-Yves Le Gallou : « Croire que Mélenchon est ‘cuit’ pour 2027 est faux ! »

par | 21 février 2026 | Politique

Jean-Yves Le Gallou : « Croire que Mélenchon est ‘cuit’ pour 2027 est faux ! »

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Découvrez un entretien avec Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, à propos du meurtre de Quentin et de ses suites politiques.
Polémia

 

Polémia : Comment interprétez-vous le traitement médiatique du meurtre de Quentin ?

Jean-Yves Le Gallou : Il faut distinguer selon les médias et les journalistes :

  • d’un côté, le déni par la négation ou la rectification des faits et le choix d’un vocabulaire malveillant par les médias et les journalistes d’extrême gauche ;
  • de l’autre, la reconnaissance des faits qui accablent LFI sur les autres médias.

Et cela pour deux raisons :

  • D’abord, le rôle des réseaux sociaux, des médias alternatifs et de la Bollosphère dans le dévoilement de la réalité, qui rend désormais impossible l’occultation du crime.
  • Mais aussi la stratégie d’accablement de Mélenchon par l’extrême centre dans le but de le sortir du jeu pour le premier tour de la présidentielle.

La stratégie de l’extrême centre est limpide : diaboliser Mélenchon pour le premier tour et se retourner ensuite contre Bardella ou le candidat de droite au second tour.

Polémia : Et vous pensez que la diabolisation de Mélenchon va marcher ?

Jean-Yves Le Gallou : Pas sûr.
Croire que Mélenchon est « cuit » pour 2027 est triplement faux.
Son électorat est composé de masses issues de l’immigration (principalement musulmane) et de prolétaires intellectuels blancs (étudiants, enseignants, « chercheurs » au CNRS, agents des services administratifs). Beaucoup sont totalement indifférents à la mort de Quentin (un « gwer », un « catho », un « facho », un « nazillon »).
L’émotion va retomber au fur et à mesure du temps qui passe. La diabolisation de LFI va s’affaisser. Souvenez-vous : après l’attaque du Hamas contre Israël le 9 octobre 2023, LFI a été diabolisé, mais en juin 2024, lors des législatives, il a bénéficié du « barrage républicain ». D’ores et déjà, le socialiste Jérôme Guedj — qui qualifie pourtant LFI de parti antisémite — a expliqué que, face à un risque RN aux municipales, il voterait pour LFI.
C’est pour cela que la gauche est au pouvoir depuis 45 ans : parce qu’elle est unie (c’est le succès de Mitterrand : « la gauche unie »). C’est pour cela que la droite ne pèse rien : parce qu’elle est à la fois divisée (Chirac) et sous emprise de la gauche (RN compris).

Polémia : De son côté, le RN peut-il échapper à la diabolisation ?

Jean-Yves Le Gallou : C’est le diabolisateur, non le diabolisé, qui est le maître de la diabolisation. Et la diabolisation du RN et de toutes les forces nationales et identitaires continuera de plus belle, car c’est l’assurance-vie du système. Et la recherche de la dédiabolisation nourrit la diabolisation, car elle la légitime.
Mélenchon soutient les assassins de Quentin parce qu’ils sont de son camp. Bardella se défile de l’hommage au jeune patriote tué pour avoir défendu la liberté de manifestation parce qu’il a peur de son camp et que ses directeurs de conscience sont à Mediapart et à Libération.

Plus le RN donne des gages, plus il est pointé du doigt par les journalistes. Car, quand il donne des gages, il renforce le magistère moral de la gauche qui l’empêche d’arriver au pouvoir…

Cela montre la vanité de la stratégie de « dédiabolisation » du RN, qui ne va jamais assez loin selon ses censeurs. Chaque concession en appelle une autre. Les médias subventionnés se comportent avec le RN comme une entreprise de racket avec un patron de bar de nuit victime de chantage : ils en demandent toujours plus.

Polémia : Pensez-vous qu’il faut, comme le propose M. Bardella, dissoudre les groupes « d’ultra droite » et d’« ultra gauche » ?

Jean-Yves Le Gallou : Dans une démocratie, on peut dissoudre des mouvements à cause de leurs actes de violence, mais non à raison de leur orientation idéologique (de droite ou de gauche, d’ailleurs). Sinon, on n’est plus en démocratie. La notion « d’ordre public immatériel », chère à Darmanin qui l’a théorisée, est profondément contraire à la liberté d’expression. Il y a d’excellents livres d’histoire des idées politiques qui l’expliquent fort bien.

Polémia : Et que pensez-vous du projet législatif de MM. Macron et Darmanin visant à rendre inéligibles les hommes et les femmes condamnés pour « actes de violence » ou « appels à la haine » ?

Jean-Yves Le Gallou : Cela revient à confier aux juges le soin de dire qui a le droit d’être candidat à une élection, ou non.
C’est un projet liberticide qui confond la violence, qui est un fait OBJECTIF, et « l’appel à la haine », qui est une notion parfaitement SUBJECTIVE. L’Extrême Centre instrumentalise la mort de Quentin pour faire avancer son agenda totalitaire. J’ose espérer que le RN, l’UDR et les LR auront l’intelligence et le courage de s’opposer à une telle mesure. Mais cela ne serait jamais que le 150e dispositif liberticide adopté en un demi-siècle… Mais il est vrai que la suppression des libertés est la condition de l’effacement de la souveraineté française et de la disparition du substrat français.

Jean-Yves Le Gallou
21/02/2026

Jean-Yves Le Gallou

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