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Iran. Les armes de destruction massive de l’esprit critique sont de sortie

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Le conflit en Iran semble s’enliser. Et la situation est particulièrement complexe à analyser tant la propagande médiatique fait rage… Pierre Boisguilbert revient sur cette actualité brûlante.
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Les médias français contre Donald Trump

Il est très difficile de se faire une idée objective, ou au moins rationnelle, du déroulement de la guerre actuelle au Moyen-Orient. Cela est largement dû aux partis pris médiatiques. La détestation de Trump est tellement forte dans certains médias dits « du bien » que, de fait, rien de ce qu’il fait ne peut être considéré comme un succès. On pourrait contrebalancer en regardant CNews, mais là, le tropisme pro-israélien fausse également les analyses.

En réalité, on a parfois l’impression que nos médias souhaitent une victoire de l’Iran pour humilier Trump. C’est tout à fait nouveau de souhaiter la victoire de l’ennemi. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. L’Iran des mollahs représente le pire de l’islamisme radical, avec ses tentacules de proxys et de groupes terroristes. Ce régime a du sang français sur les mains, et pourtant certains « généraux de plateaux » télévisés semblent porter sur les Iraniens un regard presque comparable aux yeux de Rodrigue pour Chimène.

On peut certes être surpris par la résistance iranienne, et même éprouver une certaine admiration pour la préparation du régime à cette guerre. Mais de là à souhaiter sa victoire, même relative, il y a un pas. Quel média a soutenu l’Irak de Saddam Hussein face aux Américains ? À l’époque, une telle position vous faisait passer pour un traître à la « bonne cause », qui s’est pourtant révélée être un choix funeste, comme l’avenir l’a prouvé.

Donald Trump en difficulté ?

Les contradictions de Trump ne le servent certes pas, mais ceux qui plaident pour le « brouillard de guerre » lorsqu’il s’agit de Macron exigent, en revanche, une clarté stratégique absolue du président américain. Trump hésite, c’est vrai, notamment concernant Ormuz. Mais cela peut se comprendre. Il y a les précédents : Kennedy à Cuba avec la baie des Cochons, Carter en Iran, et surtout les Dardanelles en 1914-1918, ce détroit devenu le tombeau des forces alliées face aux Turcs de Mustafa Kemal, et qui a failli briser la carrière de Churchill, principal concepteur de cette opération funeste.

Par ailleurs, Trump n’a pas tort lorsqu’il affirme que cela ne le concerne pas directement. Les Américains n’utilisent pas le détroit d’Ormuz, contrairement aux Européens et aux Chinois, qui sont directement concernés. La position de l’OTAN pourrait même s’avérer fatale pour l’Alliance et offrir à Trump un argument pour se désengager d’alliés jugés ingrats. Mais surtout, il cherche à tester la Chine et à observer sa marine en situation réelle. Ormuz constitue un piège pour les États-Unis, mais aussi pour Pékin. Il veut mesurer concrètement l’efficacité de la marine de guerre chinoise.

Faire de l’anti-Trump primaire à longueur d’éditions spéciales, c’est se condamner à regarder la guerre avec le petit bout des jumelles. Il ne faut pas prendre Trump toujours au pied de la lettre, ni s’inquiéter excessivement de chacune de ses déclarations. Mais ce n’est pas lui l’ennemi dont on pourrait souhaiter la défaite.

Nos médias, enfermés dans une idéologie de la détestation du président américain, semblent l’avoir oublié au profit d’une admiration pour le moins insolite du régime iranien. Or sa victoire serait aussi notre défaite, peut-être même davantage encore que celle de Trump.

Pierre Boisguilbert
21/03/2026

Pierre Boisguilbert

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