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Face à la crise migratoire, l’indépendance de Mayotte ?

Émeutes à Mayotte : les « humanitaires » peuvent être fiers !

Par Julius Muzart, ancien haut fonctionnaire (ER), enseignant en droit public, essayiste ♦ Quand une catastrophe explose à la figure de l’humanité, provoquée ou aggravée par l’action de péremptoires crétins, il n’est pas rare de voir les co-auteurs du désastre contempler les ruines et les morts d’un œil mouillé, puis se tourner vers les caméras – dont ils s’éloignent rarement – pour nous servir la litanie ordinaire des imbéciles heureux : « nous n’avions pas voulu cela ! »
A moins qu’ils n’aient pris, à temps, la précaution de fuir discrètement le théâtre de leurs exploits pour retrouver la quiétude de leurs appartements parisiens.
Ainsi en va-t-il particulièrement de ces associations qui se proclament « humanitaires » et reçoivent à ce titre de plantureux subsides publics ou privés.


Des associations humanitaires ou bien d’agit-prop ?

Leur spécialité consiste à se projeter sur les scènes de tremblements de terre, de raz-de-marée, de conflits armés, et d’une manière générale partout où se concentre la détresse humaine. Une fois sur place, ils mettent en batterie leur artillerie favorite : la blouse blanche et la caméra.

Gardons-nous de jeter le bébé avec l’eau du bain : certaines de ces organisations sont efficaces, et animées réellement par l’esprit de solidarité.

D’autres, à l’inverse, utilisent le pavillon « humanitaire » soit pour mener de fructueuses opérations soit pour exercer leur vrai métier : celle de porteurs de la révolution mondiale.

La devise de « Médecins du Monde », c’est « au-delà du soin ».

« Au-delà du soin », quoi ?

Eh bien, essentiellement, ce qu’on appelait naguère « l’agitation propagande », alimentée par l’idéologie et les méthodes de l’ultra gauche mondialiste : le regard fixé sur l’abolition des frontières, et sur l’idéal de submersion du Nord par le Sud. Avatar ultime de l’adage »fiat justitia, pereat mundus ». Un esprit malicieux de mes amis résumait ainsi « 10 % de médecine, 90 % d’agit-prop »

On les voit, depuis des années, sur tous les fronts où s’exprime la pensée unique.

A Mayotte, la révolte des Mahorais contre l’invasion comorienne

Mayotte, rappelons sans langue de bois ce qui s’y joue réellement.

Si, lors du référendum sur l’indépendance des Comores en décembre 1974, puis aux référendums suivants, les Mahorais se sont prononcés systématiquement en faveur de l’intégration à la République française (à 99% en  février 1976, à 95% en mars 2009.), ce n’est pas essentiellement pour préserver, comme on le lit parfois, confort économique. C’est parce que, selon les paroles mêmes entendues de certains Mahorais en 1974, leur rattachement à l’État comorien indépendant leur apparaissait comme la promesse d’un massacre assuré. Rien de moins.

Et aujourd’hui, il faut être aveugle, irresponsable, ou à la solde pour s’étonner de la révolte des Mahorais contre l’invasion des autres comoriens.

Si les Mahorais vont jusqu’à se substituer aux forces de l’ordre, impuissantes, pour expulser les clandestins Anjouannais, ce n’est pas pour sanctuariser leurs « privilèges » : c’est parce qu’ils savent que devenir minoritaires, c’est signer leur arrêt de mort, ou au moins leur réduction en dhimmitude, voire en esclavage

Et Médecins du Monde là-dedans ?

C’est très simple : depuis de nombreuses années, déjà, leurs antennes sur place accueillent et protègent les comoriens clandestins sous couverts de leur dispenser des soins. MdM s’attache notamment à entretenir la filière d’entrée des femmes comoriennes, venues accoucher à Mayotte pour conférer à leurs enfants la nationalité française et ainsi interdire l’expulsion de leurs parents.

Pendant toutes ces années, médecins du monde avec l’aide d’autres s’associations immigrationnistes française (GISTI par exemple) dénonce, à Mayotte comme ailleurs, les efforts français pour garder leur souveraineté sur leur territoire

Dans la novlangue de ces associations, il s’agit d’une « politique répressive à l’encontre de l’immigration ».

Les deux thèmes favoris de médecins du monde depuis huit ans sont la dénonciation de la « répression » anti migratoires à Calais et à Mayotte.

La lecture des rapports annuels de l’association MdM donne une idée très claire du sujet :

Rapport 2010 : « A Mayotte les équipes françaises de MDM ont apporté des soins après de 3000 enfants en 2010. Au-delà du soin nous poursuivons nos actions afin de garantir un accès au droit à ses enfants. Le tribunal des affaires de sécurité sociale a donné raison à médecins du monde en demandant l’affiliation directe d’un mineur à une caisse de sécurité sociale. Surtout le TASS reconnaît que la France ne respecte pas la Convention internationale des droits de l’enfant »

Rapport 2011 1er février 2011 Mayotte « MDM alerte sur les conséquences sanitaires des politiques migratoires menées dans l’île »

Rapport 2012 : « En 2012 […] les étrangers font toujours face à des stratégies répressives qui visent à dissuader ceux qui sont en situation administrative précaire de rester sur le territoire français quitte à mettre en danger leur vie […] Les populations en situation irrégulière à Mayotte […] subissent des pressions importantes

Rapport 2013 (pratiquement un  copié collé de 2012) : Durant toute l’année 2013 MdM a dénoncé les conditions de vie précaires des migrants aussi bien à Calais où le Défenseur des droits a dénoncé le harcèlement policier dont ils sont victimes, qu’à Mayotte, où l’accès aux soins n’est pas effectif pour les mineurs étrangers.

Rapport 2014 : En 2014, les étrangers en situation précaire, qui représentent la grande majorité des patients accueillis par MdM, font toujours face aux stratégies d’une politique migratoire migratoire particulièrement répressive qui vise à les dissuader de rester sur le territoire français, quitte à mettre en danger leur vie.

Inutile de poursuivre la litanie de ces sophismes psalmodiés ad nauseam.

En clair, le message, c’est « abolition des frontières, accueil universel et indiscriminé des étrangers et bien entendu prise en charge par la république des soins qui leur sont dus ».
Le dévoiement de la notion de « droit » à la mode de la « constitution Staline » est une escroquerie que l’on pourrait croire usée jusqu’à la corde. Mais pas du tout. Chez les immigrationnistes, le marxisme de parade est inoxydable.
Inutile de leur demander par quel miracle ils imaginent que notre pays puisse financer leur délire.

Mais revenons à Mayotte.

Nous arrivons à un point critique du processus redouté par les Mahorais et auquel ces « humanitaires » ont apporté leur soutien avec constance. L’invasion de Mayotte par les autres populations Comoriennes peut faire basculer l’île dans le giron commun.

Et le massacre ou au moins  la mise en coupe réglée des Mahorais s’engager.
Gageons que, devant le spectacle du « champ couvert de morts », les humanitaires qui auront puissamment contribué au processus diront « nous n’avions pas voulu cela ».

Julius Muzart
14/04/2018

Correspondance Polémia – 06/04/2018

Crédit photo : Drapeau de Mayotte – Domaine public, via Wikimedia Commons

Julius Muzart

Julius Muzart, ENA ; DES de Droit public. Ancien haut fonctionnaire (ER), enseignant en droit public. Essayiste, auteur des ouvrages « Le quatrième complice (ou : je vous mets en examen parce que je ne comprends pas…) », « Associations, subventions, compromissions », « Chroniques de la principauté de Grande Gabegie ». Contributeur régulier de Polemia.