Accueil | Politique | DSK : Le vrai scandale, c’est celui d’Euro RSCG

DSK : Le vrai scandale, c’est celui d’Euro RSCG

DSK : Le vrai scandale, c’est celui d’Euro RSCG

par | 19 mai 2011 | Politique

Derrière DSK, il y avait une campagne de manipulation médiatique de l’opinion. Conduite par les communicants d’Euro RSCG.


 

Décryptage de Polémia :

Interrogé fin avril par Libération, DSK avait avoué trois fragilités possibles : « L’argent, les femmes et sa judéité ».

De fait, un homme qui avait déclaré « Je me lève chaque matin en me demandant ce que je peux faire pour Israël » risquait d’avoir du mal à mobiliser le vote des banlieues arabo-musulmanes qui s’était massivement porté sur Ségolène Royal en 2007.

Mais avant même d’arriver à l’élection, encore fallait-il remporter la primaire socialiste !

Comment un homme qui incarnait la superclasse et la finance mondiales aurait-il pu gagner les suffrages des militants socialistes dont beaucoup continuent d’appartenir à la fonction publique ? Comment un homme qui avait imposé le plan de rigueur de la Grèce et salué le modèle tunisien de Ben Ali aurait-il pu rassembler les suffrages de la gauche militante ?

De même, il est étonnant que le PS, parti féminin et parti féministe, ait pu envisager de se donner à un homme porté au harcèlement agressif envers les femmes, selon un registre plus proche de la prédation que de la séduction.

Comment diable dans ces conditions DSK pouvait-il donc passer pour présidentiable ?

DSK caracolait dans les sondages grâce à son image de sauveur économique de la planète.

Il faut ici distinguer la réalité de l’image véhiculée par les médias.

Dans la réalité, le FMI et son patron ont fonctionné comme une sorte de secrétariat permanent du G20. Mais en dehors de communiqués ronflants, les G20, G8 ou G5 n’ont pris que bien peu de décisions concrètes ; et surtout ils n’ont en rien remis au carré les pratiques douteuses de la finance mondiale. Bien au contraire, ils ont ménagé les intérêts des grandes banques d’affaires et n’ont rien entrepris contre la fraude systémique.

C’est la seule magie de la communication qui a fait de DSK le deus ex machina d’une hypothétique sortie de crise économique. Et il n’y a que les Français qui croyaient cela. A New York, on l’a vu, DSK n’a pas la célébrité que les Français lui prêtent…

Les Français ont été victimes de manipulations médiatiques

C’est l’agence de communication Euro RSCG (groupe Bolloré) qui était à la manœuvre. Cette agence a obtenu la communication du FMI pour l’Europe et l’Afrique. En pratique elle a contribué à imposer en France l’image de « super DSK ». Stéphane Fouks, le patron d’Euro RSCG, avait, dès les années 1990, la réputation « d’être un commerçant capable de vendre une télé couleur à un aveugle ». Et Euro RSCG est une puissante agence. Elle assure la communication de 14 sociétés du CAC 40. Sans compter la banque Lazard, Orange et Mac Donald’s France.

Le métier d’Euro RSCG est de faire passer aux patrons de presse et aux médias les « messages » politiques des gros annonceurs. Or beaucoup d’entre eux jugeaient le patron du FMI comme le meilleur candidat à la présidentielle française du point de vue de la finance et des multinationales. On est ici en plein mélange des genres entre la presse, la publicité, les affaires et la politique.

Vers un scandale Euro RSCG ?

Outre Stéphane Fouks, le patron d’Euro RSCG, trois personnes semblent avoir travaillé quasiment à plein temps (et à très gros salaires et « faux frais ») pour DSK : Ramzi Khiroun (l’homme à la Porsche Panamera), Gilles Finchestein (une plume de DSK) et Anne Hommel (attachée de presse). Ce sont eux qui sont aujourd’hui soupçonnés d’avoir lancé la thèse du « complot » pour tenter de protéger DSK.

La moralité, sinon la légalité, de toutes ces pratiques est plus que douteuse.

En France les règles du financement politique excluent le financement d’une campagne politique par les entreprises privées comme par les Etats étrangers ou les organisations internationales.

De même une entreprise n’a pas le droit de servir gratuitement les ambitions d’un homme en abusant de ses biens sociaux. La promotion nationale de DSK entrait-elle dans le marché international passé par le FMI avec Euro RSCG ? Et sous quelles conditions ?

Qui au final règlera les factures de la pré-campagne des primaires de DSK ? Le FMI, le PS ou Anne Sinclair ?

Quoi qu’il en soit on voit ici la malfaisance des « spin doctors » à la française : ces manipulateurs d’opinion, ces petits génies de la communication, qui tentaient d’imposer à la gauche d’abord, aux Français ensuite, un homme manifestement peu fait pour les hautes fonctions auxquelles la superclasse mondiale aspirait pour lui !

Andrea Massari
18/05/2011
Polémia

Image : Euro-RSCG

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

I-Média n°314 – Deux journalistes menacées de mort par des islamistes

Comme chaque semaine, I-Média décrypte l’actualité médiatique en déconstruisant le discours...

Beaucoup de musulmans étrangers vivant en France votent islamiste

Par Paul Tormenen, juriste ♦ La France compte la plus importante communauté musulmane...

Face à l’Iran, les pays sunnites se rapprochent d’Israël grâce à Donald Trump

Par Pierre Boisguilbert, journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère...

Un été meurtrier pour la macronie

Et si l’on donnait la parole aux Français ? (XXXVII) Par Michel Geoffroy, auteur de La...

Peine de mort : pour un vrai débat

Rediffusion Polémia - François Mitterrand a ouvert symboliquement sa présidence en abolissant la...

Rétablir la peine de mort : une rupture nécessaire avec l’idéologie dominante

La peine de mort frappe d’effroi par son caractère implacable et définitif. Son évocation prête...

Au pays de la peine de mort réservée aux victimes innocentes

Rediffusion Polémia - Alors qu'un sondage récent IPSOS/Sopra donne le chiffre de 55% de Français...

Face au chantage aux « valeurs de la république », pourquoi pas la sécession ?

Par Julien Dir, contributeur à Breizh-Info ♦ Julien Dir, chroniqueur et polémiste officiant...

Tensions avec la Turquie : prémices d’une Europe qui se défend ?

Par Jean-David Cattin, directeur national des Identitaires ♦ Les visées impérialistes de la...

Les Oscars gagnés par la fièvre diversitaire et inclusive

Par Jean-Pierre Pélaez, auteur dramatique, pour le site Boulevard Voltaire ♦ Le...