La boutique en ligne de l'Institut Iliade
Accueil | Politique | Bruno Mégret : « La droite doit en finir avec le politiquement correct »

Bruno Mégret : « La droite doit en finir avec le politiquement correct »

Bruno Mégret : « La droite doit en finir avec le politiquement correct »

par | 13 août 2018 | Politique

Par Bruno Mégret, polytechnicien, haut fonctionnaire, essayiste ♦ [Rediffusion] Nous publions à nouveau ce texte de Bruno Mégret, publié initialement dans nos colonnes le 5 juin 2018. En effet, ce texte fait partie des articles les plus lus du début d’année 2018. Un intérêt massif qui motive une nouvelle diffusion en cette période estivale pour préparer au mieux la rentrée politique. Bonne lecture et bonnes vacances.
Polémia


Manifestement, la droite dite républicaine ne semble pas avoir compris la portée de l’élection de Monsieur Macron. En tout cas, elle agit comme si la donne n’avait pas changé et risque en conséquence de disparaître à son tour de la scène publique. Car l’arrivée de Monsieur Macron à l’Élysée consacre en réalité le triomphe du Système et de la pensée unique qu’il incarne. Une pensée unique qui repose sur trois piliers, le mondialisme migratoire, la déconstruction des valeurs et le libre-échangisme international.

Le Système a fait élire l’un des siens

Pour faire prévaloir son idéologie, le Système se contentait jusqu’à présent d’exercer une pression sur les partis politiques qui s’alignaient peu ou prou sur ses thèses, la gauche avec une réticence pour ses positions économiques, la droite parlementaire avec quelques hésitations, bien timides au demeurant, sur les valeurs et l’immigration.

Cette méthode d’intimidation, soutenue par les médias et la justice, suffisait à imposer le politiquement correct sur la scène publique. Mais, à la dernière présidentielle, le Système qui se sentait sans doute menacé par Fillon et Le Pen, est allé encore plus loin et a réussi à faire élire non pas l’homme politique qui lui paraissait le plus proche et le plus docile mais une personnalité formée en son sein. Là réside la grande nouveauté : avec Macron, le président ne vient plus de la classe politique, il est directement issu du Système.

Le président occupe tout le champ du politiquement correct

Dès lors, et c’est logique, il met en œuvre la pensée unique dans sa globalité et sans aucune réserve. Il assume en effet pleinement l’immigrationnisme, le libre-échangisme et le libertarisme. En d’autres termes, il occupe tout l’espace du politiquement correct.

Pour ses opposants de la droite traditionnelle, cette configuration est une catastrophe car comment s’opposer tout en restant, comme ils l’ont toujours fait, dans le champ autorisé du politiquement correct ? Ce n’est tout simplement pas possible car, si l’on est politiquement correct, on ne peut qu’être d’accord avec Macron. C’est d’ailleurs ce qu’ont compris beaucoup de cadres de LR qui l’ont rallié, se sont rapprochés de lui ou peinent à s’opposer à lui.

Pour exister, la droite LR doit s’affranchir de la pensée unique

Autrefois, face à la gauche classique, les responsables de LR avaient encore un espace. Refusant d’encourir la diabolisation sur la question de l’immigration comme sur celle des réformes sociétales, ils s’étaient certes déjà alignés sur la pensée unique pour tout ce qui concerne l’identité et les valeurs, mais ils pouvaient encore se distinguer sur la question économique avec des positions plus libérales que celles du parti socialiste. Un positionnement qui n’a plus de sens aujourd’hui puisque Macron occupe maintenant lui aussi le créneau de l’ultralibéralisme international. Dès lors, si elle reste politiquement correcte, la droite LR n’a plus rien à lui opposer.

Pour les Républicains, la situation est donc dramatiquement simple : s’ils restent dans le champ du politiquement correct, ils ne pourront pas s’opposer et, devenant inutiles, risquent de disparaître. En revanche, s’ils veulent s’opposer réellement, ils doivent, comme le propose l’excellent site Ligne droite, rompre avec la pensée unique et créer une véritable alternative à la politique du Système. Une alternative qui cette fois ne peut pas être symbolique et factice comme avec Sarkozy en 2007. Elle doit se traduire par des prises de position tranchées sur quatre sujets clés.

Quatre conditions et trois impératifs pour créer la droite nouvelle

Une véritable opposition, c’est-à-dire une droite nouvelle, doit notamment se prononcer pour la défense de notre identité et donc pour l’arrêt de toute nouvelle immigration. Sur la question des valeurs, elle doit être intransigeante et annoncer l’abrogation de la loi Taubira. Sur la question du mondialisme économique, elle doit préconiser une régulation des échanges aux frontières de l’Europe. Et, sur la question européenne, elle doit se faire le champion d’une nouvelle Union érigeant l’Europe en un pôle de puissance.

Ajoutons que pour aller au bout de cette logique, elle devrait s’ouvrir largement à des personnalités déjà hors du Système comme celles de la « droite hors les murs ». Il lui faudrait aussi afficher le principe d’accords électoraux avec le Front national. Enfin ses chefs devraient assumer les attaques en diabolisation et agir en donnant la priorité à l’intérêt de la France et non à leur réputation auprès des médias.

Si les Républicains s’engageaient dans une telle stratégie audacieuse et courageuse, ils accompliraient le renouveau nécessaire de leur parti, le transformant en une force de droite nouvelle conforme à celle qu’attendune majorité de Français. Ce faisant, ils deviendraient beaucoup plus attractifs que le Front national aujourd’hui sclérosé et pourraient très vite devenir la première force politique du pays. À moins que ce ne soit le FN lui-même qui se rénove et qui incarne demain cette droite nouvelle. Gageons en tout cas qu’une fois au pouvoir, une telle droite pourrait sur ces bases réussir un redressement spectaculaire de la France et de l’Europe.

Il suffit de le vouloir… Et on peut toujours rêver.

Bruno Mégret
13/08/2018

Crédit photo : Montage réalisé par Polémia à part d’images libres de droit

Bruno Mégret
La boutique en ligne de l'Institut Iliade

Vidéos à la une

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

Viktor Orbán : « Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. »

Par le Visegrád Post ♦ Découvrez des extraits – choisis et traduits par la rédaction du...

Nouveau premier féministre : quand la flagornerie dépasse les « bornes »

Par Pierre Boisguilbert ♦ La réaction de l’idéologie médiatique à la nomination d’Élisabeth...

Ukraine : Otan en emporte l’Eurovision

Par Pierre Boisguilbert ♦ Les jeux étaient faits à l’avance. L’idéologique médiatique...

En Allemagne, l’AfD se déchire sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine

Par Nicolas Faure, spécialiste de l’Allemagne et traducteur ♦ En Allemagne, comme dans le...

Quelques conseils de lecture en ces temps difficiles, par Jean-Yves Le Gallou

Par Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia ♦ Alors que la période à venir...

Guerre en Ukraine. L’ombre de Staline

Par Eric Delcroix, juriste, essayiste et écrivain, auteur de Droit, conscience et...

Excision : France terre d’asile ou de dangers pour les femmes menacées ?

Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires ♦ Le 31 mars, une mère...

La réélection d’Emmanuel Macron vue d’Allemagne : « Vers un ordre mondial ouvert »

Par Nicolas Faure, spécialiste de l’Allemagne et traducteur ♦ En Allemagne, l'inquiétude...

La fermeté danoise sur l’immigration vantée par… Laurent Wauquiez (LR)

Par Laurent Wauquiez, Président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes ♦ Les tenants du...

« Immigration, l’heure des comptes », un ouvrage dense sur le coût de l’immigration

Par Jean-Claude Philipot, commissaire colonel e.r. et élu local ♦ André Posokhow, l'un des...