Accueil | Politique | Arithmétique médiatique : 2 Américains supérieurs à 30 000 Iraniens

Arithmétique médiatique : 2 Américains supérieurs à 30 000 Iraniens

Arithmétique médiatique : 2 Américains supérieurs à 30 000 Iraniens

par | 29 janvier 2026 | Politique, Société

Arithmétique médiatique : 2 Américains supérieurs à 30 000 Iraniens

Faire un don à POLÉMIA en 2026

Récolté 275,00€
Objectif 20 000,00€
Donateurs 4
1,4%

Polémia s'engage sur ce début d'année 2026 à mener 3 premières batailles. Améliorer son IA alternative pour en faire un outil efficace et largement utilisé, créer un dossier et une…

Les deux morts, victimes d’inexcusables bavures à Minneapolis, aux États-Unis, ont été bien davantage traités par les médias français se voulant dominants que les 30 000 — ou peut-être plus — victimes de la répression bouchère de Téhéran.
Cela ne surprendra que ceux qui n’ont pas compris que rien n’est innocent et que tout est récupéré.
Pierre Boisguilbert

Hiérarchie médiatique et message politique

Le massacre iranien n’est pas porteur pour l’idéologie médiatique. Il met en cause un régime certes condamné, mais jamais vraiment diabolisé, car toute critique pourrait être exploitée par les « islamophobes », qui sont partout en France. Pour les médias, c’est un terrain miné.

En revanche, Minneapolis est le sujet rêvé : il permet de dire du mal de Trump et de sa politique migratoire. Mais l’essentiel est ailleurs, dans le message subliminal : regardez ce qui arrivera si les partis populistes hostiles à l’immigration accèdent au pouvoir en France — certes — mais peut-être aussi dans certaines villes. Tous les citoyens, au-delà même des étrangers, seraient alors en danger de mort du fait de l’application d’une politique répressive.

Les chiffres de l’immigration comme frein au récit

La montée en puissance de cette argumentation a toutefois été freinée par la publication des chiffres sur l’immigration légale. En 2025, plus de 380 000 ressortissants extracommunautaires ont obtenu un premier titre de séjour, près de 40 000 de plus qu’en 2024 (+11 %), selon une estimation rendue publique mardi 27 janvier par le ministère de l’Intérieur.
Cette hausse, précise Le Monde, correspond à une progression continue des flux migratoires puisque, depuis 2011, le nombre de premiers titres a doublé. Au total, 4,5 millions d’étrangers (hors Union européenne) résident aujourd’hui en France de façon régulière, principalement des ressortissants du Maghreb, suivis de Turcs, de Britanniques, de Chinois et d’Ivoiriens.

Parmi les nouveaux détenteurs de titres, 92 000 personnes ont été admises au séjour pour un motif humanitaire (asile, étranger malade…), contre 56 000 en 2024 (+65 %).
Un point particulier mérite d’être souligné. Une note de la Fondapol et de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie montre que les Afghans sont devenus la première nationalité des demandeurs d’asile après les Ukrainiens. Un phénomène « massif, récent et inattendu par son ampleur », note le rapport élaboré par l’Ofii.
Cette analyse est confirmée par les derniers chiffres publiés : la France a accordé 384 230 premiers titres de séjour en 2025, soit une hausse de 11 % sur un an. Les principaux pays d’origine des demandeurs ont été l’Ukraine, la RDC et l’Afghanistan (environ 11 500 demandes chacun).
Ce sont là des arithmétiques que la gauche n’aime pas, qu’elle minimise ou occulte.

Renoncements internationaux et retour du réel

Pour l’Iran, pas question de devoir d’ingérence ni d’intervention humanitaire. Cela, c’est bon pour les petits pays — Serbie, Irak ou Libye. Pour l’Iran, on se contentera de se donner bonne conscience.
« Une réflexion est en cours avec nos partenaires européens sur la désignation des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste », a indiqué la porte-parole du gouvernement français, Maud Bréjon.
Le bras armé idéologique de la République islamique d’Iran est pourtant accusé par les organisations de défense des droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays.

Mais, d’une manière ou d’une autre, on est toujours rattrapé par ses lâchetés, comme nous le rappellent les Kurdes, que l’on a trahis une fois de plus, et dont plus personne ne parle afin de ne pas froisser les djihadistes en cravate au pouvoir.
Récit effroyable pourtant dans Paris Match :
« Une dizaine de soldates des Unités de protection de la femme (YPJ) ont les yeux rivés à la télévision. La mine sombre, elles assistent en direct à l’écroulement d’un rêve pour lequel elles ont tout sacrifié. Sur l’écran, les mauvaises nouvelles défilent : la ville de Kobané assiégée, les flots de déplacés, les centaines de camarades tombées au combat.
Dans ce marasme, la commandante Ariane a longtemps guetté un signe de soutien de l’Occident. En vain. « Tout le monde nous a abandonnées », lâche-t-elle, sidérée.
À ses côtés, Ezda tire simultanément sur une vapoteuse et une cigarette. Elle nous montre une compilation de vidéos où l’on voit ses sœurs d’armes scalpées, leurs cadavres profanés. Sur une autre, des soldats hirsutes de l’armée syrienne promettent d’offrir à leur « émir » des combattantes capturées lors de la prise de Raqqa — douloureux rappel du calvaire de milliers de femmes yézidies, réduites en esclavage sexuel à l’époque du califat.
La démonstration par l’horreur qu’« il n’y a aucune cohabitation possible avec ces monstres », assène-t-elle. « Comment voulez-vous que des femmes comme nous vivent avec des hommes comme eux ? Nous incarnons tout ce qu’ils détestent, et inversement. »
Comme toutes ses camarades présentes dans la pièce, Ezda conserve sur elle une grenade destinée à se suicider pour ne pas être prise vivante. »
Et la conclusion est un avertissement, sans aucune compassion :
« Les attentats vont se multiplier en Europe. Et je ne suis pas désolée pour vous. »
Mais le danger qui nous menace, selon les médias dominants, reste la politique migratoire de Trump… à Minneapolis.

Pierre Boisguilbert
29/01/2026

Pierre Boisguilbert

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Je fais un donSoutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en !