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Bob Marley

Regard écologique sur le métissage (5/5)

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Frédéric Villaret, docteur en sciences, essayiste

♦ Le mondialiste cosmopolite voit dans le métis l’Homme nouveau réalisant le monde parfait dirigé par une oligarchie.

Le métis, pivot de la mondialisation cosmopolite – Pourquoi cette politique du métissage envisagée comme une composante de la mondialisation cosmopolite ?

Alors qu’un écologue admet sans difficulté l’impératif écosystémique du métissage, il est obligé toutefois de s’interroger sur les politiques actuelles condamnant à terme les lignées souches faisant la richesse du genre humain. C’est une antienne dans le monde écologique que les écosystèmes aux indices de biodiversité les plus élevés sont les plus stables. Dans cette perspective, métisser les populations humaines reviendrait à réduire cette anthropodiversité, fragilisant ainsi l’Homme envisagé comme la somme de types raciaux différents.

Comprendre pourquoi le métissage est une des composantes organiques du mondialisme cosmopolite impose d’avoir une conception exacte de ce qui régit nos rapports sociaux aujourd’hui.


La première des réponses est qu’un monde nouveau impose un Homme nouveau ; donc du passé faisons table rase, et débarrassons-nous de ce que la nature et l’histoire ont façonné depuis des millénaires. L’écologue sait toutefois que les écosystèmes aux indices de diversité faible sont très fragiles, donc métisser les humains revient à engendrer un seul type, donc fragilisant la notion même d’Homme.

Une autre raison est que ce métissage est une manifestation du processus d’artificialisation de l’écosphère, car le métis n’a quasiment aucune chance de survie en milieu naturel ; et que sa survie dans des écosystèmes artificiels est à l’origine des crises écologiques et environnementales de notre temps.

De plus, une lecture un peu plus politique suscite l’hypothèse que ce métissage est nécessaire à une classe sociale dominante envisageant des quasi-congénères comme indispensables pour sa prospérité. En effet, la génétique des plantes montre que l’hybride est doté de caractéristiques singulièrement intéressantes, mais dont la contrepartie est qu’il est fragile et peu susceptible d’engendrer une descendance viable. En outre, l’hybride est docile.

Les métis humains sont en général pacifiques. De mon expérience, ce sont des personnes agréables à côtoyer et foncièrement gentilles. Ils sont aussi très performants en sport ou scolairement, mais l’esprit de domination leur est difficile, voire inconnu. Ainsi, le mouvement rasta, dont Bob Marley, un métis (1945-1981), fut l’icône, refusait la violence. Le bonnet coloré qu’ils arboraient était selon eux le moyen de contenir cette agressivité dont ils étaient convaincus avoir identifié le siège dans des cheveux à l’air libre.

Ainsi, en associant cette spécificité à une approche écologique ou sociale de nos écosystèmes artificiels, on subodore pourquoi nos « élites » aiment les métis. En effet, en regardant nos sociétés comme l’espace d’expression de dominants, ceux-ci ont besoin, pour se réaliser comme classe supérieure, de disposer à leur service pour la guerre ou le travail, d’une classe sociale instrumentalisée à cet effet.

Cette vision sociétale est directement issue de l’éthologie des mammifères sociaux. Ainsi, dans tous ces groupes comme les loups ou les zèbres, par exemple, l’organisation sociale est régie par des dominants ayant acquis leurs statuts précaires à la suite de luttes féroces. Chaque période de reproduction ou des évènements importants, comme la montée aux alpages chez nos bovins domestiques, créent l’occasion d’organiser le groupe. Les dominants, mâles ou femmes, auront alors accès à la reproduction. Mais ces dominants ne peuvent assumer toutes les tâches nécessaires à la conservation de leur vie et de leur statut. Aussi ont-ils besoin d’assistance pour les nourrir, les aider à lutter, à élever leur progéniture, etc. Dans les sociétés de canidés, ces éléments dominés sont castrés, mettant fin, ainsi, à leurs capacités reproductrices. Dans les sociétés d’hier, des pourcentages importants d’enfants étaient eux aussi castrés, physiquement, pour servir leurs maîtres. Ils fournissaient, entre autres, les castrats utilisés dans le chant et des eunuques pour la domesticité vivant dans la proximité des dominants. Bien évidemment ces derniers se méfient des individus-souches, car ayant conservé leurs instincts de chasseur-guerrier, c’est d’eux que viendrait la contestation de leur statut. Ceux-ci ont le défaut de se rebeller souvent et parfois de tuer leurs maîtres. Donc, méfiance. Des serviteurs dociles sont moins dangereux.

L’idéal est d’avoir à son service une classe sociale diligente, docile et, cerise sur le gâteau, très sensible aux effets de l’âge. Les métis réunissent toutes ces caractéristiques. Le coup de fouet de l’hybridation fournit des individus performants, dociles et fragiles se reproduisant mal en tant que tels et donc peu susceptibles d’engendrer un groupe social porteur d’une identité revendicatrice. En outre, fragiles par nature car inadaptés aux déterminismes écosystémiques dont ils sont étrangers, ceux-ci vivraient moins longtemps que les individus de souche dans leurs environnements naturels. Concrètement, pas de déficit des régimes de retraite à envisager ou de vieillards impotents. Mais l’anthropisation des écosystèmes, au prix de désordres écologiques, pérennise toutefois leur existence.

Ainsi, le métis s’accorde avec une vision très hiérarchisée de nos sociétés dans la mesure où cela crée une nouvelle catégorie d’individus dont l’existence dépend largement de sa soumission à une oligarchie, au même titre que les différentes minorités instrumentalisées, qu’elles soient sexuelles ou raciales. Le but est de dominer un peuple souche inscrit dans son territoire, n’ayant pas encore saisi la nature des dominations qu’il subit et dont il pourrait chercher à s’émanciper.

L’itinéraire de Dieudonné M’bala M’bala est à ce titre exemplaire. Fruit de l’union d’un Africain noir et d’une Européenne blanche, il fut comme Barack Obama instrumentalisé par une oligarchie et, à ce titre, ne cessa dans ses premières années publiques de se foutre de la gueule des souchiens. Beaucoup d’entre eux gardent de lui ce souvenir. Puis, perspicace, il comprit à quoi il servait. D’où son retournement depuis une dizaine d’années et la mise en service de son énorme talent à une vision sociétale assez floue, mais très contestataire.

Et pour aller plus loin…

On pourrait aller plus loin sur ce thème. Mais retenons qu’un développement plus poussé de cette question obligerait à faire appel à d’autres éléments issus de l’écologie, de l’éthologie, de la génétique, de l’histoire, etc. Ces approches sont en ce moment inaccessibles aux médias dominants, qu’ils soient populaires ou spécialisés, et ne se transmettent qu’oralement dans des conversations discrètes ; comme au temps des druides…

En outre, parler de métis, c’est parler de gens avec qui nous sommes allés à l’école, avec qui nous avons fait du sport et souvent bien rigolé ensemble. Nous parlons de personnes avec qui nous vivons, pas de bactéries ou de neutrons. Mais tant le philosophe que le scientifique ont comme mission d’apporter des éclairages à leurs contemporains en s’affranchissant de l’esprit du temps.

Enfin, cette contribution n’est pas sourcée. L’auteur prie donc le lecteur d’en comprendre les raisons. Après avoir passé près de quinze années sous statut universitaire, donc habitué à sourcer ses assertions, il n’a plus le temps de faire ce travail de bénédictin. Cependant, ce qui est évoqué dans ces lignes a été lu, entendu ou observé.

Pour le moment, je dois donc me contenter de proposer des textes inachevés, à mon grand regret. Les idées essentielles y figurent toutefois.

Cette contribution dans un esprit polémique a donc pour vocation d’aborder un sujet sensible ignoré des médias dominants, sauf à se soumettre à la doxa. Aussi, l’ambition de ces quelques lignes est simplement de participer à la formalisation d’une problématique encore mal sériée.

Frédéric Villaret
6/12/2016

Correspondance Polémia – 17/12/2016

Image : Bob Marley

Frédéric Villaret. Docteur en sciences. Spécialité: ingénierie écologique des écosystèmes artificiels. Chef d’entreprise et enseignant-chercheur indépendant, il se consacre désormais à proposer une interprétation écologique des enjeux politiques contemporains, notamment pour la fondation