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Pape Lesbos

Qui est vraiment le pape François ?

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Guillaume Faye, essayiste

♦ Le pape François avait habitué le monde, au nom de la charité chrétienne, à approuver et encourager l’accueil de tous les « migrants » notamment musulmans, colonisateurs de l’Europe. Jamais aucun de ses prédécesseurs n’avait osé se risquer à un tel exercice. Sur l’île de Lampedusa il s’était livré à des démonstrations ridicules d’empathie envers les migrants clandestins, en culpabilisant les Européens injustement accusés d’égoïsme.

Mais là, il est allé encore plus loin dans l’ordre symbolique et politique de la provocation.


Le Pape préfère les musulmans aux chrétiens d’Orient persécutés

Il a d’abord commencé, à Rome, se prenant pour le Christ en personne, par laver les pieds devant les caméras TV de migrants clandestins africains et arabes. L’image a fait le tour du monde et le message était clair : venez, vous êtes nos maîtres et nous sommes à vos pieds. Ensuite, il a notoirement négligé la défense des chrétiens d’Orient persécutés par l’islam au profit de l’accueil des immigrés clandestins musulmans.

Revenant de l’île de Lesbos, en Grèce, où débarquent les clandestins venus de Turquie, le 17 avril, il a ramené à Rome trois familles syriennes musulmanes, dont toutes les femmes étaient voilées dans l’avion pontifical. Il les a préférées à des familles chrétiennes, alors même que ces dernières fuyaient les persécutions islamiques. Peu lui importe.

Et le Pape s’est justifié en ces termes jésuitiques d’une parfaite mauvaise foi :

« Je n’ai pas choisi entre musulmans et chrétiens. Ces trois familles avaient documents prêts, en règle. Il y avait, dans une première liste, deux familles chrétiennes, mais elles n’avaient pas les papiers en règle. Ce n’est donc pas un privilège. »

Il y a quelque chose de cyniquement glacial dans cette argutie ridicule qui se réfère aux « papiers en règle ». Et le Pape a ajouté, en parlant des douze musulmans qu’il a ramenés à Rome dans son avion : « Ces douze sont tous des enfants de Dieu et je privilégie les enfants de Dieu ». Mensonge : il n’a pas privilégié les « enfants de Dieu », mais les musulmans par rapport aux chrétiens syriens persécutés.

Le Pape, qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, a aussi fait pression sur Matteo Renzi, le premier ministre italien, pour que l’Italie refuse de créer des centres fermés pour les déboutés du droit d’asile, les faux réfugiés (*). Ces derniers seront donc libres de rester et de se répandre sur le continent. Les prises de position du Pape risquent, en Europe, de lui attirer l’hostilité de très nombreux catholiques – ce qui n’est pas une bonne chose pour une Eglise qui est déjà en mauvaise posture.

Apitoyer et culpabiliser les Européens

Ce Pape, jésuite sud-américain, défend en réalité une idéologie de rupture, antieuropéenne, antiromaine. Apitoyer et culpabiliser les opinions catholiques et européennes sur les « migrants » est son principal objectif. Il a déclaré : « Nous sommes tous des migrants », genre de formule passe–partout, typique du jargon gauchiste journalistique. D’ailleurs, comme par hasard, celui qui a le plus félicité le Pape pour ses positions est Jean–Luc Mélenchon…

Il lance des signaux aux lourdes conséquences internationales : une porte ouverte à l’invasion musulmane recommandée par le Pape lui-même, c’est un vrai « miracle d’Allah » ! Pour le Pape, l’Europe est la « patrie des droits humains » et non pas celle d’un peuple et d’une civilisation. Il milite pour une Europe ouverte à toute immigration. D’ailleurs, dans sa carrière ecclésiastique en Amérique latine, il s’était déjà signalé par une exigence de liberté d’immigration en Amérique du Nord. L’idée de pays d’origine ethniquement européenne ne lui plaît pas.

Déjà, il avait déclaré, à propos d’un naufrage d’une embarcation de clandestins au large de la Sicile, juste après être allé accueillir des « réfugiés » africains à Lampedusa :

« Je ne peux pas évoquer les nombreuses victimes de ce énième naufrage. La parole qui me vient en tête est la honte. […] Demandons pardon pour tant d’indifférence. Il y a une anesthésie au cœur de l’Occident. »

On croit rêver. Ces déclarations papales sont non seulement injustes mais perverses et mensongères : qui sauve des flots et accueille ces clandestins ? Les Européens. Qui sont les passeurs avides qui les jettent sur des embarcations de fortune ? Leurs coreligionnaires africains et arabes. Les paroles du Pape sont honteuses.

Quelle est l’idéologie du Pape ?

Le pape François adhère à l’idéologie cosmopolite, « sansfrontiériste », très présente dans le clergé sud-américain influencé depuis les années 1960 par le trotskisme. C’était la doctrine de la « théologie de la libération ». Il a récemment prononcé cette formule convenue et stupide : « Les barrières créent des divisions et, tôt ou tard, des conflits ». La réalité est exactement l’inverse : ce sont les mélanges de populations qui génèrent les conflits et ce sont les frontières étanches et les homogénéités ethniques qui garantissent la paix. De même, sur le plan économique, le pape François a développé des idées marxistes éculées, apparues dans les milieux catholiques d’extrême gauche à la fin des années 1960. Ce « cathogauchisme » est toujours très actif dans les milieux politiques, syndicaux, médiatiques mais aussi dans le clergé. Ce courant « cathogauchiste » est aussi islamophile. Et, pour la première fois, un pape appartient à ce courant… Tout se tient.

En bon jésuite, le pape François manœuvre, par exemple en faisant des ouvertures aux traditionalistes tout en acceptant la communion pour les divorcés remariés ! Un grand écart qui ne gêne pas ce calculateur ; au risque de créer une très grave crise schismatique au sein même de l’Eglise.

Très prétentieux, avide de médiatisation, proche par le cynisme des papes florentins du XVIe siècle, excellent communicant, il se construit une posture de saint qui séduit les naïfs. Se prenant pour saint François d’Assise, dont il a repris le nom, il adopte une posture de faux pauvre (simulacre) en refusant d’habiter les appartements pontificaux. Cette humilité de façade sonne mal chez ce donneur de leçons et professeur de morale autoritaire. On note aussi chez lui un côté excessif, infantile, provocateur, dans beaucoup de ses propos et de ses actes. Comme une tentation de fanatisme. Au début, ça étonne, ça excite les journalistes. Mais au bout d’un moment, on finit par comprendre que son discours est pauvre et répétitif.

Sur le plan théologique, le pape François appartient à cette école jésuitique qui « politise » et désacralise la religion catholique. L’universalisme catholique, uniquement valable sur le plan spirituel (tous les humains fils du même Dieu, éligibles aux mêmes sacrements), est transformé en cosmopolitisme politique : abolition des frontières, libres migrations, mélange des peuples. Le problème, c’est que ce cosmopolitisme est biaisé. Car il est exclusivement dirigé, de manière suicidaire, contre la civilisation et l’ethnicité européennes. Tout cela pose un problème très grave qui peut provoquer un schisme au sein du catholicisme.

Guillaume Faye
22/04/2016

Source : http://www.gfaye.com

Note :
(*)  De janvier à mars 2016, 20.000 clandestins ont débarqué en Italie du Sud. Ce sont des Nigérians, des Gambiens et des Sénégalais ; aucun n’est réfugié du Moyen-Orient.

 Note de la rédaction :
« Les rumeurs d’un tirage au sort circulaient dans la presse grecque après le geste du pape François d’accueillir, au Vatican, 12 réfugiés syriens de confession musulmane bloqués sur l’île de Lesbos. Elles ont été démenties, mardi 19 avril, par le porte-parole de la communauté Sant’Egidio et principal acteur des négociations, Roberto Zuccolini ». (La Croix/ Urbi & Orbi, le site de l’actualité religieuse, 20/04/2016).

Correspondance Polémia – 23/04/2016

Image : Le Pape François souhaite la bienvenue au groupe de réfugiés qui sont repartis avec lui de l’île grecque de Lesbos