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Le remaniement des vaniteux

Le remaniement des vaniteux

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Pas de plan B, pas de réserves

♦ Ce remaniement n’est pas vraiment un non-événement, c’est un révélateur. Le président n’a pas de politique de rechange. La gauche est usée au niveau de son personnel politique. Le gouvernement, à peine formé, a révélé ce qu’est la politique française : des vaniteux dans un bocal parisien.


J’étais à paris, j’ai vu frétiller le monde des politiciens, des journalistes et communicants se croyant le centre de la France et le centre du monde. Des faiseurs, des pédants qui expliquent, puisque c’est eux le pouvoir, l’incapacité de notre pays à s’en sortir.

Il n’y aura pas de changement de cap. Le gouvernement français reste un gouvernement captif. Il y a bien sûr Manuel Valls, choisi car François Hollande n’a trouvé personne d’autre. Il y a l’invraisemblable maintien de Christiane Taubira, sauvée parce que femme, parce que noire et la madone du mariage pour tous. Tous ceux qui avaient dit qu’elle ne pouvait rester, n’ont plus osé le dire par peur d’être taxés de racisme et de sexisme…Voila pourquoi Taubira est restée, icone caricaturale mais forte des fausses valeurs de la République. La République est captive aussi de ses idéologies sociétales. Le départ de Cécile Duflot confirme bien que l’écologie politique est un gauchisme travesti.

Montebourg et Sapin, nouveau couple maudit et Benoit Hamon, l’idéologue de gauche face à l’échec total de l’Education nationale, on a le droit de craindre le pire et dans … tous les genres.

Et puis il y a le retour de Ségolène. C’est la seule chose qui a intéressé la presse étrangère. Le roi de France qui fait revenir son ancienne favorite, mère de ses enfants, après avoir répudié celle qui l’avait chassé du palais avant de se trouver à la porte elle aussi, tout de même il n’y a que dans notre République que l’on peut voir ça.

La Stampa par exemple note le retour à la politique de la « vedette principale », celle qui avait été « confinée dans les limbes après la défaite face à Nicolas Sarkozy », à la présidentielle de 2007. Le quotidien italien qualifie ainsi ce retour de « vengeance consommée froide ». Il faut être François Hollande pour accepter dans un gouvernement celle qui voudra lui faire payer un certain nombre d’humiliations.

Un « retour spectaculaire », selon The Telegraph, pour qui la nomination de Mme Royal est le signe d’« un rapprochement avec son ancien compagnon ». Le journal britannique retient qu’elle avait dénoncé l’inaction de François Hollande en 2011 : « Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il ait accomplie en trente ans de vie politique ? », avait-elle demandé « avec désobligeance », selon l’article. The Telegraph  rappelle qu’il était « hors de question pour elle d’entrer au gouvernement alors que le président était encore en couple avec Valérie Trierweiler ». Quant au journal espagnol El Mundo,  il lui consacre un portrait en titrant « Ségolène sort du couvent ». El Pais considère cette nomination comme « une tentative de coup médiatique pour améliorer la popularité du gouvernement, après la débâcle des socialistes aux municipales ».

C’est raté car les Français pensent qu’il est dangereux de prendre un tel risque et les Françaises sourient en savourant à l’avance la vengeance de Ségolène. Dans le bal des vaniteux, la princesse de la vanité, humiliée, est de toute évidence la reine du bal tragique à Matignon.

Raoul Fougax
4/04/2014

Source : Metamag.fr

Correspondance Polémia – 7/04/2014

Image : Royal et Valls.