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Ces excités du féminisme et du genre

Ces excités du féminisme et du genre

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Billet d’humeur et un tant soit peu misogyne de Claude Picard

♦ Nous avons eu les suffragettes, nous avons maintenant les Femen, une espèce de féministes new-look, enragées (dérangées) et provocatrices. Elles manifestent le torse nu et les seins bien en évidence ; ce qui n’est pas désagréable à regarder, car ces jeunes femmes ne sont pas des « boudins » mais plutôt des jolies filles. Leurs démonstrations, la plupart du temps, ne sont pas forcément dirigées contre un machisme ambiant hypothétique ; elles préfèrent prendre pour cible la politique ou la religion. Surtout la religion catholique. Rarement la religion musulmane, dont elles ne dénoncent jamais les dérives sectaires. Courageuses, mais pas téméraires !


Ces charmantes jeunes femmes peuvent être de véritables furies monomaniaques, particulièrement vulgaires et inefficaces : pisser en public devant une église – pas dans une mosquée, ni dans une synagogue – ou sur la photo de Poutine, ne fera jamais avancer, ni nos problèmes de société, ni le problème de la démocratie en Russie, pays de naissance de leur mouvement. Savent-elles seulement, ces pétroleuses impudiques, que le droit de vote est même accordé aux femmes depuis déjà quelques décennies ? Droit de vote pour lequel leurs ancêtres, les suffragettes, se sont battues par des batailles d’idées et des manifestations qui avaient une autre allure et un peu plus de panache. Car, par simple bon sens, ces légendaires suffragettes savaient que pour être respectées, elles devaient être respectables. C’est bien ce qui manque à nos excitées, la respectabilité, et c’est bien cela que l’on pourrait leur reprocher.

De surcroît, elles se battent, comme Don Quichotte, contre des moulins à vent et n’enfoncent que des portes ouvertes. Bien dans l’air du temps, où « on e***** des mouches qui n’avaient rien demandé à personne » sur des sujets périphériques comme la théorie du genre, pendant que notre civilisation s’en va à vau-l’eau vers son échouage final. Elles devraient, tout autant, méditer la réflexion d’une de mes amies : « Toute ma vie, j’ai été une e********* avec les mecs pour exiger l’égalité absolue, même dans les détails les plus absurdes, et je me retrouve, comme une idiote, larguée avec un enfant dont je ne sais même pas avec certitude qui est le père, en rêvant encore au Prince charmant qui viendra me réveiller ». C’est peut-être bien ce qui les attend, ces échauffées et réchauffées du féminisme. Quels hommes voudraient faire un bout de chemin avec de telles harpies ?

L’égalité absolue des sexes et de la parité hommes-femmes, sans oublier la fameuse « théorie du genre » que l’on veut nous faire avaler tous les matins et que les Femen reprennent sous la (fausse) bannière du féminisme, deviennent des notions vaudevillesques, alors qu’il semblerait pourtant que la notion d’égalité hommes-femmes – pas l’indifférenciation des sexes – est, à quelques exceptions près, parfaitement intégrée dans la vie courante de notre pays. Par contre, effectivement, il y a une véritable inégalité à laquelle il faut encore remédier, c’est l’égalité des salaires à compétence égale. Là est le vrai sujet, plutôt que vouloir nous persuader dès notre plus jeune âge que « Papa porte une robe… » Et maman ? Ce féminisme devient délirant. Il l’était déjà un peu à cause de quelques allumées, mais là, il devient particulièrement grotesque. Les théoriciens du genre n’arrangent rien.

Ce nouveau féminisme devrait tempérer ses ardeurs et laisser les hommes être des hommes, et les femmes, des femmes. Les hommes et les femmes sont différents sexuellement et donc forcément différents dans leurs comportements, leurs allures et leurs morphologies. Que chacun, homme ou femme, puisse avoir une part de « féminité » ou de « masculinité », personne ne le conteste, mais la différence reste bien réelle. Cette différence, il vaut mieux la concevoir comme une complémentarité enrichissante et non pas comme un obstacle majeur à la compréhension entre les sexes. A vouloir tordre le cou à certaines réalités, ces nouvelles féministes et ces obsessionnels du genre, nous amènent, consciemment ou inconsciemment, vers « Le Meilleur des mondes ». Ce monde envisagé comme un futur possible, où la normalité obligatoire sera : l’indifférenciation des sexes, l’infantilisme et l’adolescence permanente.

C’est déjà suffisamment compliqué de vivre ou de survivre dans le monde d’aujourd’hui, alors cette hargne extravagante, irrationnelle et obscène, à vouloir toujours nous imposer des élucubrations d’apprentis sorciers, devient insoutenable et parfaitement décalée. D’autant que cette agressivité deviendra assez vite « contre-productive ».

Tout ça pour… RIEN !

 Claude Picard
4/02/2014

Correspondance Polémia – 6/02/2014

Image : Suffragettes, New-York, 6 mai 1912