Longtemps, l’affaire Epstein fut considérée par les médias hexagonaux comme une affaire américaine pur jus, sans lien, même indirect, avec la France. À peine le suicide de Jeffrey Epstein fût-il d’ailleurs couvert en 2019 par nos médias nationaux, les journalistes — certains nous en ont fait la confidence en privé — attendant de se ranger derrière « le premier » qui oserait vraiment mettre les mains dans le cambouis de cette tentaculaire affaire. Il aura fallu attendre près de sept ans après la mort du pédocriminel pour que cette affaire sorte enfin des arcanes d’esprits considérés jusqu’ici comme malades (les fameux « complotistes ») et envahisse les rédactions françaises, contraintes (et contrites) par la publication de millions de documents issus du dossier Jeffrey Epstein le 30 janvier 2026.
Lorelei Bancharel
Non, l’affaire Epstein n’est pas uniquement « un scandale américain »
Cette onde de choc — amorcée par l’administration Trump — n’aura cependant pas eu raison immédiatement des pudeurs de gazelle de nos journalistes français, très prompts à évoquer unanimement cette affaire comme un « scandale américain ».
À leur décharge, il est de bon ton de rappeler qu’ils ne sont pas les seuls à avoir (volontairement ?) déplacé la focale sur nos voisins transatlantiques. Le 9 février 2026, en marge d’un déplacement au Wine Paris, Emmanuel Macron lui-même s’est ainsi fendu d’un bref commentaire, affirmant, face caméra, que l’affaire Epstein est avant tout une « affaire qui concerne surtout les États-Unis d’Amérique ».
Et pourtant… Par cette assertion, presque banale en apparence, le chef de l’État a omis deux points essentiels. Un point juridique d’abord, puisque la question du « sol » ne suffit pas pour qualifier l’affaire Epstein « d’américaine ». En clair : ce n’est pas parce que des crimes ont été commis aux États-Unis que seule la justice américaine est habilitée à s’en charger.
Notre arsenal juridique prévoit en effet que si des Français commettent des crimes à l’étranger, ils peuvent être poursuivis en France ; et, à l’inverse, si des Françaises sont victimes à l’étranger (nous y reviendrons plus loin), il est également possible de poursuivre.
Mais là, oserions-nous dire, n’est pas le point essentiel. Par sa déclaration le 9 février dernier, Emmanuel Macron a surtout fait mine de ne pas voir l’éléphant au milieu du salon : l’affaire Epstein est bien une affaire qui concerne la France. Les dossiers publiés par le DOJ ne regorgent pas seulement d’une foultitude de noms français (dont certains semblent mouiller jusqu’au cou), ils démontrent surtout de manière implacable ce que beaucoup savaient depuis 2019 : Paris était la plaque tournante du réseau Epstein hors États-Unis.
Paris, QG européen d’Epstein
Epstein, c’est connu, faisait des séjours « réguliers » à Paris au cours des vingt dernières années de sa vie. Mais ce que l’on savait moins — et que l’on découvre à la faveur des révélations du DOJ — c’est à quel point la capitale était en réalité un fief pour le financier. Paris est mentionné pas moins de 68 000 fois dans les fichiers Epstein !
Et pour cause : Paris n’était pas seulement un lieu « d’affaires » pour le pédocriminel, c’était aussi, tout simplement… chez lui. Paris est en effet la seule résidence étrangère officielle d’Epstein. Toutes ses autres propriétés connues étaient juridiquement américaines (New York, Floride, Nouveau-Mexique et les Îles Vierges américaines).
Le 25 janvier 2012, lors d’un interrogatoire filmé où il est interrogé sous serment, Epstein indique d’ailleurs clairement : « J’ai des résidences secondaires au Nouveau-Mexique, à Palm Beach, New York et Paris ».
Et il n’est pas peu dire que l’homme d’affaires a profité au maximum de son bien. Selon l’avocate Caty Richard, de l’association « Innocence en Danger », Jeffrey Epstein venait en moyenne pas moins de douze fois par an à Paris, et ce à bord de son jet privé. Il suffit d’ailleurs de jeter un œil sur le carnet de vols d’Epstein pour voir à quel point Paris (et notamment son appartement) était le centre névralgique de ses affaires hors États-Unis.

Capture d’écran Jmail.world
C’est à partir de 2001 que Jeffrey Epstein s’offre son luxueux appartement (800 m²) du 22, avenue Foch pour la bagatelle somme de 3,5 millions d’euros. À partir de cette date, l’endroit deviendra si important pour Epstein qu’il finira par y embaucher des employés à temps plein. Dans les Epstein files, on découvre par exemple la candidature d’un certain Maxime Besson-Vivenzi, qui propose ses services au financier « comme private assistant » pour Paris.
Selon l’ancien majordome d’Epstein, cité par France Inter, le financier avait en outre « la volonté de s’implanter amplement dans la capitale » au point même d’y projeter de passer ses vieux jours.
Une antenne pédocriminelle à Paris ?
Comment, dès lors, évoquer l’affaire Epstein par le seul prisme américain ? Certains pourraient certes avancer qu’avoir un appartement à Paris ne prouve rien, et qu’il ne s’agit là que d’un lieu d’affaires. Or, rappelons déjà que, dès 2019, de premiers témoignages — restés relativement confidentiels — avançaient timidement l’idée selon laquelle Paris pourrait être une antenne du réseau pédocriminel d’Epstein.
Selon un artisan, qui a travaillé entre 2002 et 2005 dans l’appartement du financier, il y avait en effet de « nombreuses photos de jeunes filles dans l’appartement ». « Elles étaient disposées dans des cadres, un peu comme des photos de famille. Les filles semblaient très jeunes. Mineures ? Difficile à dire. Pas beaucoup plus que 18 ans en tout cas… En voyant les photos, on ne pensait pas à la pédophilie, mais c’était limite, borderline… », témoignait l’artisan, auprès de Radio France.
Auprès du même média, le majordome parisien confirmait de son côté qu’Epstein faisait venir des femmes à Paris, qu’il payait pour se faire masser « parfois trois ou quatre fois par jour ». Et d’ajouter : « On peut parler de relations tarifées, les massages n’étaient pas tous accompagnés de relations sexuelles ».
D’après Bradley Edwards, avocat américain de plusieurs victimes présumées de Jeffrey Epstein, ce dernier avait en outre, dans chacune de ses résidences, « des employés, des associés, dont le seul travail était de recruter pour lui des lycéennes et des jeunes femmes vulnérables. »
Qu’est-il arrivé à ces jeunes femmes ? Dans le détail, difficile pour l’heure de retrouver chaque nom des victimes potentielles passées par l’appartement parisien d’Epstein, et donc ce qui leur est précisément arrivé. Mercredi 18 février, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a d’ailleurs invité les victimes potentielles d’Epstein à témoigner ou à porter plainte. D’autant qu’il faut souligner le nombre conséquent de caviardages dans les dossiers actuellement diffusés. Mais les faits sont là.
Dès 2019, l’ONG « Innocence en danger » lançait d’ailleurs une procédure pour alerter sur des faits commis par Epstein dans son appartement parisien sur des jeunes filles mineures.
Cette année-là, année du suicide présumé d’Epstein, la présidente de l’ONG, Homayra Sellier, a en effet reçu de nombreux témoignages de jeunes filles se déclarant victimes de Jeffrey Epstein et de son entourage. Les faits évoqués impliquent notamment des agressions et des viols au 22, avenue Foch. Une enquête a d’ailleurs été lancée cette même année par le parquet de Paris sans que l’on sache aujourd’hui où en est la procédure.
A-t-elle été classée sans suite ou non ? La diffusion des Epstein Files aura eu le mérite de relancer l’affaire puisque l’association « Innocence en Danger » a appelé, courant du mois de février 2026, à la réouverture de l’enquête pénale en France « portant sur des faits de pédophilie et de prostitution impliquant des victimes mineures dans l’affaire Epstein ».
Une perquisition bien tardive
Sept ans après cette première alerte, les Epstein Files corroborent aujourd’hui ces récits restés dans l’ombre.
Dans un courrier daté du 20 mars 2012, on découvre par exemple que Jeffrey Epstein s’est rendu à Paris avec Woody Allen en mars 2012 pour ce qui était décrit dans la correspondance comme… une « convention de pédophiles ».
En outre, on découvre également, via les photos rendues accessibles par le DOJ, l’agencement curieux de l’appartement d’Epstein, qui possède exactement les mêmes propriétés que l’île de Little Island de J. Epstein (des caméras partout, des salles de massage…).
Mais surtout, on découvre qu’une perquisition a été menée dès 2019 dans cet appartement parisien sans que politiques et médias en aient fait grand étalage. Pourtant, on sait aujourd’hui, via le témoignage de Mathias Darmon, l’avocat de l’ONG « Innocence en danger », que les policiers ont été « sidérés » par ce qu’ils ont découvert dans cet appartement.
Plusieurs années après, on ne sait toujours pas quels sont les objets qui ont été saisis et quelles sont les constatations faites par les policiers au moment de cette perquisition. En revanche, on sait désormais que la perquisition de l’appartement de Jeffrey Epstein a eu lieu le 23 septembre 2019… soit des mois après l’arrestation du financier, arrêté en juillet 2019 en rentrant justement de Paris.

Capture d’écran U.S. Department of Justice (DOJ)
Comment expliquer un tel délai entre l’arrestation de Jeffrey Epstein et la perquisition de son domicile parisien ?
« C’est un des mystères de cette enquête », s’est étonnée Laurence Haïm, invitée de C dans l’air, le 30 décembre 2025. Et la journaliste d’ajouter : « Des gens ont pu tout à fait aller dans l’appartement prendre des choses ».
Un trafic d’enfants depuis la France ?
Y avait-il des éléments si ignobles qu’il fallait les cacher à tout prix ? Le doute est évidemment permis. D’autant qu’un dépôt de plainte officiel daté du 7 avril 2011 et retrouvé dans de labyrinthe des Epstein Files suggère qu’un trafic d’enfants – mineures, pauvres, prostituées par Jeffrey Epstein et des complices – était organisé depuis la France vers les États-Unis. (Notons que ces faits sont corroborés par un témoin au sein de la série Netflix « Jeffrey Epstein : Pouvoir, argent et perversion »)
Pour ne rien trahir des propos tenus dans ce dépôt de plainte, nous vous en livrons ci-dessous la traduction complète :
- Oui, il l’a fait. Il l’a fait tout le temps. La pire chose que j’aie entendue de sa propre bouche, c’était cette histoire de jolies petites filles de 12 ans qu’il avait fait venir en avion pour son anniversaire. C’était un cadeau d’anniversaire surprise de l’un de ses amis, et elles venaient de France. Je les ai vues, je les ai rencontré Jeffrey s’en vantait après coup, une fois qu’il les avait rencontrées : il disait qu’elles avaient 12 ans et qu’elles avaient été amenées de France parce qu’elles étaient vraiment pauvres là-bas, que leurs parents avaient besoin d’argent ou je ne sais quoi, et qu’elles étaient absolument libres de rester et qu’on les avait fait venir. C’étaient les pires. Il n’arrêtait pas de se vanter de l’âge des filles, ou de l’endroit d’où il les avait ramenées, ou de leur passé et à quel point leur passé était terrible, et à quel point il leur rendait service.
- JS : Où les filles de 12 ans ont-elles été amenées depuis la France ? Où sont-elles arrivées ?
- Palm Beach.
- JS : Et elles ont été amenées dans l’avion privé de Jeff, ou elles ont été transportées autrement ?
- Elles ont été transportées par quelqu’un d’autre.
- JS : OK. Est-ce que l’activité sexuelle qui se déroulait dans l’avion était menée de telle manière que l’un ou l’autre membre de l’équipage était au courant de ce qui se passait ?
- On leur disait de frapper s’ils devaient sortir, s’ils devaient venir dans la cabine. On leur disait, vous savez, de sortir le moins possible, pour que l’équipage ne sorte pas trop et ne traîne pas là-dedans à regarder tout ce qui se passait. Mais il ne faut pas être idiot pour faire le rapprochement : il y avait toute une bande d’adolescentes à moitié nues à bord avec un vieux mec qui se faisait constamment masser par elles, et il voulait que je garde la porte fermée pour une raison ou une autre. Je veux dire, eux seuls pouvaient faire le rapprochement mais oui, ils savaient.
Que sont devenus ces enfants ? D’où viennent-ils ? Comment ont-il atterris entre les mains de Jeffrey Epstein et de ses émissaires ? Le mystère reste pour l’heure entier, l’affaire ayant toujours, jusqu’ici, était présentée comme « une affaire américaine ».
Le milieu parisien secoué
Grâce aux « Epstein Files », les choses pourraient cela dit (enfin) changer. Car malgré les nombreux caviardages et les tentatives – avortées – de nombreux médias de présenter l’affaire comme un scandale étranger, ces publications auront eu le mérite de sérieusement secouer le petit milieu parisien passé jusqu’ici sous les radars. Politiques, acteurs, musiciens, écrivains… Le nombre de Français apparaissant dans les fichiers Epstein est considérable. D’aucuns parleraient même d’une liste à la Prévert.
Disons-le d’emblée : apparaître dans les fichiers Epstein ne signifie évidemment pas d’être impliqué dans le réseau pédocriminel d’Epstein. En revanche, cela indique sans ambages que le financier était un prédateur – au carrefour de tous les milieux – qui parlait à tout le monde : de la petite actrice des Tuches Clemence Biau à Jack Lang, en passant par Josiane Balasko et Emmanuel Macron.
Sans pourtant avoir de fonction officielle claire – mais en étant déjà officiellement sur la liste des délinquants sexuels depuis 2008 – Epstein était au cœur de tous les réseaux français.
Les dossiers Epstein révèlent par exemple comment le pédocriminel discutait « affaires » avec Emmanuel Macron en 2016, alors que ce dernier n’était encore que le ministre de l’Economie. Deux ans plus tard, en 2018, d’autres courriels révèlent comment le nouveau chef de l’Etat a demandé à Epstein de l’aider en matière de relations publiques et de gestion d’entreprise.
On découvre également comment l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire a rendu visite au financier (dans l’espoir de lever des fonds) dans son appartement de New York en septembre 2013, par l’entremise de l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy Olivier Colom. Ils révèlent également comment ce même Olivier Colom (cité plus de 2000 fois dans les fichiers) cherchait à « s’amuser » avec Epstein, entre New York et Paris, des années durant.
On pourrait encore citer, dans le désordre, le mathématicien Cédric Villani qui a reconnu avoir rencontré Epstein à son domicile parisien pour solliciter son aide car il souhaitait « financer un prix scientifique de mathématique en rapport avec la biologie et la complexité » ; Josiane Balasko qui a partagé à deux reprises en 2013 une tablée avec le milliardaire américain ; Michel Hazanavicius, le réalisateur d’OSS 117, qui a échangé de manière directe avec le pédocriminel de 2012 à 2014, tout en le rencontrant également lors de ses passages à Paris ; Consuelo Remmert, la demi-sœur de Carla Bruni, qui a eu des échanges nourris avec Epstein en 2010 (lui demandant, entre autres, ce qu’il pense de Kouchner) ; BHL (dont le cas n’est pas du tout évoqué par la presse) qui a rencontré Epstein à Dakar en 2011 avant de lui prêter gracieusement un théâtre, en 2015, pour une projection privée ; le chef d’orchestre Frédéric Chaslin, qui a eu un échange conséquent de mails avec Epstein de 2013 à 2019 (jusqu’à la fin donc), entrecoupés de nombreuses rencontres à Paris.
C’est d’ailleurs en prévision d’une de ces visites que Chaslin a assuré à Epstein, dans un courriel de 2013, lui « avoir trouvé une fille formidable pour son prochain séjour à Paris »: une étudiante en philosophie de 21 ans ». Les dossiers Epstein révèleront d’ailleurs le nom de cette jeune femme : Frederika Amalia Finkelstein, devenue, dans la foulée, la coqueluche du petit Saint-Germain-des-Près, avant d’être éditée chez Gallimard.
Des émissaires sur le sol français
Durant ces nombreuses années passées à Paris, Esptein aura donc su tisser sa toile au sein du petit milieu germanopratin. Au point, découvre-t-on, d’avoir ses propres émissaires sur le sol français. Deux noms reviennent ainsi régulièrement dans les fichiers Epstein : Jean-Luc Brunel (né Benchamoul) et Daniel Amar Siad.
Le premier, gérant de l’agence de mannequin MC2 Model Management jusqu’en 2019, aurait fourni pas moins mille filles à Jeffrey Epstein, qu’il a rencontré par l’entremise de Ghislaine Maxwell. Selon Virginia Roberts Giuffre, l’une des accusatrices de Jeffrey Epstein, l’agence MC2 (pour laquelle Epstein a d’ailleurs investi un million de dollars) était une couverture pour du trafic sexuel et « servait à fournir des jeunes filles à Epstein ».
Pour ce faire, Jean-Luc Brunel – qui s’est rendu à 25 reprises sur l’île d’Epstein entre 1998 et 2005 – a, semble-t-il, pu compter sur « l’aide » de Daniel Amar Siad, décrit, par Brunel lui-même, comme un « chasseur ou recruteur de filles et/ou de femmes pour J. Epstein » dans un mail de mai 2016. Six ans plus tard, en 2022, une Française a corroboré ces propos, racontant à la police comment elle était tombée entre les griffes de Jeffrey Epstein par l’entremise de Daniel Siad.
Notons qu’en 2009, un accord financier avait même été trouvé entre Jean-Luc Brunel et le franco-algérien Daniel Amar Siad. Dans un mail, transféré ensuite à Jeffrey Epstein, voilà ce qu’écrit Jean-Luc Brunel au sujet de Daniel Siad (désormais accusé de viol en France) :
« Dominique, Voici le numéro de compte bancaire d’Amar Siad. Nous lui verserons 3 000 euros par mois pendant 6 mois pour ses services de recrutement. Pour tous les mannequins qu’il nous enverra, nous lui verserons une commission de 5 % sur leurs revenus. Je suis en train de préparer un contrat écrit. Vous pouvez transférer l’argent dès maintenant. Merci. »
L’accord a-t-il été signé ? Daniel Siad était-il un rabatteur du pédocriminel en France ? C’est désormais à la justice de trancher, des magistrats référents ayant été récemment désignés afin d’examiner d’éventuelles infractions impliquant le kabyle dans cette affaire.
Le clan Lang
Il serait impossible de terminer ce dossier sans évoquer le clan Lang, dont la « troublante » intimité avec Jeffrey Epstein a largement été évoquée par la presse. Le nom de Caroline Lang, fille de l’ancien ministre de la culture français, apparaît des milliers de fois dans les fichiers Epstein. Celui de son père plus de 700 fois.
Selon Médiapart, Caroline Lang a notamment fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore dans les îles Vierges. Elle apparaît également sur le testament financier du criminel sexuel qui comptait lui léguer près de cinq millions d’euros.
De son propre aveu, la fille de l’ancien ministre de la Culture connaissait le passé criminel de Jeffrey Epstein rapidement après leur rencontre, ce qui ne l’aura pas empêché elle, mais aussi son père, de nouer une véritable amitié avec le financier.
Dans les documents dévoilés par le DOJ, on découvre ainsi que le clan Lang fréquentait Epstein depuis 2012. Et ce par l’entremise de Woody Allen. Depuis cette année-là, nombreux sont les mails où chaque famille s’invite chez l’autre, au restaurant, en vacances… jusqu’à partager l’avion privé d’Epstein. Quand Jeffrey Epstein souhaite acheter une maison à Marrakech, c’est vers Jack Lang qu’il se tourne pour l’aider dans cette démarche. Caroline Lang ira elle jusqu’à confier ses filles au criminel américain.
Elle participera également à étoffer le réseau d’Epstein comme le démontre un mail daté du 27 avril 2014, où elle écrit : « Comme je te l’ai dit, Jacques Attali donne un concert à l’IMA samedi soir pour une levée de fonds et, bien sûr, mes parents seront présents. Mon père aimerait savoir quand tu penses être en ville pour organiser une rencontre. Il se demande aussi si tu serais intéressé par une rencontre avec DSK. » Dans la foulée de ce mail, Epstein répondra : « Oui pour DSK », démontrant par là même à quel point la proximité du monde parisien avec le prédateur n’était pas accidentelle mais le produit d’un système réticulaire régit selon ses codes propres.
Lorelei Bancharel
26/02/2026


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