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Le vieux clivage gauche-droite ou l’hémiplégie républicaine certifiée

Le vieux clivage gauche-droite ou l’hémiplégie républicaine certifiée

par | 11 mars 2026 | Politique

Le vieux clivage gauche-droite ou l’hémiplégie républicaine certifiée

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Avec ce long texte enlevé, Guillaume d’Aram de Valada pourfend la droite, défendant l’idée que ce camp politique, entre renoncements et aventures douteuses, n’est que la force supplétive d’une gauche triomphante qui profite du jeu républicain.
Polémia

Origine historique du clivage gauche-droite

Il est parfois utile de revenir sur des clichés. Au fil du temps qui passe, certains ont la vie dure sans qu’on prenne le temps de savoir vraiment pourquoi. Se dire de « droite » ou de « gauche » aujourd’hui, pour quelle signification et quelle est son origine ?

Faisons un bref rappel historique. Ce clivage politique est concrètement né du renversement de la monarchie et plus particulièrement d’un certain 11 septembre 1789 où, au sein de l’Assemblée constituante nationale, deux conceptions du pouvoir diamétralement opposées vont donner naissance à cette dichotomie partisane. Celle-ci s’imposera comme une des pierres angulaires de notre bonne vieille République jacobine. Ce jour-là, il s’agissait surtout d’enfoncer définitivement le clou afin d’enraciner l’entreprise révolutionnaire. Avant que l’antique monarchie ne soit définitivement abolie, la question centrale du pouvoir royal devait être radicalement tranchée : permettre au roi d’user d’un droit de « veto absolu » sur le nouveau pouvoir législatif ou bien lui imposer un droit de « veto suspensif » le ramenant à un rôle d’observateur passif.

Dans cette Assemblée constituante, la répartition des forces en présence allait se définir de façon strictement géographique. Les partisans du droit de « veto absolu » donné au roi furent sommés de se tenir à la droite de la présidence, tandis que les tenants du droit de « veto suspensif » s’installaient tranquillement à sa gauche.

Après ce rappel succinct, il convient de bien saisir ce qui constituera durablement les fondements mêmes de deux camps censés conduire les destinées du nouveau pouvoir révolutionnaire :

  • Le fondement de la droite, celle de septembre 1789 : l’impératif de l’ordre et du consentement à l’autorité qui vient d’en haut.
  • Le fondement de la gauche : le rejet de toute autorité qui vient d’en haut au nom du mythe de l’émancipation et de la prétendue liberté de chacun de couper le cordon avec la tradition.

La question de la légitimité républicaine

Fort de ce rapide tableau, la république française serait-elle de droite ou de gauche ? Vaste question, diront les uns, totalement dépassée affirmeront les autres. Et pourtant, cette question reste justifiée puisqu’elle relève d’un pouvoir politique en place en France depuis plus de 150 ans.

Cela supposerait de définir ce qu’on entend par :

  • La Légitimité du pouvoir,
  • Le Pouvoir légitime,
  • Et la Légitimité républicaine.

Il ne s’agit pas ici de promouvoir une quelconque légitimité politique. Il s’agit surtout de souligner le formidable tour de passe-passe d’un système qui ne sait plus ce qu’il a vraiment à proposer d’autre que le ferment durable de la division en s’appuyant sur son histoire partisane et idéologique.

Positionner les clivages politiques selon une seule et même boussole revient à accepter de ne jamais remettre en cause les vertus de telle ou telle conception du « pouvoir légitime » ou de la « légitimité du pouvoir ».

Parler de légitimité en république, je vous l’accorde, relève d’un exercice difficile, et qui parfois, pour ne pas dire souvent, se perd dans le suffrage universel sans cesse détourné.

La droite comme auxiliaire de la gauche

Alors, la droite dans tout ça ? Que dit-elle ?

Au fil de ses démissions et de ses compromissions, son discours s’accorde à ce que lui dicte directement ou indirectement la gauche, la gardienne des fondamentaux. La droite, comme prisonnière d’un carcan idéologique qui ne devrait pourtant pas être le sien, se contente de s’opposer à la gauche en s’appliquant à se distinguer d’elle tout en lui donnant des gages de sa fidélité à la république.

La gauche se délecte alors et n’a pas grand-chose à opposer à son locataire de service, sauf à l’enfermer régulièrement dans une diabolisation chimérique de ce qui serait sa raison d’être en lui rappelant constamment qu’elle doit rester redevable à vie d’un régime qui ne sera jamais sa propriété.

Contentons-nous d’observer la droite depuis 50 ans. Depuis l’avènement du « libéralisme avancé », tout, ou plutôt rien ne s’est opposé aux idéaux de la gauche, bien au contraire. Ceux-ci ayant même parfois été dépassés sans même l’avoir demandé par les tenants de la « révolution permanente ». Il suffit de citer quelques exemples : l’immigration légale incontrôlée et le regroupement familial, le laxisme judiciaire, la non remise en cause des 35 heures, la discrimination à l’embauche, le mariage pour tous, l’avortement autorisé et prolongé à plus de 14 semaines, et bientôt le suicide assisté, pudiquement nommé « aide à mourir ».

Toutes ces lois, dites « sociétales », sont sorties ou ont été en grande partie enfantées par la gauche et ses laboratoires idéologiques. Et pas un gouvernement dit de droite ne les a remises en question, et pour cause, certaines ayant été proposées et votées par cette même droite dite « républicaine » ! Les têtes de gondoles en ont même rajouté dans une sorte d’obséquiosité maladive afin de se sentir continuellement irréprochable vis-à-vis du propriétaire des lieux.

Le summum, peut-être, de la comédie, c’est quand certains de ces supplétifs de « droite » osent se dire « conservateurs ». On atteint là le nirvâna du mensonge grimé en farce démocratique !

Vous l’aurez bien compris, ces positionnements dits de droite et de gauche sont la quintessence d’une imposture sémantique et idéologique. Tant est si bien que la droite, ou estampillée comme telle, ne saurait exister dans cette république sans y perdre définitivement son âme.

La « droite impossible »

Poursuivons. La droite est-elle impossible ? Qui ne s’est pas posé cette question, quand il s’agit de se déplacer, parfois les jambes lourdes et en trainant les pieds, au bureau de vote pour mettre son bulletin dans l’urne ?

J’avais lu le premier essai de Yves Marie Adeline en 1993, alors titré La droite piégée.

Cet essai, brillamment écrit, m’avait impressionné par sa pédagogie et par son argumentation implacable. La métaphore utilisée de la roue crantée et son cliquet qui empêche tout retour en arrière démontre de façon lumineuse le stratagème diabolique consistant à ne jamais remettre en question les acquis dits « sociaux et sociétaux » imposés par le régime en place, le tout sous l’orchestration de la gauche dominatrice.

Adeline, fort d’une expérience politique dans le secteur des collectivités locales, avait poursuivi en 2000 sa réflexion par une suite tout aussi intéressante, intitulée : La droite où on n’arrive jamais !

La droite était non seulement piégée, mais en plus, elle n’arrivait jamais. Le même auteur concluait sa démonstration en 2012 par un titre définitif : La droite impossible !

Le clivage « gauche, droite » semble donc s’être enraciné sans qu’il soit possible de le remettre en cause et surtout d’en démontrer ses limites et ses contradictions.

Tout ça est pourtant bien connu.

Néanmoins, cette question n’est pratiquement jamais évoquée, jamais débattue, du moins de façon sérieuse. Elle est totalement rejetée et enfermée à double tour dans un container en acier rouillé dont les clés auraient été volontairement perdues.

Et si « la droite est impossible », alors le système resterait-il la propriété exclusive de la gauche, seule gardienne de la « Légitimité républicaine » ?

Le citoyen piégé dans l’alternative républicaine

La droite est-elle compatible avec le système en place, avec la république, avec les valeurs dites de la république ?

Tant qu’on ne voudra pas répondre à cette question, nous serons régulièrement soumis au diktat de ceux qui veulent nous imposer leur vision de la Nation, de la patrie, de la tradition, de la société, de l’enracinement, de la transmission, de la famille, du bien commun et, maintenant, de la fin de vie.

La liste est longue.

Alors, de temps en temps, le citoyen va dans l’isoloir. Il en sort l’air dégagé pour déposer le précieux papier dans l’urne.

A-t-il voté pour la droite ou pour la gauche ?

Ou a-t-il voté exclusivement pour la gauche, sans le savoir, comme à chaque fois ?

Au rythme de la ritournelle médiatique, on entend sans cesse parler de la « gauche républicaine » et de la « droite républicaine » !

Faudrait-il entendre par là qu’il y aurait d’autres gauches et d’autres droites, pas républicaines, celles-là, et par conséquent infréquentables et inassimilables à la République ? Élémentaire mon cher Watson !

Il faut bien le dire, à force d’entretenir cette hémiplégie partisane, la république est à bout de souffle ! Alors qu’elle semble être arrivée au bout de son tunnel, elle se raccroche à ses brindilles et à ses baudriers comme terrorisée à l’idée qu’on puisse lui voler sa légitimité, de gauche !

Mélenchon ne hurlait-il pas : « La république, c’est moi ! »

Et pourtant, pourquoi aurait-elle peur ?

Elle peine visiblement à trouver un nouveau souffle. « Mais que peut un changement d’air quand on porte l’asphyxie dans ses poumons », comme l’écrivait si bien Gustave Thibon ?

Alors, comme dans un laboratoire, il faut régulièrement remplir le dé à coudre pour tenter de légitimer la « gauche républicaine » et accessoirement la « droite républicaine », son hypothétique contraire.

La stratégie de l’entrisme

Pour tenter d’inverser, d’infléchir, de durcir, voire de légitimer un peu plus ce même positionnement politique partisan, certains esprits malins nous parlaient dans les années 70 et 80 de faire de l’entrisme en politique, autrement dit d’investir les partis politiques pour les « solidifier » idéologiquement !

Les uns pour pousser toujours plus loin leur avantage et rendre encore plus indépassable l’idéologie dominante. Ce sera l’entrisme à gauche.
Les autres pour ramener le curseur vers la droite, celle du 11 septembre 1789, tout en ménageant les susceptibilités du propriétaire. Ce sera l’entrisme à droite.

Les trotskistes, en bons gardiens zélés du système, semblaient les maîtres en la matière, eux qui, sur deux générations, nageant comme des poissons dans l’eau républicaine, avaient squatté le parti socialiste et toutes ses courroies de transmission. Il suffisait juste de faire monter toujours un peu plus le cliquet dans la roue crantée du pouvoir des idées.

Sur l’autre rive du fleuve, de brillants quadras, pour certains anciens militants nationalistes d’Occident, se donnaient, paraît-il, les mêmes objectifs, comme à la recherche du temps perdu, en se donnant pour objectif de redonner à la droite son pouvoir d’influence et sa capacité à gouverner durablement.

Et qu’en est-il aujourd’hui ?
Que sont devenus ces flibustiers de la 25ème heure, ces forbans au panache plus que lettré ?

Les trotskistes sont pratiquement tous devenus libéraux compatibles, libertariens au rabais et, surtout, engraissés aux menus copieux de la république. Ils ont au moins réussi, ce n’est pas négligeable, à distiller leur venin multiculturaliste et leur vocabulaire à 100 mots, véritable catéchisme pour un aréopage de décérébrés.

Mélenchon, lui aussi, avait cru en son temps à cet entrisme de circonstance, à l’ombre de François Mitterrand, comme sénateur socialiste et en profitant de l’assiette au beure grassement garnie du palais du Luxembourg.

Il en avait tiré une conclusion toute personnelle : il était le seul à pouvoir entretenir encore l’illusion de la pureté doctrinale républicaine, internationaliste avec sa « créolisation heureuse » de la France d’après-demain. Pour lui, l’entrisme c’est dans « les territoires perdus de la république » qu’il faut le mener, le reste est subalterne. Il faut au moins lui accorder le bénéfice de la cohérence idéologique.

Pour ses anciens camarades, les bolcheviques germanopratins, premières escouades de la révolution permanente, où les a amenés l’entrisme ? Des plats en sauce au Palais du Luxembourg jusqu’aux délits d’initiés à la corbeille, de la rue Solférino aux voyages tous frais payés par la république pour des causes inutiles !

Quant à nos « quadras », et octogénaires aujourd’hui, anciens nationalistes à la croix celtique jetée aux oubliettes de l’histoire, c’est bien pire ! Leur entrisme leur a surtout servi à garnir leur carte de visite en espérant s’octroyer quelques postes ministériels confortables. Dès leur arrivée dans les partis, gaulliste et giscardien, ils n’ont rien fait ou si peu, si ce n’est de se vider, de fond en comble, de toutes convictions les rattachant à leur idéal de 20 ans qui, ne leur déplaise, résistait à ce qui se décline depuis plus de 40 ans, avec leur pathétique complicité !

Ils s’étaient crus des agents dormants dans un système qu’ils comptaient conquérir idéologiquement, et ils se sont endormis, dès les amuse-gueules, en épousant les idées de ceux dont ils se prétendaient les adversaires, tout en s’excusant régulièrement de leur passé militant nationaliste.

Piètre résultat pour des sabreurs cupides en quête d’honorabilité !

Ils s’imaginaient élaborer la stratégie de leurs idées, sabre au clair, et ils finissaient vautrés et repus en épousant en grande partie les idées de ceux qu’ils s’imaginaient pouvoir remplacer.

La citation de Paul Bourget trouve ici toute sa pertinence : « Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on a vécu. »

Que reste-t-il de ses « aventuriers » de l’entrisme en politique ? Rien ou si peu.

L’union des droites ou le triangle des Bermudes.

L’union des droites comme nouvelle illusion

La future campagne des présidentielles n’est pas encore officiellement lancée que les gazettes et autres tubes cathodiques entretiennent une autre sorte de parkinson mental alimentant un peu plus le miroir aux alouettes. La machine à chimères est ressortie du placard, et « l’union des droites » fait à nouveau rêver les cénacles parisiens. Les seuls à y croire vraiment sont les éternels policés, bien mis, bien comme il faut, bardés de souvenirs de manifestations ayant accouchées d’une souris verte. Et les médias, bien comme il faut, nous resservent ce vieux plat frelaté, comme si l’indigestion n’avait pas déjà fait son œuvre.

Bon, passons, revenons à notre sujet initial.
Si la droite est impossible en république, l’union des droites, par contre, serait-elle possible ? Pour répondre à cette question lancinante, il faut remplir consciencieusement le dé à coudre, retenant notre respiration jusqu’à l’asphyxie et en songeant à la prochaine tempête dans un verre d’eau !
Bon, alors, allons-y gaiement !

Pour l’union des droites molletières, tout est prêt pour la sarabande !

Et qui seront les têtes de gondole de cette union des transparents ?

Qui ?

Une chose est sûre dans ce remake du « bal des faux culs », l’ambiance devrait être bien animée et les préposés ne seront pas à l’orchestre !

Rien de nouveau sous le soleil jacobin où le relativisme règne en maître en mystifiant la réalité du quotidien.

La « droite supplétive » joue à Colin-Maillard pendant que la gauche joue au pendu et que le camp dit national semble tétanisé à l’idée de se voir diaboliser, sans savoir vraiment qui serait le diable.

À l’arrivée, c’est la gauche qui décroche la timbale.

Quel que soit le nombre des compétiteurs à la magistrature suprême, le véritable enjeu sera vraisemblablement, une fois encore, escamoté au profit d’un jardin d’Eden républicain illusoire et sans cesse renouvelé.

Allez, rassurez-vous, messieurs de la droite introuvable, la gauche morale gardienne du temple a encore plus d’un tour dans son sac et des michetons appointés qui protègeront le tripot jusqu’au dernier tour de piste. Du coup, pour vous détendre un peu, vous pourriez aller visiter le musée des automates de Limoux. Vous y trouveriez peut-être une droite pas trop désarticulée. Une droite qui tournerait de droite à gauche, de gauche à droite, en sifflant servilement la marseillaise. Mais j’ai surement mauvais esprit.

Pour clôturer mon propos quelque peu iconoclaste, voire provocateur et réducteur penseront certains, je ne vois pas de meilleure sentence que celle d’Antoine de Rivarol. En voilà un qui en connaissait un rayon sur la centrifugeuse : « Dans l’auguste assemblée, chacun peut voir pourquoi ça ne va pas : le côté droit est toujours gauche, le côté gauche n’est jamais droit ! » Antoine de Rivarol, Les actes des apôtres, (1789-1791).

Guillaume d’Aram de Valada
11/03/2026

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