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Affaire Renault : le bal des nuisibles

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Philippe Christèle, consultant international.

♦ Alors que le gouvernement allemand soutient mordicus et de toutes ses forces le constructeur Volkswagen, dont il est démontré qu’il a sciemment triché pour réduire les mesures d’émissions polluantes, le gouvernement français, lui, poursuit de son zèle imbécile et moralisateur les constructeurs hexagonaux via une campagne de mesures pour s’assurer des conformités techniques et donner le beau rôle à M. Macron et Mme Royal en ces temps de post-COP21.

Hauts fonctionnaires, journalistes et syndicalistes viennent de rejouer avec délice, sous nos yeux ébahis, leur célèbre partition qui consiste à détruire l’industrie française.


Une enquête est donc diligentée chez Renault, suite à la dénonciation d’une ONG allemande (on ne rêve pas !). Bercy donne le maximum de relief à des contrôles de la DGCCRF, l’un des services de ce beau M. Macron qui prétend soutenir l’entreprise et l’industrie, se pavane à Las Vegas au CES (Consumer Electronics Show)pour parfaire son carnet d’adresses et préparer sa « vie d’après » aux frais du contribuable, mais refuse de s’occuper des monstrueux chantiers de simplification administrative ou au toilettage de notre soviétique Code du travail.

Notre brave CGT nationale souffle alors sur les braises et joue le lanceur d’alerte pour de minables calculs de positionnement interne, et passe la balle aux journalistes prompts à flairer le scandale et à raconter n’importe quoi, quoi qu’il en coûte aux réputations des entreprises concernées.

Résultat immédiat : chute du cours de Renault de 20 % mais surtout affaiblissement de sa crédibilité sur un marché où la concurrence est féroce. Pire encore : PSA Peugeot Citroën dévisse d’autant et se voit assimilé à ces rumeurs de tricheries alors qu’il est notoire qu’il est l’industriel le plus propre et le plus innovant du secteur !

On nous dit pourtant que de nombreux autres constructeurs sont visés. Mais ce ne sont que les deux noms des constructeurs nationaux qui sortent, cités par les ministres français, relayés par les organes de presse français.

Les crânes d’œuf de Bercy auront fait coup double dans leur incompétence soumise au politiquement correct du terrorisme écolo : en affaiblissant les deux entreprises, donc leurs salariés et ceux de leurs sous-traitants, ils ruinent un peu plus encore le contribuable puisque l’État lui-même est actionnaire de ces entreprises, à près de 20 % de Renault et plus de 14 % de PSA.

Quel suicide ! Dans quel autre pays du monde peut-on observer de tels comportements suicidaires lorsqu’on laisse faire des fonctionnaires irresponsables des conséquences de leurs actes ? Nulle part ailleurs que dans la bonne vieille exception française …

Le plus drôle – et qui nous renseigne encore plus sur les compétences de super-Macron – est que l’État français voulait justement vendre quelques actions Renault pour financer le sauvetage d’AREVA qui va coûter, après la vente des bijoux de famille du groupe et dépeçage, la bagatelle de 3,5 à 4 milliards d’euros au contribuable. Sauf qu’aujourd’hui, elles sont invendables sauf à enregistrer une moins-value qui ferait tache.

AREVA, ça ne vous dit rien ? Encore une belle histoire de hauts fonctionnaires arrogants qui finissent patrons de presse après avoir saccagé leur entreprise et obtenu une paix sociale achetée à prix d’or à des syndicats politisés.

Philippe Christèle
17/01/2016

Source : Boulevard Voltaire.fr

Correspondance Polémia – 18/01/2016

Image : Renault Talisman