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Un « atout » Harlem Désir injustifiable

Un « atout » Harlem Désir injustifiable

par | 12 avril 2014 | Politique

« Que François Hollande et Manuel Valls n’aient pas mesuré la portée dévastatrice de l’exfiltration ministérielle du patron du PS est symptomatique du fossé séparant l’opinion publique de sa représentation politique. »

♦ Cet éditorial de la Charente libre, une des bonnes presses régionales, est intéressant par sa franchise et sa virulence à l’égard du pouvoir en place, totalement décalées par rapport au style sucré des « ténors » du journalisme parisien.
Polémia


Jugeant sans doute que son tout nouveau secrétaire aux Affaires européennes était la cible d’un dénigrement outrancier, Manuel Valls a jugé utile de s’ériger en défenseur d’Harlem Désir qu’il a vanté comme un « atout » pour le gouvernement compte tenu de son expérience de près de 15 ans au Parlement européen.

Mais le Premier ministre ne s’est guère étendu sur les raisons de son choix, ni sur le fait incontestable que l’ancien patron du PS, et jusque-là tête de liste aux prochaines élections européennes, avait surtout brillé par son absence lors des votes de ces dernières années à Bruxelles ou Strasbourg. Comme si la promotion d’Harlem Désir allait de soi après deux ans de direction contestée au PS, la Berezina socialiste aux municipales et les promesses réitérées d’une gouvernance exemplaire.

La question de savoir si Harlem Désir fera un bon ministre est certes largement accessoire. En douze ans le portefeuille des Affaires européennes a changé autant de fois de titulaire, et le dernier en date, Thierry Repentin, est loin d’avoir laissé un souvenir inoubliable. Et, alors que l’essentiel des relations avec Bruxelles se jouait déjà entre l’Elysée et Bercy, François Hollande vient encore de muscler son dispositif européen en appelant au secrétariat général son vieil ami Jean-Pierre Jouyet, un temps débauché par Nicolas Sarkozy pour entrer au gouvernement Fillon en charge de l’Europe.

L’importance marginale d’Harlem Désir dans le gouvernement Valls n’excuse en rien la faute politique injustifiable que constitue sa promotion-sanction de la rue Solferino au placard doré des Affaires européennes. Le message ainsi envoyé aux Français est calamiteux qui prête le flanc aux contempteurs de la République des « copains » et conforte la cohorte des électeurs se préparant à faire des prochaines élections européennes un nouveau vote « sanction ». Que François Hollande et Manuel Valls n’aient pas mesuré la portée dévastatrice de l’exfiltration ministérielle du patron du PS est symptomatique du fossé séparant l’opinion publique de sa représentation politique.

Dominique Garraud
Editorial
11/04/2014

Source : Charente Libre du 11/04/2014

Correspondance Polémia – 12/04/2014

Image : Harlem Désir, secrétaire d’Etat

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