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Après Benalla, une affaire Borello ?

Après Benalla, une affaire Borello ?

4ème Forum de la Dissidence le 17/11 à Paris : la billetterie est ouverte !

Par Françoise Monestier, journaliste pour Présent ♦ La nomination imminente, par décret du président de la République, du nouveau procureur de la République qui remplacera François Molins, parti à la retraite, confirmera s’il en était besoin l’exercice vertical du pouvoir d’Emmanuel Macron qui s’est rendu le 4 octobre prochain (date de la promulgation de la promulgation de la Vème République en 1958) sur la tombe du général de Gaulle, histoire de vouloir marcher dans les pas de celui qui mit la justice, réduite à une « autorité » , à son service et musela l’information au point de créer un ministère dévolu à cette tâche.


S’agissant de la justice, Macron, défenseur acharné et protecteur des sémillants braqueurs de Saint-Martin, se serait opposé aux trois prétendants au poste de François Molins initialement retenus par Nicole Belloubet, qui obéit au doigt et à l’œil au maître des horloges élyséen. Car ce dernier a tout intérêt, par les temps qui courent, à avoir un procureur à sa botte, prêt à s’activer quand il faudra mettre à terre telle ou telle opposition, mais prêt également à fermer les yeux sur les égarements présidentiels, voire à les couvrir.

L’affaire Benalla et les relations interlopes de ce dernier réservent encore bien des surprises. Quant à  la nomination de Philippe Besson comme consul de France à Los Angeles, elle n’en finit pas de faire des vagues. Enfin le récent marché de la déradicalisation (Paris et Marseille pour l’instant) confié un ami proche, le sulfureux  homme d’affaires Jean-Marc Borello condamné en 1999 à six mois de prison avec sursis pour « avoir facilité l’usage illicite de stupéfiants » quand il était PDG du Groupe Palace, propriété de la chanteuse Régine Zylberberg alias Régine, promet – pourquoi pas ? – des suites judiciaires qui  nécessiteront  un procureur  sinon complaisant, du moins compréhensif.

 Le fait du Prince

Désireux de renvoyer l’ascenseur à Philippe Besson, qui avait ressenti un « élan mystique » doublé d’une « illumi-nation » en le regardant à la télévision, le 30 août 2016,  et qui avait fait un récit énamouré de la campagne présidentielle dans un récit qui fit  un véritable flop, Emmanuel Macron  a fait passer en pleine torpeur estivale un décret rajoutant 22 postes de consuls généraux à la liste des emplois « pour lesquels la nomination est laissée à la discrétion du gouvernement ». Et voilà Philippe Besson,  ami du couple présidentiel et polygraphe mondain habitué à faire ses confidences au mensuel homosexualiste Têtu récompensé  par une nomination de choix au consulat de France à Los Angeles (voir Présent du 1er septembre). Manque de bol pour lui, cette dernière n’est pas du goût du syndicat  CFDT du quai d’Orsay qui n’apprécie pas une telle récompense. Elle  figurait cependant en filigrane dans les propos que tenait Macron à la  brasserie de la Rotonde — au soir du premier tour des Présidentielles — quand il avait déclaré : «  Je protégerai les faibles et célébrerai les braves. C’est la France que je veux. » Pari gagné  dix-huit mois plus tard avec cette distinction hors normes et l’intolérable tolérance dont il vient de faire preuve à Saint-Martin en s’exhibant au côté de repris de justice à moitié  dévêtus et narguant ouvertement l’autorité quelle qu’elle soit.

« Le vrai patron de Macron »

S’agissant du magnifique cadeau fait à l’affairiste Jean-Marc Borello qui rafle la mise en emportant un marché très convoité, vu l’échec de la déradicalisation dans notre pays qui refuse la méthode forte au profit d’opérations poudre aux yeux destinées à endormir les foules et surtout à ne pas se mettre à dos la communauté musulmane, on ne peut que trouver dans ce choix la marque déposée du macronisme : le culot comme règle de conduite. Sacré « pape de l’économie mondiale et solidaire », président du Groupe SOS qui affiche 900 millions d’euros de chiffre d’affaires, Borello, en lequel Le Point voit « le vrai patron de Macron » a eu plusieurs vies avant d’enseigner à Sciences Po Paris dans les années 2000 et de préparer un  certain Emmanuel Macron à l’épreuve de « Questions sociales » du concours de l’ENA. Le courant passe tellement entre les deux hommes que Borello fait partie en 2016 des neuf « muses » ou plutôt des neuf délégués nationaux triés sur le volet par Macron pour marteler le message mondialiste du futur président et préparer le terrain. En janvier 2017, les cosmopolites du Forum de Davos lui décernent le prix décerné par le Fondation Schwab (fondateur du Forum) de l’entrepreneur social de l’année.

Un sacré personnage au parcours accidenté

Né en 1957, titulaire d’un simple bac, Borello fait ses classes à la mairie de Marseille. Il prend très vite la direction de Paris et devient un spécialiste de la lutte contre la toxicomanie, rejoint le cabinet de Gaston Defferre au ministère de l’Intérieur pendant deux ans pour finir à la Délégation chargée des nouvelles formations dans le cabinet de Laurent Fabius. Parallèlement à ces activités politiques, il fonde en 1984 avec Régine SOS Drogue International tout en gérant son parc hôtelier dont le fameux Palace et le Pavillon Ledoyen. Il fut également, avec la juge Eva Joly ou le conseiller d’Etat Philippe Sauzay, administrateur de l’Institut des Tourelles, célèbre centre pour mineurs délinquants qui prônait la rééducation par le « beau et le merveilleux » — en clair « la thérapie par le luxe ». Manque de chance pour son directeur Robert Mégel, fonctionnaire de la Protection judiciaire de la jeunesse,  plusieurs jeunes pensionnaires portèrent plainte contre lui pour viols et attouchements sexuels. Condamné à onze ans de prison en 2004, il fut défendu par de nombreuses personnes. Dont Borello.

SOS aux multiples visages

Le groupe SOS Drogue International créé par la chanteuse et Borello avait pour but au départ d’aider les drogués mais s’intéressa très vite aux malades du SIDA et développa des structures d’insertion et d’accueil en travaillant avec Pierre Bergé ou Jean-Luc Romero. Ce groupe devient très vite une entreprise qui prend le nom sobre de SOS et se trouve aujourd’hui à la tête de plus de 405 établissements, parmi lesquels des organisme d’insertion, des boutiques de commerce équitable, des centres éducatifs pour jeunes, 70 maisons de retraite et 9 hôpitaux. Il était  secondé jusqu’à récemment par un jeune loup de la Finance, Nicolas Hazard,  élu  Young Leader en 2015, et qui copine aussi bien avec Hidalgo en sa qualité de Président du Conseil stratégique de Paris que de Valérie Pécresse avec laquelle il fricote à la Région Ile de France !

Quant à SOS Solidarités, un des maillons de la chaîne Borello, il a participé à la répartition des clandestins de Calais dans nombre de villages de notre pays. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que pour Borello «  l’accueil des migrants n’est pas une charge mais une chance. Il y a des emplois dont personne ne veut. Ils sont capables de s’intégrer. Il faut mettre en place les conditions pour cela ».

Vous avez dit déradicalisation ?

Imaginé après l’égorgement du père Hamel à Saint-Etienne du Rouvray  et l’échec cinglant du centre de déradicalisation de Pontourny, le dispositif RIVE (Recherche et intervention pour les violences extrémistes) était piloté jusque là  par l’Apcars, une association de réinsertion sociale qui travaillait en liaison avec des magistrats antiterroristes  et commençait à obtenir certains résultats. A l’annonce de la décision du gouvernement Philippe de changer de prestataire, ce fut la douche froide. Les futurs « clients » de Borello sont sûrs d’une chose. A défaut d’être déradicalisés, ils deviendront de futurs esclaves de son système  qui les recyclera dans une de ses nombreuses entreprises pour le plus grand bonheur du capitalisme financier dont il est la parfaite caricature.

Françoise Monestier
20/10/2018

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Capture d’écran d’une vidéo Youtube


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