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Silence, les vieux ! Place aux jeunes

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Michel Geoffroy, essayiste.

♦ Reconnaissons que cette adresse lancée contre les « vieux » par Michel Geoffroy est cynique, virulente, acerbe, mais finalement factuellement assez juste. C’est un phénomène purement générationnel, qui d’ailleurs touche l’auteur lui-même, tout jeune retraité à l’âge légal.

Cette analyse sous son aspect sévère ne doit pas choquer, elle découle de phénomènes purement biologiques. On retrouve cette frontière des 65 ans dans beaucoup de domaines, sans que cela heurte les âmes sensibles.
Polémia


La plupart des sondages montrent que le FN obtient ses plus mauvais scores dans la tranche d’âge des électeurs de plus de 65 ans : selon les différents instituts il se situe dans cet électorat en moyenne à 10 points en dessous du reste de la population (*). Par contre, le FN obtient ses meilleurs scores dans la tranche 18/34 ans (29,5% lors des régionales de 2015 selon Opinion Way) et surtout 25/34 ans (33% des suffrages).

Cette différence est symptomatique du choc générationnel qui s’annonce en Europe en général et en France en particulier. Car les plus de 65 ans ont tout raté : ils n’ont réussi qu’à transmettre un désastre à leurs petits-enfants. Et ces derniers le savent.

La génération qui a tout lâché

La génération des plus de 65 ans est en effet celle qui a tout lâché.

Elle a lâché l’empire colonial et abandonné l’Algérie. Grâce à elle, faute d’avoir défendu l’Algérie française on a la France algérienne et le chaos africain. Mais heureusement les plus de 65 ans ont profité de leurs télés, de leurs tables en Formica, de leurs chaînes stéréo, de leurs barres d’immeubles et de leurs supermarchés !

Car les plus de 65 ans ont préféré vivre en social-démocratie et à crédit.

Et ils nous lèguent une France où le taux d’imposition est l’un des plus élevés du monde, où les services publics sont plus chers et de moindre qualité que chez nos voisins et où l’immigration musulmane est la plus forte. Merci les papys et les mamies !

La génération égoïste

Les plus de 65 ans ont bénéficié dans leur jeunesse du plein emploi, d’une croissance forte et d’une inflation élevée qui leur a permis de rembourser rapidement leurs dettes et de faire fructifier leurs économies. Dans les années Mitterrand, ils ont profité pleinement, en outre, des privatisations pour se constituer un capital.

Mais ils se sont empressés d’abdiquer une bonne part de la souveraineté nationale au profit du machin appelé Union européenne qui repose justement sur des principes inverses : croissance faiblarde, pas d’inflation et beaucoup de chômage. Tant pis pour leurs petits-enfants !

La génération qui a abandonné la nation

Les plus de 65 ans ont choisi de rompre le fil des générations.

Ils ont choisi l’avortement, ce qui fait qu’il paraît que Simone Veil serait leur « personnalité préférée ». Mais ce qui fait surtout qu’ils légueront à leurs rares petits-enfants des dettes sociales à n’en plus finir et une immigration de peuplement catastrophique.

Mais, par contre, eux ont bénéficié de la natalité des années cinquante, ce qui leur a permis de profiter pleinement de la Sécurité sociale. Et comme ils vivent vieux car ils ont été bien « remboursés » par ladite Sécu, ils ont poussé à la surmédicalisation de notre société, avec les dépenses sociales qui vont avec, mais que payent leurs enfants et leurs petits-enfants. Merci les papys et les mamies !

Les plus de 65 ans ont aussi laissé s’écrouler l’Education nationale et la Culture car ils ont trouvé sympas les idées soixante-huitardes qui leur ôtaient le fardeau de l’autorité et de la transmission intergénérationnelle : une façon de retirer l’échelle derrière eux ! Ils ne se sont mobilisés que pour défendre l’école libre en 1984, c’est-à-dire pour mettre leurs seuls enfants à l’abri du désastre. Tant pis pour les pauvres !

Les plus de 65 ans ont enfin ouvert toutes grandes les portes de l’immigration, car ils trouvaient serviable leur épicier marocain ou leur aide-ménagère camerounaise. Et comme ils passaient leurs vacances à Djerba et qu’ils avaient les moyens de jouer les touristes, ils aimaient bien les étrangers. Mais ce faisant, ils nous ont légué Daesh et les tueurs du Bataclan.

Car ils sont restés obstinément sourds aux avertissements qui, dès le début des années 1970, mettaient en garde contre les dangers de cette politique. Les papys et les mamies étaient dûment prévenus mais ils ont laissé faire. Merci bien !

La génération qui a fait le choix de la médiocrité

Enfin, cette génération n’a eu de cesse de porter ses suffrages sur les partis qui nous ont menés au désastre.

De Gaulle, avec ses idées de grandeur et d’indépendance, finissait par les ennuyer, voire les inquiéter et Pompidou les barbait.

Déjà, en 1965, ils se laissaient séduire par Lecanuet, le candidat des atlantistes aux belles dents blanches, qui ouvrirait plus tard la voie à Giscard, le « libéral avancé » et son accordéon. Puis ils ont préféré Mitterrand, Chirac et Sarkozy. En 2012 ils ont permis l’élection de François Hollande. Ils se préparent, paraît-il, à voter Juppé en 2017, le digne successeur de cette belle lignée : ils préfèrent, en effet, les jeunes de 71 ans qui ne les mèneront surtout pas à « l’aventure »…

Soyons juste : il y a effectivement des personnes de plus de 65 ans qui ont essayé toute leur vie d’empêcher la chute de notre pays. Mais ils restent une minorité qui au surplus a été diabolisée, insultée et réduite au silence par la majorité des autres papys et mamies, car ils troublaient leur belle digestion.

Le cycle des nuls s’achève

Aujourd’hui, des papys et des mamies, sans doute rongés par un vague remords, jouent aux dissidents en faisant bon accueil aux livres de Zemmour ou de de Villiers. Ils sont, en effet, contents de lire que la France s’est « suicidée » alors qu’en réalité ce sont eux, les papys et les mamies, qui l’ont assassinée, par leur aveuglement, leur égoïsme ou leur lâcheté. Ils se sont rendus coupables, à tout le moins, de non-assistance à nation en danger.

On pleurniche en chœur, mais un peu tard, sur les conséquences dont on n’a eu de cesse de chérir les principes, aurait pu dire Bossuet.

Le cycle lamentable des plus de 65 ans a commencé par le désastre de 1940. Il s’achève symboliquement sur un nouveau désastre français et européen.

Car cette génération a tout raté : elle a dilapidé les fruits de la victoire de 1945, de la décolonisation, de la chute du communisme, tout en trahissant l’idée européenne. Elle n’a réussi qu’une chose : nous faire sortir de l’histoire en nous inféodant à l’Oncle Sam. Merci pour ce moment !

Aujourd’hui les jeunes restent au milieu des ruines, des dettes et des mosquées que leur ont léguées les plus de 65 ans. A eux les décombres et le sale boulot qui s’annonce.

Alors, les vieux, vous pourriez au moins avoir la décence, à défaut de la contrition, de vous taire. En 2017, laissez faire les jeunes !

Michel Geoffroy
1/03/2016

(*) Voir notamment le baromètre TNS Sofres de 2014 de l’image du FN en 2014.

Correspondance Polémia – 2/03/2016

Image : Papy et mamy : «  Adieu l’Empire colonial et bienvenue la télé »