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Pseudo homoparentalité, acmé de l'antiracisme

Pseudo homoparentalité, acmé de l’antiracisme

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Avec le mariage homosexuel que le pouvoir met en place s’impose la question de l’adoption d’enfants, qui va devenir de droit, par ces couples ainsi légalisés. Madame Taubira, ministresse de la Justice, a déclaré (1) : « Il n’y a pas de raison que les enfants des couples hétérosexuels bénéficient d’une sécurité juridique, tandis que les enfants d’homosexuels n’en bénéficient pas. C’est cela que nous corrigeons. ». Or, il y a bien évidemment une raison qui déborde dans l’oxymore énoncé avec tant d’aplomb. On est gêné de la rappeler, en frisant les foudres de la loi Perben II contre les discriminations à l’encontre des homosexuels : deux êtres de même sexe en couple ne peuvent pas être parents ; deux êtres de même sexe ne peuvent pas procréer et donc ne peuvent pas avoir des « enfants » ! Tout au plus, en présence d’un enfant, peuvent-ils se livrer, de façon infantile, à un jeu de rôle du papa et de la maman… Alors ? E.D.


La lignée, base de la société depuis la nuit des temps

J’ai déjà écrit sur ce site (2) que l’adoption ne fut longtemps qu’une institution subsidiaire, reprise du droit romain, qui, pour le Code civil, permettait à des adultes d’âge mûr et en tant que tels réputés ne pas pouvoir avoir d’enfant d’y substituer un autre adulte plus jeune. Tout ceci, sans que l’adopté ne rompe ses liens formels avec sa famille par le sang, cadre social traditionnel s’il en est. Doublement subsidiaire donc, puisque suppléant d’une part l’absence d’enfant de l’adoptant ou des époux adoptants et, d’autre part, sauvegardant les liens du sang de l’adopté.

Il y avait bien évidemment beaucoup de gens malheureux de ne pas avoir d’enfant (ils pouvaient toujours en solliciter la garde aux œuvres sociales). Mais il n’y avait pas de droit à l’enfant, quelles que puissent être les affres du mal d’enfant des uns ou des autres. (Jusqu’à la constitution du PACS, en 1998, l’État ne considérait pas l’amour comme compétence régalienne). L’impératif de la lignée, qui remontait tout de même à la pré-histoire, était considéré comme l’ordre supérieur nécessaire pour le renouvellement des générations dans toute société, essence des nations (natus, natio, communauté de naissances). Pour désigner le principe de cet ordre universel et intemporel, un mot était d’ailleurs utilisé, avant les théories raciales : c’était celui de race au sens de la lignée (cf. Littré). La lignée est maintenant remise en cause, compte tenu de l’individualisme exacerbé et de son corollaire qui est le rejet des discriminations (lequel a emporté notamment en quelques années, dans son égoïsme humanitaire, l’ancestrale préférence nationale au point d’en faire un délit).

Loi dure, mais ressentie comme évidente, puisque même les enfants abandonnés ou adoptés selon les nouvelles procédures (voir infra) ont une propension, généralement reconnue, à rechercher leur origine biologique. Et il est probable que l’enfant réputé légitime de deux époux homosexuels aspirera plus que quiconque à rechercher l’être de l’autre sexe à qui il doit la vie…

La question du marché de l’enfant

Pour s’en tenir à notre pays, la possibilité d’adopter des enfants, c’est-à-dire des mineurs, ne remonte qu’à 1923, compte tenu du grand nombre d’orphelins de la Grande Guerre. En 1939 un décret-loi, qui sera suivi d’une loi dans le même sens en 1963, a créé la légitimation adoptive, permettant aux couples mariés et sans enfants d’adopter des mineurs (de moins de sept ans alors), avec cette fois rupture de tout lien formel avec leurs géniteurs.

Aujourd’hui, avec l’adoption plénière, ce type d’adoption est devenu la règle (l’âge minimum a été relevé) mais, surtout, la nouvelle institution n’est plus réservée aux personnes sans enfant malgré leur âge mûr. Elle permet l’acquisition de mineurs coupés de toute racine ou origine et mis en concurrence avec des enfants légitimes ou naturels, pour le nom, les titres et l’héritage.

En d’autres termes, l’adoption a tellement évolué que de subsidiarité prudente au sein du système de la lignée elle est devenue un mode d’acquisition de l’enfant perçu comme tout aussi normal, ni plus ni moins, que la procréation. L’un et l’autre, plus que jamais aujourd’hui, présentés comme une simple question de circonstance et de hasard… Sous l’empire des droits de l’homme, nul n’existe plus que comme individu, sans nature collective spécifique, sans racine. L’enfant supposé susceptible d’être acquis est un être indifférencié, pour ainsi dire fongible, c’est-à-dire un objet de consommation interchangeable.

Cette idée individualiste du droit à l’enfant de compagnie donne toute licence au mode d’acquisition de l’enfant, aussi légitime-t-il dans les esprits contemporains un marché des enfants, marché mondialisé. Les grandes catastrophes à travers le monde étant source pernicieuse d’espérance et de projets parentaux sans frontière… L’affaire de l’Arche de Zoé n’est qu’un ratage maladroit, rendu visible par sa grande échelle, révélateur de ce système pervers soutenu, au fil des dernières décennies, par les pouvoirs de droite comme de gauche. Antiracisme oblige !

Éric Delcroix
29/01/2013

Notes

(1) « Grand Jury » RTL/Le Figaro/LCI, 27 janvier 2013
(2) « Mariage et Homosexualité »

Correspondance Polémia – 1/02/2013

Image : filiation – Crédit photo : simmbarb via SXC