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PMA : La politique de gribouille du gouvernement

PMA : La politique de gribouille du gouvernement

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Une énième contradiction de notre gouvernement libéral-libertaire que personne n’a relevée mais qui n’a pas échappé à Cathy Cardaillac

Notre gouvernement de bobos libéraux-libertaires n’en est pas à une contradiction près. On a certes relevé, de ci de là, la contradiction qu’il y avait à vouloir faire disparaître la prostitution, comme l’a claironné Najat Vallaud-Belkacem en juin 2012, tout en autorisant le recours aux mères porteuses, comme il en a été question cet hiver. C.C.


Pourtant, il est une contradiction qui n’a pas été relevée.

La circulaire Taubira du 25 janvier 2013, destinée à faciliter la reconnaissance en France des enfants nés de mères porteuses à l’étranger, vise à régler le problème de ceux que les médias appellent complaisamment les « fantômes de la République », ces enfants nés aux Etats-Unis, en Russie ou en Inde, et sans papiers français. La circulaire Taubira revient si ce n’est à légaliser la gestation pour autrui (GPA) en France, en tout cas à faciliter le tourisme procréatif en direction de ces pays où les services de mères porteuses sont légaux. Comment ? En épargnant les conséquences de leurs actes à ceux qui, en recourant à une mère porteuse, ont enfreint nos lois.

PMA : La politique de gribouille du gouvernement

« C’est combien la gestation ? » par Teddijo

Quelle surprise alors de voir, quelques jours plus tard, évoquer dans les médias un courrier émanant du ministère de la Santé et adressé à l’Ordre des médecins, tançant les gynécologues qui orienteraient leurs patientes vers une autre forme de tourisme procréatif, en direction des pays où le don d’ovule est courant. Le rappel est sévère : « Un praticien français risque cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende s’il transmet à ses patients des informations sur des cliniques ou des organismes étrangers ». Est visée donc la pratique qui consiste pour les gynécologues à orienter leurs patientes françaises vers l’étranger – le plus souvent l’Espagne – pour y bénéficier d’une FIV (fécondation in vitro) avec don d’ovule. Sauf que ce courrier est absurde car cette procédure de PMA est tout à fait légale en France et que les médecins n’incitent donc à rien d’illégal ! Ils ne font que répondre à l’absurdité de la situation française qui est que, en vertu du beau principe de gratuité du don, il n’y a pratiquement pas de donneuses d’ovules. Même le sperme, pourtant beaucoup moins difficile à recueillir, manque en France. Résultat : un an d’attente pour bénéficier d’un don de sperme, et deux à trois ans pour un don d’ovule. Pour des couples qui ne rajeunissent pas, de quoi prendre ses jambes à son cou et aller payer en Espagne ce à quoi ils ont théoriquement droit mais qui est de fait inaccessible en France.

Donc, pour résumer, le recours à une pratique illégale (mères porteuses) est facilité, en donnant un état-civil français aux enfants qui en résultent, tandis que le recours à une pratique légale (don d’ovule) est, lui, stigmatisé, alors même que les Françaises qui vont à l’étranger pour ce faire le font parce que le système français aboutit à une impasse.

Et le plus beau de tout ça, le bouquet final, c’est que, dans le but de distendre le lien de la mère porteuse à l’enfant qu’elle porte, les enfants nés par GPA sont souvent issus d’un don d’ovule ! Une contradiction que personne dans les médias bêlants n’a relevée et qui est passée par-dessus la tête de notre grande spécialiste, notre ministre du Droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem.

Cathy Cardaillac
8/03/2013

Correspondance Polémia – 9/03/2013

Image 1 : Chine : le lucratif commerce des mères porteuses
Image 2 : « C’est combien la gestation ? » par Teddijo
Crédit photo : file://localhost/source, http/::www.facebook.com:pages:Teddijo-Dessinateur-satirique:300852746684878