Articles

Pegida : pour une Europe unie face à l’islam

Pegida : pour une Europe unie face à l’islam

Print Friendly

Entretien exclusif avec Melanie Dittmer, responsable de Pegida sur Düsseldorf et la Rhénanie du Nord-Westphalie, le land allemand le plus peuplé et doté du plus fort poids économique, en partie grâce à la Ruhr.

♦ Pegida… Trois syllabes pour « Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident ». Trois syllabes qui dérangent. Le mouvement est né en Allemagne en octobre dernier, à la suite des batailles de rue à Hambourg entre Kurdes et salafistes. L’un de ses organisateurs, Lutz Bachmann, a démissionné fin janvier – la presse a publié une photo de lui grimé en Hitler… Cela aurait pu signer l’arrêt des manifestations hebdomadaires, mais rien ne semble devoir freiner cette réaction populaire, comme nous l’explique Melanie Dittmer, l’une des responsables de Pegida.

Interview exclusive donnée au Journal Présent que Polémia remercie de lui avoir autorisé de reproduire.


Présent — Quelle est la réalité de l’islam en Allemagne ?

— La réalité est que toujours plus de femmes portent la burka. A la fin des années 1990, les femmes complètement voilées étaient une exception absolue, mais aujourd’hui on en voit partout. Dans les années 1970, il y avait trois mosquées en Allemagne, leur nombre dépasse maintenant les 3.000. Des écologistes, mais aussi certains membres du SPD (parti social-démocrate) exigent que l’islam soit enseigné. Dans quelques écoles, le petit Allemand sera aussi privé de pause déjeuner pendant le ramadan… C’est absurde.

Présent — Vous avez repris le slogan « Nous sommes le peuple ». Qui sont les gens qui forment les cortèges de Pegida ?

— Nous utilisons en effet toujours ce slogan car il correspond à la réalité. Nous représentons le peuple, tout simplement. A l’ouest, les gens qui défilent sont d’abord de petits salariés et, dans une moindre mesure, des hommes d’affaires aisés. A Dresde, au contraire, il a été observé que les manifestants de la classe moyenne constituaient le gros des cortèges. Apparemment ils sont inquiets : ils n’ont pas envie que ça finisse comme chez nous à l’ouest. Nous sommes un très mauvais exemple, avec l’indubitable islamisation de nos villes.

Présent — Pourquoi Angela Merkel montre-t-elle tant de mépris pour Pegida ?

— Parce qu’elle est une marionnette politique et, comme telle, manipulée. Evidemment que le bien du peuple allemand ne la préoccupe pas. Ses amis américains lui mettent la pression ; elle doit rapidement trouver une solution avec son ministère de l’Intérieur pour que des citoyens innocents soient considérés comme pas grand-chose ou comme des idiots. Voilà comment ça marche en Allemagne…

Présent — La démission de Lutz Bachmann nuit-elle à Pegida ?

— Cela a clairement été un facteur d’inquiétude, comme tout changement. Les gens préfèrent la continuité, car ils ne savent pas ce que va amener le changement, si ce sera mieux ou moins bien. Au fond, le mouvement Pegida est comparable à un esprit qu’on aurait laissé dans une bouteille. Une fois qu’il est dehors, rien ne l’arrête. Le Système en place n’a plus aucune chance. Voyez la carte de nos dernières manifestations, auxquelles il faut ajouter celle de Düsseldorf de lundi dernier.

Présent — A ce propos, vous avez décidé de ne plus manifester à Cologne le mercredi, mais seulement le lundi à Düsseldorf. Pourquoi ?

— Nous devons planifier sur des mois, et il s’agit de ménager nos forces. Une même équipe ne peut pas organiser deux manifs par semaine. Nos militants tombaient un à un, la grippe est passée par là… Pour garder la santé et, aussi, pour ne pas surcharger nos manifestants, nous avons décidé de nous concentrer sur la capitale de la Rhénanie du Nord-Westphalie, sur Düsseldorf. C’est une ville très bien située qui, stratégiquement, nous permet d’inviter les habitants de la Ruhr, région voisine, à venir manifester avec nous. Se retrouver là est logique.
Nous n’avons pas abandonné Cologne à cause des antifas, il y en a aussi à Düsseldorf. Les antifas sont juste un amusant phénomène concomitant ! Ils n’influencent aucune de nos décisions, même s’ils aiment bien présenter les choses ainsi à leurs militants. Ils préfèrent mentir à leur propre camp plutôt que de reconnaître que leur mouvement n’a aucun sens.

Présent — Quels sont les liens de Pegida avec AfD (Alternative pour l’Allemagne, parti eurosceptique), avec Pro-NRW (Mouvement populaire pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dit « d’extrême droite »), ou avec d’autres partis politiques ?

— Alternative pour l’Allemagne soutient nos revendications, et Pro-NRW fait de même. Nous avons beaucoup de choses en commun. Ces partis annoncent donc nos manifestations, ce dont nous nous félicitons. Mais, au moins à Düsseldorf où je suis l’organisatrice, ils ne se pressent pas au premier rang, ou alors ils vont à la pêche aux électeurs. Ils trouvent bien ce que nous faisons et poussent naturellement leurs militants à nous rejoindre mais Pegida n’est pas l’organisation d’un parti. Malgré tout, je remercie chacun de ceux qui nous soutiennent, quel que soit le parti ou l’organisation auquel il appartient. L’Europe est à la veille d’une catastrophe et nous ne pouvons plus nous permettre de conflits internes nés de différends idéologiques. Nous avons besoin d’un front uni, large et puissant, en Allemagne comme en Europe. Aussi le dis-je très clairement, loin de moi l’esprit de division. Si nous voulons inverser la tendance, nous avons besoin de chacun !

Présent — Quel avenir pour Pegida dans les mois qui viennent ?

— Je me réjouirais que le mouvement continue jusqu’aux prochaines élections. Certaines de nos revendications entreraient dans le débat public. Si une partie d’entre elles étaient mises en œuvre, ce serait un beau début. Mais, fondamentalement, Pegida doit continuer. L’Allemagne a besoin de souveraineté, elle doit être en mesure de se donner sa propre constitution, elle doit sortir de l’OTAN et de l’Union européenne et se débarrasser du diktat américain. Alors nous pourrons cesser d’être le pays d’accueil du monde entier. Car à ce petit jeu une société peut périr, économiquement et culturellement. Ce serait dommage pour l’Europe. Que tombe l’Allemagne, que tombe la France, et c’est toute l’Europe qui s’effondre. Tous ensemble, nous devons empêcher cela !

Propos recueillis et traduits par Samuel Martin
Article extrait du journal Présent, n° 8293 du jeudi 12 février 2015

Correspondance Polémia – 1/03/2015

Image : le dernière manifestation du mouvement allemand anti-islam PEGIDA à Dresde le 12 janvier 2015.