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Non : l’islamisme n’est pas un fascisme

Non : l’islamisme n’est pas un fascisme

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Raoul Fougax, journaliste, essayiste et contributeur régulier de Metamag.fr

♦ Cet article signé de Raoul Fougax nous a été signalé par un de nos lecteurs que nous remercions et qui a accompagné son envoi d’un commentaire que nous reproduisons : « Il définit bien les concepts et [qu] il montre ainsi comment nos médias et notre classe politique emploient des termes sans en comprendre le sens à la seule fin de tout réduire à un mal absolu, le même mal. Cela conduit à un total aveuglement face aux problèmes particulièrement graves auxquels nous sommes confrontés. » Ce thème de l’islamo-fascisme a déjà été développé par Michel Geoffroy (*), mais sous un angle différent et, sur le fond, les deux auteurs se rejoignent.
Polémia.


L’anachronisme est bien la pire et la plus dangereuse des idéologies.

On les voit venir avec leurs gros sabots. Nos dirigeants, de gauche et de droite d’ailleurs, se veulent des enfants de la résistance au fascismo–nazisme. C’est leur référence absolue. Il ne peut y avoir de mal plus grand que le fascisme dont le nazisme est un avatar. Combattre l’islamisme radical aujourd’hui, c’est donc continuer le combat des démocraties contre le fascisme. Et c’est pourquoi le soviétisme, allié dans cette guerre, est épargné malgré ses horreurs.

C’est bien sûr totalement faux. C’est juger le présent par rapport au passé de la même manière que l’on juge le passé par rapport aux valeurs du présent. L’anachronisme est une sclérose qui empêche l’analyse. C’est une maladie de l intelligence.

Le fascisme n’a jamais été un obscurantisme. Un totalitarisme oui, un obscurantisme non. Le fascisme n’a jamais été une lecture fanatique d’une religion monothéiste, souvent bien au contraire.

Le fascisme certes cultive le culte du passé mais dans une démarche progressiste. Le fascisme est un socialisme, pas un traditionalisme. Il veut moderniser en valorisant le passé, il invoque la longue mémoire de l’histoire, il ne veut pas ramener la société au comportement de temps révolus.

Dans les pays musulmans de plus, le fascisme a toujours été un anti-islamisme, c’est vrai de la Turquie kémaliste comme de l’Egypte nassérienne. La laïcité dans les pays musulmans a été un fascisme non avoué et c’est l’échec de ces régimes totalitaires laïcs, notamment face au sionisme, qui explique la montée d’un islamisme anti-israélien devenu en Europe un nouvel anti  sémitisme. Vouloir par confort intellectuel ramener tout antisémitisme au fascisme pour, en fait, exonérer les islamistes et donc l’islam de ce péché raciste majeur pour nos dirigeants est une stupidité dangereuse.

Il y a un nouvel antisémitisme qui est un islamisme et qui est lié au terrorisme qui frappe les juifs, pas que des juifs mais tous ceux qui sont des impies au regard des égorgeurs du sectarisme djihadiste. On peut parler d’islamo-sectarisme, car on a à faire à une secte musulmane issue de l’islam. Mais parler d’islamo-fascisme est une désinformation historique par aveuglement idéologique.

Les fascistes n’ont jamais été des islamistes et les islamistes ne sont pas des fascistes. Ils sont des obscurantistes musulmans sans lien avec les racines européennes et sociales du fascisme. Les islamo- obscurantistes veulent ramener l’islam au passé, dans la lecture la plus rétrograde du coran par haine de l’autre.

Ils ne veulent pas restaurer la grandeur de Rome comme le Duce. Ils veulent une mosquée à la place de St Pierre au Vatican.  Même un enfant de l’anti franquisme militant, pour qui la guerre contre le fascisme n’est jamais finie, devrait voir la différence.

Ceux qui conseillent l’amalgame islamisme et fascisme pour lutter, on l’a bien compris, contre l’ amalgame islamisme- islam sont des malhonnêtes et surtout des apprentis sorciers.

Raoul Fougax
16/02/2015

Source : Metamag.fr

(*) Voir aussi : Un nouveau bobard : l’islamo-fascisme, de Michel Geoffroy

Correspondance Polémia – 24/02/2015

Image : peinture liée à  l’art fasciste de Alfredo Gauro Ambrosini , peintre futuriste. Il représente le visage du Duce, superposé à la Rome des César, œuvre de 1930. L’islamisme détruit l’art.