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Miège, rescapé de la dictature culturelle

Miège, rescapé de la dictature culturelle

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Entretien avec David Miège, journaliste de presse, réalisé par Polémia.

♦ La bataille culturelle : tel sera le thème de la Septième Journée de réinformation de Polémia qui se tiendra le 18 octobre prochain. Le dessinateur de presse Miège (récemment poursuivi pour délit d’image par Christiane Taubira) y interviendra le matin sur le thème « Comment je suis devenu un rescapé de la dictature culturelle ? ». Il nous en parle.
Polémia


— Etudiant aux Beaux-Arts, dans les années 1980, étiez-vous confronté à l’artistiquement correct ?

David Miège : C’était la guerre totale, vous voulez dire, avec ses commissaires politiques, formés à l’école de Mai-68 ! Tout déviant, suspect de défendre l’art bourgeois fasciste et réactionnaire, passait en procès stalinien aussi sec !

— Quelle était la ligne du « parti ? »

un-peu-d-amour-770x1090D.M : L’art conceptuel, le grand n’importe quoi, « installation », objet usuel, que sais-je, pourvu qu’on puisse l’expliquer à grand renfort de politique, de sociologie ou de psychanalyse fumeuse. En revanche, pas question de vouloir faire du Beau ou d’apprendre à tenir un pinceau, ça, c’était doublement réac ! Réac car la peinture, c’est de l’art petit-bourgeois, et re-réac car apprendre, nous n’étions tout de même pas là pour ça. De toute façon, nos « professeurs » se vantaient pour la plupart de ne pas savoir tenir le moindre pastel ! Autant vous dire que j’avais faux sur toute la ligne.

— Avec quelles conséquences ?  

D.M : J’avais monté un collectif avec quelques étudiants pour essayer de faire bouger les choses, faire valoir à nos profs que nous voulions apprendre ! Rien à faire : les post-staliniens imposaient leurs vues à la majorité des étudiants et même aux profs qui auraient voulu nous transmettre leur savoir. J’ai fini par décrocher mon diplôme, tout en étant viré de l’année d’atelier.

— Et depuis lors ?

D.M : Je vois que le terrorisme intellectuel s’est encore aggravé dans les milieux artistiques, mais aussi dans la presse, l’édition… Quand vous publiez dans certains journaux, vous êtes aussitôt exclu du « milieu ». Pour autant, je constate que la nouvelle génération est de moins en moins dupe du politiquement correct. Elle s’informe, se réinforme, devrais-je dire ! Je suis très encouragé par le succès de sites comme delitdimages.org, polemia.com et bien d’autres !

 Polémia
16/09/2014

Image : dessins de Miège,