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L’union de la droite dans l’opinion des Français

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Il y a deux droites en France : la droite classique et la droite populiste. Ces deux droites ne sont pas sociologiquement homogènes. Il y a davantage de hauts et moyens revenus, de diplômés et de retraités dans la droite classique (UMP et centristes) que dans la droite populiste (Rassemblement bleu marine) qui mobilise même davantage les classes populaires que la gauche. En revanche, il y a une assez grande proximité idéologique : sur l’immigration, sur la sécurité, sur les questions de société, sur le protectionnisme, les électorats des deux droites partagent les mêmes orientations. En revanche, des divergences apparaissent sur l’Europe et le modèle économique. Tel est le diagnostic solidement argumenté qui a été présenté par Philippe Baccou lors de l’université du Club de l’Horloge le 20 octobre 2012 – Polémia


Etienne Lahyre vient de nous donner un premier état de l’union de la droite au vu des récents résultats électoraux. Ses analyses sont très précises et stimulantes pour l’esprit. Elles montrent bien qu’il existe déjà dans les urnes, et de plus en plus, un potentiel d’union de la droite : un potentiel qui justifie que les composantes politiques de la droite se rapprochent, qu’elles coopèrent et qu’elles luttent ensemble contre leurs adversaires.

Voyons maintenant ce qu’il en est sur un autre plan, celui de l’opinion publique. Je vous parlerai donc ici non plus de votes, mais de sondages. Et j’essaierai de répondre à une question précise : Que disent ces enquêtes sur la capacité du peuple de droite à s’accorder autour de valeurs communes, de convictions communes, de propositions communes et de stratégies politiques communes ?

Droite populiste / Droite classique

Commençons par quelques questions de vocabulaire. De quelle droite, de quel peuple de droite parle-t-on ? Je limiterai la droite à deux familles politiques. La première famille est constituée autour de l’UMP et de ses alliés ou associés tels que le Parti radical de Jean-Louis Borloo, le Nouveau Centre d’Hervé Morin, le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, le mouvement Chasse, Pêche, Nature et Traditions de Frédéric Nihous ; j’y ajouterai, bien qu’il ne puisse être considéré à proprement parler comme un allié de l’UMP, le mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan. La seconde famille est constituée par le Front national de Marine Le Pen et par des mouvements politiques qui lui sont proches, notamment le mouvement Souveraineté, Indépendance et Libertés de Paul-Marie Coûteaux ou celui des Identitaires.

Comment qualifier ces deux familles de la droite ? Toute appellation comporte évidemment un certain degré de subjectivité. Si l’on est proche du FN, on opposera volontiers la vraie droite, droite nationale ou de conviction, à la fausse droite de l’UMP et de ses alliés. Si l’on est de gauche, comme le journal Le Monde, on opposera la droite républicaine de l’UMP à l’extrême droite (sous-entendu alors non républicaine) de Marine Le Pen. Si l’on est proche de l’UMP, on se dira appartenir à une droite parlementaire, ou modérée, ou encore – du moins avant les dernières élections – à une droite de gouvernement, par opposition à une droite protestataire, droite qui, elle, ne cherche pas à gouverner et se discrédite par ses excès. Pour ma part, j’insisterai plutôt sur le caractère plus traditionnel de la première famille de la droite, celle de l’UMP, que j’appellerai donc la droite classique, par contraste avec une droite plus nouvelle, celle du Front national. Cette droite nouvelle se veut le porte-parole du peuple contre des élites qui ne le défendent pas ou qui le trahissent, et c’est pourquoi je la qualifierai de droite populiste.

Vous constaterez que dans ce tableau des familles de la droite, j’inclus des mouvements qui se définissent comme centristes mais que je n’inclus pas le Modem de François Bayrou. On peut, certes, se demander s’il n’y a pas une proximité entre les sympathisants de François Bayrou et les Français du peuple de droite. Reconnaissons que, sur certains points au moins, cette proximité existe. Mais il serait tout de même paradoxal de classer parmi les familles de la droite les sympathisants d’un homme politique qui, au cours de ces dernières années, a constamment manifesté sa volonté de ne pas se référer au clivage gauche/droite et qui, surtout, a donné l’exemple à ses troupes du soutien au candidat de la gauche au second tour de la dernière élection présidentielle !

Droite classique, d’une part, droite populiste, d’autre part : ces deux droites regroupent une moitié des Français – parfois plus, parfois moins – qui constituent, tous ensemble, un peuple de droite sur lequel les enquêtes d’opinion ont beaucoup à nous apprendre. Chacune de ces enquêtes doit naturellement être considérée avec prudence, mais, lorsqu’elles sont suffisamment nombreuses et répétées, elles finissent par donner une idée assez précise de l’état de l’union de la droite.

Trois questions sont à considérer :

– Le peuple de droite est-il sociologiquement homogène ? Je répondrai ici : non.
– Le peuple de droite a-t-il des opinions homogènes ? Oui, largement.
– Le peuple de droite, enfin, est-il prêt à l’union de la droite ? Pas encore complètement, mais de plus en plus.

La suite de ce texte en son entier est à lire dans sa version PDF en cliquant ici.

Philippe Baccou
CDH
20/11/2012

Correspondance Polémia – 16/11/2012

Voir aussi les articles de Polémia :

Pourquoi l’échec de la droite ? (1/2)
Pourquoi l’échec de la droite ? (2/2)
Quelle majorité pour une droite plurielle ?
Résultats des législatives 2012 : attention à l’intoxication médiatique !
UMP-FN : le rapprochement, c’est maintenant ?

Image : Athena – Crédit photo : Wikipedia (wc)

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