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Le plan antiraciste de Valls qui vaut 100 millions

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Billet

♦ Manuel Valls était à Créteil vendredi dernier pour présenter son plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Un plan doté de, tenez‑vous bien, 100 millions d’euros sur 3 ans. Il comprend 40 mesures articulées autour de la justice, d’Internet et de l’éducation, en faisant du racisme et de l’antisémitisme une circonstance aggravante pour tous les crimes et délits. Il intègre la répression des discours de haine au droit pénal général et donne la possibilité d’actions de groupe contre les discriminations. « Le racisme, l’antisémitisme, la haine des musulmans, des étrangers, l’homophobie augmentent de manière insupportable dans notre pays », s’est justifié Manuel Valls, assurant que « les Français juifs ne devaient plus avoir peur d’être juifs » et que « les Français musulmans ne devaient plus avoir honte d’être musulmans ».

Ce plan fait‑il l’unanimité dans le camp du Progrès ?

Même pas. Jusqu’à présent, les injures racistes et antisémites étaient jugées selon la procédure du droit de la presse. Ce qui assurait un débat apaisé, selon les spécialistes. La plupart des associations antiracistes  – SOS Racisme, la Ligue des droits de l’homme  –, comme beaucoup de juristes spécialisés sur le droit de la presse, sont opposés à ce projet qui risque de multiplier les procès expéditifs, en comparution immédiate, de dossiers parfois complexes à juger. Ainsi, l’avocat de Charlie Hebdo Richard Malka explique : « Si la loi passait et que Charlie [Hebdo] était jugé à nouveau pour les caricatures de Mahomet, on pourrait être jugés en comparution immédiate, entre un escroc et un dealer ». En revanche, le président du CRIF, Roger Cukierman, a déclaré être impressionné par ces 40 mesures. Un avis partagé par La LICRA et l’Union des étudiants juifs de France. Il faut croire que ce sont eux qui ont eu le dernier mot.

Au moins tout le monde est protégé par ce plan à 100 millions d’euros ?

Si seulement. Les grands oubliés du gouvernement, je vous laisse deviner, sont les Français de souche et les chrétiens. Si ces derniers peuvent être coupables et condamnés, rien ne prévoit qu’ils puissent être victimes. Le député Jean‑Frédéric Poisson le déplore sur son site à propos des chrétiens : « Eux aussi sont victimes d’humiliations et d’agressions et dont les lieux de culte sont bien plus profanés que ceux de n’importe quelle autre communauté en France ! » Fin de citation. A ce propos, je vous renvoie à l’excellent rapport de l’Observatoire de la christianophobie. Sur les réseaux sociaux, les internautes patriotes et nationalistes sont nettement moins mesurés. : « Tu es juif, musulman, noir, jaune, vert ou rouge ? Valls te protège. Tu es blanc et catholique ? Tu peux crever, sale facho ». Fin de citation.

Mais qu’attendre d’un gouvernement cosmopolite qui, discutant d’une loi sur le renseignement, a visé uniquement les Identitaires comme potentiels terroristes ?

(RC. Bulletin de réinformation 20/04/2015)