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L’Assemblée Nationale et le Sénat ont adopté mercredi une proposition de loi centriste sur la reconnaissance du vote blanc.

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Jusqu’à présent le fait de voter blanc, c’est-à-dire de ne pas mettre de nom de candidat dans une enveloppe,  ou de mettre un papier blanc, n’était pas reconnu. Ce vote était comptabilisé avec les votes nuls et n’apparaissait donc pas dans les résultats définitifs. Selon son rapporteur, cette nouvelle loi serait : « Une avancée dans la transparence qui répond aux attentes de nombreux Français depuis de nombreuses années. »
Mais si l’on la regarde en détail, cette loi ne semble être que de la poudre aux yeux…
Elle distingue désormais bien le vote blanc du vote nul ou de l’abstention lors du dépouillement. Pourtant, ce vote ne sera toujours pas comptabilisés dans les suffrages exprimés qui sont retenus uniquement autour des candidats. De plus, cette distinction dans le dépouillement ne sera pas applicable pour l’élection présidentielle et pour les référendums locaux.
Cela ne va donc rien changer pour les électeurs qui ne verront toujours pas leur vote comptabilisé. Quelles étaient donc les motivations pour les députés d’adopter une telle mesure ?
Face aux derniers sondages démontrant qu’un Français sur trois accorde sa confiance au Front National, les députés auraient-ils eu donc peur ? C’est en tout cas l’impression que laisse la sénatrice écologiste Hélène Lipietz qui voit dans le vote blanc une façon de « canaliser une partie du vote contestataire. […] Mieux vaut voter blanc que bleu Marine.  » Soulignons que le vote blanc est loin d’être anecdotique au vu de son importance lors des précédentes élections. Pour le référendum sur l’élargissement de la communauté européenne, par exemple, plus de deux millions d’électeurs avaient voté blanc. (Bulletin de réinformation – RC – 15/02/2014)