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La réforme pénale de Christiane Taubira gagne du terrain.

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Le conseil des ministres a adopté hier le projet de loi de la garde des Sceaux. Le premier ministre en a profité pour promettre la création de 1.000 postes de « conseillers d’insertion et de probation », dont 300 pour 2014, dans le cadre de cette réforme. Ces conseillers d’insertion et de probation sont la principale nouveauté introduite par le projet de loi. La justice n’a plus (seulement) pour fonction de punir, mais d’insérer ! Les nouveaux auxiliaires de justice sont en quelque sorte des « éducateurs » ou des « animateurs ».
Pour expliquer cette mesure Mme Taubira invoque le manque de suivi à la fois des détenus durant leur incarcération et des anciens détenus à leur sortie de prison. Pour ne pas donner l’impression de chanter l’éternelle ritournelle angéliste, elle explique que l’objectif est d’éviter toute récidive ! Pour ce faire, le ministre de la Justice entend arriver à un ratio d’un conseiller d’insertion et de probation par tranche de quarante détenus – autant de dépenses nouvelles qui ne seront pas employées à construire des places de prison pour y enfermer les criminels !
Tout cela entre dans le cadre du développement des alternatives à la prison.
C’est un énième aménagement de peine, dénommé « contrainte pénale ». Le juge pourra ainsi condamner les coupables, en décidant qu’ils ne seront pas incarcérés mais mis « sous contrôle » – ce qui ressemble fort à une condamnation fictive !
Mais le projet va encore plus loin : il est également prévu de faire sortir de prison ceux qui y sont encore. C’est ce qui s’appellera les sorties d’incarcération dites « sous contrainte ». Censées être différentes des sorties pures et simples, elles seront plus fréquentes. Cette mesure devrait en effet s’appliquer aux peines plafonnées à cinq ans de prison et ce, de façon systématique. L’automaticité a d’ailleurs été réclamée par le syndicat majoritaire des directeurs de prison, préoccupés par la surpopulation carcérale, le but avoué étant de ne plus incarcérer en deçà de peines de cinq ans et de libérer systématiquement les détenus aux deux tiers de la peine. Les victimes apprécieront…
Il y a tout de même un côté un peu comique, absolument pas spontané, dans cette affaire. Dans cette comédie scénarisée mettant en scène un Hercule de foire et un modèle de Marianne, il fallait que le premier ne perde pas la face. M. Valls a ainsi demandé le report de l’examen du texte après les élections municipales. Une position purement tactique qui tend à démontrer le but électoraliste de la manipulation gouvernementalo‑médiatique. (Source : Bulletin de réinformation, Radio Courtoisie,10/10/2013.)