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1 Titanic

La crise financière est de retour

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Les 7 du Qhébec

Les 7 du Québec

Robert Bibeau, Producteur

♦ L’économiste s’insurge « Dans un jeu, il ne faut pas se faire refiler les mauvaises cartes. Dans le grand poker des monnaies, il ne faudra pas rester assis sur l’argent déprécié quand surviendra l’implosion du système monétaire de l’euro.

Ces temps-ci, c’est la clique italienne autour de Draghi, banquier arnaqueur de Goldmann-Sachs qui est le plus grand fraudeur contre les marchés. Selon la constitution de la BCE, le comité doit garantir la stabilité de l’euro.


Ceci signifie ne pas gonfler la masse monétaire plus que la productivité, donc maintenir la balance entre la valeur de la monnaie et la valeur des biens.  La BCE fait exactement le contraire:

–    Elle a gonflé le volume de la masse monétaire sans égard. Elle l’a multiplié par rapport au volume des biens et ainsi, elle a créé un énorme potentiel d’inflation, contre lequel on fait maintenant barrage de manière très artificielle.

–    La BCE n’a le droit de financer ni la dette grandissante des États ni les banques arnaqueuses. Depuis une année, la clique autour de Draghi fait l’un et l’autre, en s’endettant de plus en plus, avec 60, et bientôt avec 80 milliards d’euros par mois, sans en obtenir l’impact voulu sur la conjoncture. 1,74 billion d’euros ont été distribués comme aide, sont restés comme dette et sont partis en fumée sans effet.

–    Avec l’intérêt zéro, la BCE a dépouillé les instituts d’épargne et leurs clients de plus de 34 milliards d’euros par an. Elle les a trompés et les a poussés dans des situations personnelles difficiles. Mais elle n’a pas répondu à sa tâche de maintenir le taux d’intérêt en tant que prix de marché d’une monnaie solide. » (1)

Arrêtons-nous ici pour questionner l’auteur de cette diatribe ; pourquoi Draghi fait-il tout le contraire de ce qu’il faudrait faire selon l’économiste ?  Draghi est-il méchant ou mécréant ? Est-il incompétent ?  De fait, le banquier Draghi est un pantin qui ne contrôle rien, et comme ses amis de la FED (qui ne contrôle rien), il utilise les outils inefficaces que le mode de production capitaliste en cavale lui offre dans sa besace.

Le professeur d’économie poursuit « Maintenant, il faut assumer les négligences du manque de gestion de la crise de l’euro après 2008, celle-ci ayant provoqué endettement débridé et spéculation. Au lieu de cela, on a continué les errements de l’endettement grandissant des États en faillite et des banques arnaqueuses au détriment de l’Allemagne, avec le cautionnement financier global de Mme Merkel sous forme du Mécanisme européen de stabilité (MES). »

Il est tout à fait exact que suite au krach boursier de 2008 rien n’a changé. Mais pourquoi rien n’a changé ? Parce que personne ne peut changer les lois de l’économie politique capitaliste. Selon l’amer monsieur Hamer (1), tous ces gens seraient suicidaires !  Ou alors, ce sont des désespérés, qui ne l’écoute pas, lui qui sait et qui conseille comme vous le lirez plus loin.

L’économiste enclenche « Les problèmes dus au gonflement, sans limites, de la masse monétaire ont grandi au même degré. Ainsi, la nécessité d’une correction est beaucoup plus grande qu’en 2008. Comme l’apprenti-sorcier, la BCE ne peut plus reculer sans explosion du système monétaire. Elle ne peut augmenter les intérêts pas mêmes de 1,0% sans pousser les États de l’Europe du Sud, en manque de liquidité et en faillite, parce qu’ils se retrouveraient devant des intérêts plus élevés pour leur dette astronomique et devraient assumer de nouvelles dettes plus chères, ce qui dépasserait leurs possibilités. »

Donc, les chefs d’États du Sud européen comme ceux du Nord européen sont coincés, fous, incompétents ou suicidaires selon l’analyste ? Ou alors, eux aussi sont des désespérés qui ne peuvent rien changer sur le bateau ivre en train de sombrer corps et biens et sur lesquels nous sommes tous naufragés.

L’analyste ne décolère pas « En plus, la troupe de Draghi est soumise au syndicat financier américain et n’a pas le droit d’augmenter les intérêts en Europe sans l’autorisation du FED. Ce dernier ne la donnera pas, parce qu’autrement l’euro serait plus rentable pour les spéculateurs que le Dollar ce qui provoquerait un drain massif de dollars en dehors de l’Europe. Et ceci aurait pour conséquence le défaut de paiement de l’empire américain du dollar, qui est également éclopé et surendetté. »

On coule

On coule

Mais, monsieur Hamer vous avez écrit précédemment qu’une hausse de la valeur de l’euro, ou du taux d’intérêt rétribuant l’euro, entraineraient de facto la faillite du système monétaire européen, ce qui entrainerait par ricochet la faillite du dollar américain, deux monnaies de l’impérialisme mondial intimement imbriquées. Faudrait savoir, on réévalue où on dévalue les monnaies pour sauver le rafiot qui prend l’eau ? La réponse, ni l’un ni l’autre. Dans les deux cas, le désastre sera aussi grand.

Poursuivons la lecture de l’opuscule « Normalement un trop de liquide, dû à une augmentation débridée de la masse monétaire, a pour conséquence une inflation. Les banques spéculatrices empêchent ceci, sur ordre de la BCE, parce qu’ils ne dirigent pas l’argent emprunté à un intérêt de 0% dans l’économie réelle, dans des investissements, dans un surplus de productivité et dans des postes de travail. »

C’est tout à fait exact. Mais pourquoi les banques européennes, américaines, canadiennes, australiennes, japonaises, etc. ne dirigent-elles pas les surplus monétaires vers des investissements profitables, valorisants, lucratifs, productifs et dans des postes de travail payant, monsieur le savant ? Parce qu’il n’y a pas de marché où écouler cette surproduction supplémentaire qui sortirait de ces usines mort-nées. Présentement, il y a suraccumulation de capital et trop de marchandises sur le marché malgré les pénuries relatives et malgré les famines qui ravagent plusieurs parties du monde, et malgré les millions d’Occidentaux qui fréquentent les soupes populaires, les restos du cœur et les friperies dégarnies.

 « Par contre, les banques desservent pratiquement exclusivement la dette des États en faillite par exemple la Grèce. Ceci est sans risque pour les banques, car ce ne sont pas les États en faillite seuls qui assument la responsabilité pour cette dette, mais par le biais du MES, entre autres l’Allemagne. Depuis que la BCE pompe chaque mois 60, maintenant déjà 80 milliards d’euros dans la dette étatique, elle ne produit pas de croissance économique, mais une redistribution non productive, financée avec des dettes:

 –    Avec le cautionnement des États solides, les États peu sérieux du Sud européen peuvent continuer à se faire le coup de leurs bureaucraties étatiques gonflées et de leurs systèmes sociaux.  –    Les banques arnaqueuses ne doivent pas se consolider, mais peuvent attiser encore plus la bourse et la spéculation avec l’argent gratuit de la BCE.  –    Même des pays qui étaient une fois économes ont maintenant suffisamment d’argent pour inviter tous les pauvres du monde comme visiteurs perpétuels du système social. Ces pays se chargent d’obligations sociales que personne ne pourra jamais payer après la fin de la crue monétaire de la BCE. »

Le professeur d’économie a-t-il songé que les États payeurs du nord de l’Europe aimeraient ne pas renflouer les États faillis du Sud, Madame Merkel le répète à l’envi. Les États bourgeois du Nord européen préfèreraient conserver leurs deniers pour leurs banquiers et leurs manufacturiers.  Alors la question, monsieur le juriste, est bien de savoir pourquoi ces États à peine moins endettés ont-ils endossé les emprunts des états à peine plus endettés ? Parce qu’ils n’ont pas le choix, ils sont tous enchainés les uns aux autres ces banquiers, ces créanciers, ces milliardaires, ces monopoles multinationaux dans la même galère qui a nom « Mode de production capitaliste en faillite ».

Quelles alternatives pour la BCE?

« Pour les raisons mentionnées, la BCE ne peut augmenter les intérêts, sans risquer la faillite d’États et de banques. Elle ne peut pas non plus arrêter la crue monétaire, sans provoquer des faillites avant tout des États de l’Europe du Sud. La BCE a dépassé le point de non-retour. Elle n’a pratiquement plus de chemin de retour, sans provoquer un crash de l’euro. » Ce que nous disons depuis le début de cet article pathétique.

Autres alternatives ?

« La FED a gonflé la masse de dollars à tout va comme la BCE. Ainsi, elle a financé les États-Unis avec des dettes et en plus, elle a créé des bulles financières immobilières, des dérivés, et encore d’autres. Si une de ces bulles éclate, c’est le dollar qui éclate et avec lui l’euro et tout le château de cartes monétaire occidental. Donc une crise économique mondiale pire que celle des années 1930. Mais il se peut aussi que la clique de Draghi prépare elle-même une correction de la monnaie. La promotion de l’abolition de l’argent en espèce signifie qu’il n’y aurait plus que la monnaie digitale dans les ordinateurs des banques, entreprises et comptes privés. Alors, une dépréciation ou une réforme totale de la monnaie pourrait s’effectuer par simple clic de souris, sans devoir imprimer ou frapper de l’argent. Donc une affaire de quelques secondes. »

De fait, la question n’est pas de savoir SI la bulle financière éclatera, mais QUAND elle éclatera… et inutile de quitter le bateau de l’euro au milieu des flots déchainés, pour épouser une nouvelle fiancée (franc, mark, couronne, livre sterling, etc.), le naufrage sera pour tous les passagers ceux d’une frêle esquif à la dérive et pour ceux du Titanic transatlantique. Une confidence à vous tous, chacune des banques centrales prépare une dévaluation de sa monnaie… puisque ce sera la seule « solution » après la déflation et la Grande dépression que nous annoncions dans un article précédent (2).

Monsieur Hamer poursuit son apocalypse « Ce serait également une nouvelle redistribution, car des valeurs monétaires seraient anéanties, mais les valeurs réelles seraient toujours présentes. Mais les États, à la place d’une cure d’amincissement draconienne sur eux-mêmes, pourraient essayer de confisquer les valeurs réelles de leurs citoyens. Tout en prétextant le principe de l’égalité-équité, mais en vérité parce qu’ils ne sauraient supporter politiquement des mesures draconiennes d’économie. » Vous avez une bonne intuition, monsieur l’économiste, c’est bien ce que préparent les banques centrales.

« Il faut donc voir la politique de l’intérêt zéro de la BCE comme le dernier tir d’un bateau de guerre qui est en train de couler. C’est un signe qu’il est pour nous urgent d’agir et de transformer l’argent en valeurs réelles. »

 

Dernier coup de canon avant le naufrage du Bismark

Dernier coup de canon avant le naufrage du Bismark

 

J’aime la métaphore du Bismarck en perdition, mais un doute m’assaille, n’avez-vous pas écrit qu’il a dix ou cent fois plus d’argent (virtuel) en circulation qu’il n’y a de marchandises disponibles sur les marchés – comment transformer ce trop d’argent en marchandises ? Autre doute qui me trouble, les États capitalistes nous laisseront-ils déguerpir avec nos devises ? Et pour aller où ? Enfin, pour la plupart des pèquenots que nous sommes, nos épargnes, ce sont nos maisons ou ce qu’il en reste et notre fonds de pension qui est administré en fiducie, intouchable et irrécupérable ! J’ai bien peur que votre solution désespérée soit impraticable (3).

En conclusion, il est impossible d’échapper à la crise économique systémique du mode de production capitaliste en restant à l’intérieur du système capitaliste – et ce n’est pas pour M. Draghi et sa clique faute d’essayer par tous les chemins maritimes minés, ils sont tous enferrés des deux côtés de l’Atlantique et le problème c’est le Titanic (ou le Bismarck) et non le capitaine qui a déjà quitté le paquebot, rescapé sur un rafiot qui prend l’eau.

Robert Bibeau
http://www.les7duquebec.com
11/05/2016

Source : 7 du Québec

Références :

(1) Titre original : Intérêt 0,0% – la crise financière, mise en arrière-plan, est de retour !
Par Eberhard Hamer, juriste et professeur d’économie. 10.05.2016.
Source URL : http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=4901
(2) Bibeau 27.04.2016. Déflation, le dernier tourment avant la Grande dépression http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deflation-le-dernier-tourment-avant-la-grande-depression/
(3) Bibeau 4.05.2016. Quel est le problème avec les profits extravagants ?
http://www.les7duquebec.com/7-au-front/quel-est-le-probleme-avec-les-profits/
http://www.polemia.com/quel-est-le-probleme-avec-les-profits/

Correspondance Polémia – 13/05/2016

Image : Le Titanic

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Commentaire de la rédaction :

Nous appartenons à une société dont la population en retraite augmente d’année en année. Alors il se peut que Messieurs Hollande et Valls (ne parlons pas de Monsieur Sapin !), aient trouvé une astuce pas trop douloureuse pour réduire la masse monétaire et par voie de conséquence un moyen pour mieux gérer le fort potentiel d’inflation qui nous guette.
A ce propos, un articulet navigue sur la toile.
Le voici :

Impôts 2016 : Dans une vérité dite… il y en a souvent une autre…

“Si vous êtes retraité : Il n’y aura pas d’impôts nouveaux (votés) en 2016”

Vous l’avez entendu ça ! Il y a peu, de la bouche de notre Président.
Mais une autre vérité est restée bien cachée. Un sujet oublié par M. Hollande un certain jeudi soir.
Le vendredi tout le monde exposait “qu’il” n’avait pas été bon…
Je suis d’un autre avis. Le prestidigitateur a réussi une partie de son numéro :
” Je te montre mais tu ne vois rien !”

Avis de contributions sociales - prélèvement pour le remboursement de la dette sociale en France

Avis de contributions sociales – prélèvement pour le remboursement de la dette sociale en France

Voyez plutôt :

Le taux de CSG augmente pour les retraites qui dépassent  1300 EUROS
(le seuil de pauvreté est à 950 euros).
Près de 460 000 retraités verront leur taux de CSG passer de 6,8% à 10,6% au
1er JUIN 2016, c’est-à-dire une baisse de leur retraite de 2.8 % ! Tiens, tiens.

Concrètement qu’est-ce que ça donne ?

436 EUROs de moins par an pour une retraite de 1 300 EUROS !
672 EUROs de moins par an pour une retraite de 2 000 EUROS ! (le prix d’un voyage pour beaucoup)
1 008 EUROs de moins par an pour une retraite de 3 000 EUROS !

Pas si vite… c’est pas fini !

De plus, la part de la CSG déductible n’étant que de 4.2 % sur les 6.6 %, les retraités paieront l’impôt sur le revenu sur les 2.2% de la CSG  non déductibles  restants !
Donc ils paieront l’impôt sur l’impôt.
L’affaire débute le 1er juin 2016 mais pourquoi pas le 1er janvier 2016 ?
Pour la simple raison que cela ne jouera que sur 50% du revenu cette année et que cela n’aura qu’une 1/2 incidence lors de la déclaration fiscale de 2017 celle qui devra être faite juste avant les élections. C’est pas malin ça ?
Et ce n’est que le début !
Bientôt augmentation de la TVA et suppression  pour les retraités des 10 % sur le calcul de l’impôt…

Là aussi il y a amélioration…

Continuez à dormir braves gens… Le “casqué” veille sur vous…
Hollande peut dormir tranquille “On” votera pour lui l’année prochaine… c’est sûr !
Mais qu’il parte ou qu’il reste le mal sera fait. Les suivants diront comme d’habitude :
C’est pas nous !

Polémia, par procuration.
13/05/2016