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Jeunes de France : Donnez-leur un idéal !

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Madeleine Bazin de Jessey, agrégée de lettres classiques, porte-parole de Sens Commun, déléguée nationale des Républicains en charge des programmes de formation.

♦ La juste analyse de Madeleine Bazin de Jessey
Pour Madeleine de Jessey la pertinence d’une civilisation se mesure à l’aune de sa vigueur culturelle : c’est parce que nous avons laissé notre culture s’effondrer que la barbarie a réapparu. Et parce que « le mal est en nous. » (La faute à Rousseau.com)


Frappes en Syrie, fermetures des mosquées salafistes, perquisitions et arrestations… Ces opérations s’imposaient, elles ont été prises immédiatement et nous ferons tous bloc derrière le gouvernement pour qu’il les mène à bien, jusqu’au bout.

Il serait illusoire, cependant, de penser que ces mesures d’urgence suffiront. Qu’on se le dise: l’élimination de l’Etat islamique en Syrie ne nous mettra pas hors de danger, car le mal est en nous. Et la neutralisation des individus dangereux en France s’avèrera temporairement efficace, certes, mais d’autres s’empresseront de reprendre le flambeau, sous des formes toujours nouvelles et toujours plus barbares. Pourquoi? Tout simplement parce que notre modèle de civilisation est aujourd’hui incapable de retenir ces jeunes assoiffés de radicalité et d’absolu. Si Daech a pu planter dans le crâne de ces Français son sinistre drapeau noir, c’est parce que nous y avions nous-mêmes semé la culture du vide.

Ces jeunes avaient besoin de repères, nous leur avons donné une société sans racines, sans projet commun et sans limites.

Ils avaient besoin de cadres, nous leur avons appris à renier toute forme d’autorité, à tuer ancêtres, père et mère pour qu’ils grandissent comme des herbes folles dans le mythe fallacieux de l’homme auto-fondé.

Ils avaient besoin d’histoire et de modèles identificatoires, nous leur avons appris à haïr notre passé à travers des séances d’auto-flagellation permanentes qui les ont entretenus, pour les uns, dans une culpabilité étouffante, et pour les autres, dans une victimisation haineuse.

Ils avaient besoin d’action, de dévouement et de sacrifice, nous avons remplacé le service militaire par des écrans, des jeux vidéo et quelques terrains de sport, en pensant que ces succédanés d’action suffiraient à calmer leur bougeotte.

Ils avaient besoin d’amour, nous leur avons appris à jouir en toute sécurité en exhibant dans nos kiosques, à la vue de tous, les stars du X qui leur montrent la voie de la «performance».

Ils avaient besoin de cette beauté qui élève l’âme, nous les avons entourés de fer et de béton ; nous avons remplacé l’étude des plus beaux extraits de notre littérature par des cours techniques, insipides et jargonnants, sans chercher à développer de lien charnel entre eux et les plus grandes réalisations de notre patrimoine.

Ils avaient besoin de spiritualité, nous avons fait d’une laïcité creuse une valeur absolue et érigé la consommation comme seul voie d’accomplissement, en leur accordant au passage l’ouverture des centres commerciaux le dimanche pour qu’ils trouvent un sens à leur vie en contemplant des objets qu’ils ne pourront sans doute jamais se procurer.

Bref, ils avaient besoin de ferveur, ils étaient prêts au dépassement d’eux-mêmes, et nous leur avons appris à zapper et à se divertir.

Comme le disait très justement Natacha Polony trois jours avant les attentats du 13 novembre: «Nous avons réduit la société occidentale à ce qu’elle a de plus faible: le bien-être et le droit des peuples à disposer d’un écran.» Comment s’étonner, dès lors que cette culture du rien soit aujourd’hui concurrencée par le nihilisme de Daech?

L’humanité d’une civilisation se mesure à l’aune de sa vigueur culturelle. C’est parce que nous avons laissé notre culture s’effondrer que la barbarie a réapparu. Nous avons cru que l’affirmation de ce que nous sommes agresserait les nouveaux venus en France, alors que c’était au contraire la condition même de leur intégration parmi nous et, partant, de leur épanouissement. C’est parce que nous avons renié notre héritage et nos racines que nous voyons aujourd’hui resurgir parmi nos fils et nos filles une violence qu’on croyait à tout jamais bannie de notre territoire.

Notre réponse à l’Islam radical sera vaine si elle se limite à des réactions sécuritaires, militaires ou politiques ; sur le long terme, nous ne gagnerons la guerre qu’à la condition d’aimer et de faire aimer un héritage culturel commun. Notre société devra réaffirmer l’amour de sa culture et de ses grands penseurs, la fierté de toute son histoire, des Gaulois à notre République, et l’attachement aux racines judéo-chrétiennes qui lui donnent sa stabilité et ses ressources spirituelles. La culture du seul divertissement et de la consommation sans limites ne satisfait plus personne. Nos enfants ne résisteront aux sirènes de l’islamisme qu’à la condition d’être intégrés à une civilisation qui réponde à l’exigence de leurs aspirations. Il est temps de leur donner un idéal. 

Madeleine Bazin de Jessey
19/11/2015

Source : La Faute à Rousseau.com
Correspondance Polémia – 26/11/2015

Image : le drapeau, l’honneur, la patrie.