Rubrique : Société
Le : 09 Octobre 2006
L'immigration a-t-elle un coût ?
Introduction
Les phénomènes migratoires, du fait des progrès de la communication
et des facilités du transport international, ont revêtu depuis une
quinzaine d’années une importance croissante. Ils touchent pratiquement
toute la planète avec cependant deux zones particulièrement concernées,
les Etats-Unis à partir du Mexique et l’Europe à partir du
Maghreb et surtout de l’Afrique Noire.
Longtemps abordés en des termes purement humanitaires, ces phénomènes,
dès lors qu’ils prennent une ampleur significative, doivent nécessairement
attirer l’attention de l’économiste, notamment en ce qui concerne
les coûts de l’immigration et, en contrepartie, ses avantages.
Ce problème a longtemps été occulté, voire nié, et encore aujourd’hui.
Selon certains, l’immigration était, forcément – comme aurait dit Marguerite Duras –, bénéfique pour le pays d’accueil. Certains bonnes consciences allaient même jusqu’à dénoncer la fuite des cerveaux provoquée par l’immigration et la perte de richesses qui en résultait. Les pays d’accueil importaient, en effet, des hommes « tout faits », clefs en main, au détriment des pays « producteurs » qui les avaient patiemment formés, élevés et éduqués, lesquels devenaient en quelque sorte victimes de cette prédation d’un nouveau genre. Comme si l’Europe importait des futurs prix Nobel par cargaisons entières d’Afrique Noire ou d’Afrique du Nord en abandonnant derrière eux dans la savane leurs amis et leurs proches moins qualifiés.
D’autres bons esprits, dans la même veine, voyaient les migrants du tiers-monde venir construire les cathédrales modernes que sont nos HLM et apporter leur pierre à notre prospérité. L’immigration devenait une bonne affaire pour nous.
Tout cela fait partie des mythes et des raisonnements justificatifs dont s’est longtemps nourri l’imaginaire français en matière d’immigration.
En fait, à la lumière d’un certain nombre de travaux menés tant en France qu’outre-Rhin, la réalité commence péniblement à se dégager de la gangue des demi-mensonges et des idées toutes faites dans laquelle elle a tant de temps été engluée : l’immigration a un coût, et ce coût est bien plus élevé et durable qu’on ne pouvait l’imaginer, et cela à un triple niveau financier, économique et sociétal.
1° Les coûts financiers et budgétaires
Une première tentative, courageuse mais incomplète, de la Cour des comptes a été conduite sous la plume de son président, Philippe Seguin. Elle a abouti, à l’issue de nombreuses semaines de recherches laborieuses menées par une équipe étoffée d’énarques de talent, à un volumineux volume où l’on ne trouve à peu près rien. La montagne a accouché d’une souris, faute de documents et de statistiques considérés comme suffisamment fiables par la Cour des comptes. Cela se comprend. La Cour est naturellement tenue à une certaine rigueur comptable. Au surplus, ce résultat décevant tient largement au fait que, la plupart du temps, l’administration française ne dispose pas de statistiques suffisamment fines. En tout état de cause, cette dernière fait preuve d’une mauvaise volonté manifeste à aller plus loin dans ces recherches dont elle ne voit pas l’intérêt, quand elle ne s’y oppose pas franchement, en raison des travers idéologiques fort répandus dans ses rangs.
En Allemagne, le professeur Birg, de l’Université de Bielefen, est allé beaucoup plus loin [1]. Il ressort de ces études menées à bien avec le sérieux que l’on reconnaît aux chercheurs allemands, que, par l’impôt ou les cotisations sociales, la communauté turque couvrait environ le tiers de ses coûts sociaux (santé et chômage), le solde étant naturellement pris en charge par la population d’accueil.
En France, une équipe d’économistes réputés a entrepris un travail analogue à partir d’une documentation dispersée et fragmentaire, complétée, autant que faire se pouvait, par quelques hypothèses raisonnables [2]. L’intérêt de cette démarche originale résidait, non seulement dans ses résultats, mais aussi dans la méthode mise au point à cette occasion, méthode qui pourrait être utilisée avec fruit pour affiner ces recherches. Quoi qu’il en soit, assortis des réserves d’usage, ces travaux parviennent, et cela est en soi remarquable, à peu de choses près aux mêmes conclusions que les recherches d’outre-Rhin : à savoir que les communautés immigrées résidant en France, aussi bien celle de la première génération que celle de la deuxième, couvrent approximativement le tiers des dépenses budgétaires et sociales qu’elles occasionnent (voir en annexe un essai de chiffrage).
Il en ressort, pour l’immigration et l’intégration, toutes catégories de dépenses confondues : scolarité, logement, lutte contre la délinquance et maintien de la sécurité, chômage et santé, aides sociales, etc., etc., un coût de 24 milliards d’euros pour ce qui concerne l’immigration et de 12 milliards d’euros pour l’intégration.
Il est permis de penser que ce second chiffre, calculé de façon quelque peu forfaitaire, est largement sous-estimé et qu’il serait justifié de le multiplier par deux ou trois sans crainte de se tromper beaucoup.
Quoi qu’il en soit, il en ressort que, même assorti de cette réserve, ce chiffre global de 36 milliards d’euros représente quand même :
– 80 % du déficit public (45 milliards) ;
– 13,5 % des dépenses publiques ;
– 2,4 % du PIB ;
– 3,5 fois le « trou » de la Sécu (10 milliards).
Vu sous un autre angle, ce chiffre équivaut à :
– 87 % du budget de la Défense nationale (41,5 milliards) ;
– les deux tiers du budget de l’enseignement scolaire ;
– 2 fois le budget de l’Enseignement supérieur ;
– 7 fois le budget de la Justice, etc. etc.
Il ressortirait ainsi de ces calculs que le coût moyen de chaque immigré pour la collectivité nationale – en retenant le chiffre communément admis de 5 millions de personnes – s’élèverait, en principe, à quelque 7 000 euros par an.
On pourrait également en déduire que l’entrée, chaque
année, sur le territoire national d’immigrés supplémentaires
(250 000 entrées en 2004) se traduirait par une dépense additionnelle
de 100 000 euros par tête au titre de l’immigration et de l’intégration.
Mais force est de reconnaître que les experts, ébahis devant l’énormité
de ce chiffre, ne sont pas parvenus à se mettre d’accord entre
eux sur la bonne méthode à suivre pour calculer le coût
de l’immigré marginal (au sens économique du terme, à
savoir les derniers entrés, en une année, sur le sol français,
en l’occurrence 250 000). Si bien qu’il est provisoirement possible
de conclure que ce coût doit se situer quelque part entre un « plancher
» de 7 000 euros (le coût moyen) et un « plafond » de
100 000 euros.
C’est à ce stade que se pose le problème du coût économique
de l’immigration.
2° Le coût économique
Les immigrés apportent, il est vrai, une certaine contribution, par le paiement de leurs cotisations sociales et de leurs impôts, au financement des budgets, mais aussi, par leur travail, à la production nationale, le PIB (voir annexe). Mais il semblerait bien que ces contributions restent modestes et seraient loin de compenser les prélèvements opérés sur les ressources de la population d’accueil. La seule réponse à une telle disproportion entre les coûts et les recettes budgétaires et sociales procurées par la contribution des immigrés au budget de la nation réside naturellement dans une meilleure intégration susceptible de réduire le chômage des immigrés mais surtout de relever leur qualification professionnelle. Notons au passage que la BRI souligne que l’immigration de masse, aux Etats-Unis comme en Europe, contribue à repousser les salaires vers le bas, sauf en France où l’existence du SMIG fait tout simplement basculer dans le chômage les travailleurs supplémentaires inemployables en raison d’un coût trop élevé [3].
En réalité, le problème majeur que pose l’entrée massive (250 000 en 2004) d’immigrés provenant pour la plupart de pays du tiers-monde tient au fait qu’une économie moderne comme celle de la France réclame des travailleurs qualifiés disposant de compétences spécifiques et non des travailleurs peu ou pas qualifiés. A cet égard, on a dit que la France « exportait des bacs plus 5 et importait des bacs moins 5 ». Ces derniers, quelles que soient leurs motivations, risquent fort de devenir chômeurs ou des assistés sociaux. C’est évidemment le cas pour les immigrés venus en France au titre du regroupement familial (2 500 000 environ sur 30 ans) et du droit d’asile, qui n’ont d’autres ressources que celles qui sont fournies par le système social français, fort généreux au demeurant. C’est d’ailleurs une des raisons, non la seule, bien sûr, mais non la moindre, pour laquelle les comptes sociaux sont largement saturés.
Mais il y a plus. Les projections démographiques montrent, en effet, que chaque année des dizaines, puis des centaines de milliers de jeunes issus de l’immigration vont entrer sur le marché du travail en quête d’emploi. Il ne faut pas être grand clerc pour en déduire que meilleure sera leur formation, meilleures seront leurs chances de ne pas aller grossir les chiffres du chômage et de la délinquance. Contrairement à la situation d’il y a 30 ans, la France d’aujourd’hui, pour croître et se moderniser, a moins besoin d’aides soignantes pour les personnes âgées, de balayeurs, de nounous ou femmes de ménage que d’emplois qualifiés et rémunérateurs : ingénieurs, techniciens et cadres de haut niveau.
Outre le fait que ce ne sont pas les modestes cotisations de ces emplois modestes qui permettront de financer les retraites ou les dépenses de santé qui croissent de façon exponentielle compte tenu du vieillissement de la population, mais bien celles tirées d’emplois à forte rémunération. Si bien qu’il est permis de croire que les populations issues de l’immigration, loin de contribuer à « financer nos retraites », risquent fort de les ponctionner. Immigrés non intégrés et retraités vont donc probablement entrer en concurrence pour ce qui concerne les prélèvements opérés sur des ressources nationales de plus en plus rares.
Mais, en dehors même de cette observation, il est un autre aspect de l’immigration à faible qualification qui a longtemps échappé, et qui échappe encore, aux observateurs. Car, même en supposant que ces travailleurs immigrés de la première ou plus souvent de la deuxième génération trouvent du travail, il n’en reste pas moins que leur manque de qualification professionnelle tire vers le bas la productivité nationale moyenne. En effet, l’on sait bien que ce sont les progrès de la productivité du travail – à volume constant de la population active – qui sont à l’origine de la croissance économique : sans progression de la productivité par tête, pas de croissance ; avec une productivité faible, croissance faible. Aucune économie ne peut s’exonérer de cette relation implacable.
Aussi longtemps que les immigrés, et leurs descendants, ne constituaient qu’une faible partie de la population active, l’insuffisance de leur productivité n’avait en fin de compte qu’une incidence mineure sur la productivité moyenne française. Il en va naturellement tout autrement dès lors que les populations issues de l’immigration sont appelées à constituer une fraction croissante de la population globale et, partant, de la population active, celle qui produit les biens et les services annuels qui constituent le PIB ou la richesse de la France. Or c’est bien ce qui est en train de se produire.
D’ores et déjà les communautés originaires de Turquie, du Maghreb et d’Afrique Noire, dont on peut raisonnablement supposer que leur productivité est faible, faute de qualification, constituent déjà au moins 10 % de la population totale. Elles représentent déjà 16 % des naissances métropolitaines (125 000 naissances en 2005, mais 147 000 en 2010 et 245 000 en 2030) [4], compte tenu d’un différentiel de fécondité qui est, en moyenne, plus du double de celui des autochtones. Mais dans quelques années le pourcentage passera en 2023 à 18 % et à 28 % en 2030. Il est clair que dans une telle perspective, et si rien n’est fait pour corriger cette tendance, la sous-productivité des immigrés pèsera lourdement sur la productivité nationale qu’elle va contribuer à faire baisser. La France sera dès lors soumise à un handicap de croissance à caractère structurel qu’il sera difficile de remonter.
3° Le coût sociétal
Reste que les coûts « invisibles » de l’immigration sont également à prendre en compte, ceux que la froideur de la statistique ne permet pas de saisir commodément, sinon de façon très imparfaite par le biais des dépenses hospitalières, du mauvais fonctionnement des hôpitaux envahis par une population de malades exigeants et parfois difficilement supportables par un personnel harassé. Il en va de même pour l’Education nationale sujette à des mouvements de grèves à répétition qui traduisent souvent l’épuisement des enseignants confrontés au quotidien à des élèves plus âgés que la normale, peu motivés, voire franchement dangereux comme la presse le rapporte chaque jour. On en dirait autant des contrôleurs de la SNCF ou des chauffeurs de bus de la RATP.
A cet égard, il est possible de démontrer que les mouvements migratoires sont, par essence, criminogènes [5]. Ils portent en eux la violence, comme la nuée porte l’orage dans ses flancs. Cela est vrai sous toutes les latitudes et à toutes les époques. Ainsi en est-il allé aux Etats-Unis au XIXe siècle des vagues d’immigration irlandaise, qui ont donné naissance aux gangs irlandais de New York (avant que les Irlandais ne deviennent les piliers réputés de la police new-yorkaise) et aussi de l’immigration italienne qui a longtemps alimenté les rangs des célèbres maffias.
La transplantation en masse d’une population immigrée déracinée, coupée de sa langue et de ses origines, donne lieu à des phénomènes identiques, encore aggravés par le choc culturel avec une société libertaire et hédonistique comme la nôtre où l’accès à la consommation gratuite paraît garanti de droit. Aussi n’est-il pas surprenant que les statistiques de la délinquance, pourtant soigneusement épurées, font apparaître un taux de délinquance moyen dans les populations immigrées très largement supérieur au taux de délinquance général. Tout cela a un coût social élevé qui, tôt ou tard, se reflète dans les statistiques économiques ou budgétaires (la France emploie ainsi environ 500 000 personnes, policiers, gendarmes, vigiles, gardiens, etc., dans le domaine de la sécurité et du maintien de l’ordre, soit plus du double qu’il y a quelques années). Et la question du terrorisme ne sera pas abordée ici.
Mais il y a plus grave.
Si toute immigration est criminogène, elle est aussi déstabilisatrice sur le plan sociétal, surtout lorsque des flux migratoires en forte croissance proviennent de populations d’origine ethnique et de religions fort éloignées de ceux de la population d’accueil.
Le cas, souvent cité, des migrations aux Etats-Unis n’est nullement probant. Au XIXe siècle, les immigrés, d’origine européenne, avaient tôt fait de se constituer une niche plus ou moins confortable assurant plus ou moins leur intégration dans la société américaine. Au XXe siècle, les immigrés hispanisants avaient en commun avec les Américains un fond de religion chrétienne, outre le désir de se fondre eux aussi au plus vite sur le marché du travail [6]. C’est d’ailleurs de moins en moins le cas aujourd’hui.
Quoi qu’il en soit, tout autre est la situation européenne, et notamment française, où un système social excessivement généreux garantit un niveau de vie minimal à tout un chacun, même sans travail, sans compter l’aide médicale gratuite, la scolarité gratuite, les allocations familiales généreuses, même et surtout en faveur des ménages polygames.
Il est clair que dans un tel contexte la volonté d’assimilation, à supposer qu’elle ait existé au départ, ne tarde pas à s’évaporer promptement. Bien plus, la coexistence de communautés immigrées repliées sur elles-mêmes, sûres de leur bon droit et de leur force, ne manque pas d’exercer une influence fortement déstabilisatrice sur les populations françaises vivant à leur contact. Ainsi les adolescents français vivant dans les quartiers sensibles adoptent-ils le langage et les mœurs des « Jeunes » de l’immeuble voisin. C’est l’assimilation à l’envers.
Notons qu’il ne s’agit pas là, en fait, d’une situation propre à la France. Dès lors que les flux migratoires atteignent un certain niveau et que le « stock » d’immigrés dépasse un certain seuil, l’assimilation ne se fait plus. On le constate même aux Etats-Unis, pays pourtant né de l’immigration, qui détient les records des entrées migratoires régulières ou clandestines. Les Etats-Unis sont, bon gré mal gré, passés du « melting pot » de naguère au « salad bowl » d’aujourd’hui. Le fameux communautarisme anglo-saxon dont ce pays se félicitait, car il croyait y avoir trouvé la recette miraculeuse autorisant la coexistence heureuse de communautés diverses au sein d’une même nation, connaît de sérieux ratés. En témoigne la montée en puissance spectaculaire d’une communauté hispanique, sûre d’elle-même, fière de sa langue et de son identité. Et ce n’est pas la seule. Le communautarisme américain semble bien avoir épuisé ses effets.
On constatera le même phénomène en Angleterre où les attentats de Londres ont été perpétrés par une poignée de jeunes issus de l’immigration, apparemment bien intégrés, disposant d’un travail, bien logés, parfois mariés… jusqu’au jour où l’Islam a frappé à leur porte.
L’assimilation « à la française » qui devait transformer des immigrés provenant de cultures et de langues lointaines en Français respectueux des lois de la République et partageant l’amour du pays débouche sur un échec spectaculaire. On l’a bien vu, après le fameux match France-Algérie du 6 octobre 2001, et plus récemment encore, à l’occasion des émeutes de novembre 2005 où l’on a pu voir des milliers de jeunes issus de l’immigration cracher sur les écrans leur haine du pays qui les avait vu naître.
En réalité, quel que soit le pays et quelle que soit l’époque, dès lors que l’importance des communautés immigrées a franchi un certain seuil volumétrique en termes de pourcentage de la population totale, et cela quelles que soient les méthodes employées ou les cheminements adoptés, l’assimilation devient problématique, voire impossible. L’immigration provoque alors inéluctablement l’érosion, puis la dislocation, enfin la destruction des structures sociétales susceptible d’engendrer le terrorisme ou même de déboucher un jour sur des tentations séparatistes. Cette étape ultime a d’ailleurs bel et bien été franchie au Kossovo.
***
En conclusion, en réponse à la question posée « L’immigration a-t-elle un coût ? », la réponse manifeste est qu’elle en a plusieurs, de nature et de portée différentes, immédiats ou différés, visibles ou occultés. La France, soumise à des flux migratoires croissants qu’elle n’arrive pas à contrôler, ne pourra pas échapper à un sous-développement structurel qui la fera décrocher du sentier de croissance des autres pays développés. C’est d’ailleurs déjà très largement le cas si l’on en juge par les comparaisons internationales où notre pays fait systématiquement mauvaise figure. Il est vrai que l’immigration est loin d’être le seul facteur en cause. Mais cette évolution défavorable risque d’être fortement accélérée et amplifiée.
En fait, l’immigration apparaît bien comme la reine des batailles démographiques, et donc géopolitiques, celles d’hier comme celles du XXIe siècle débutant. C’est de toute évidence le grand défi de ce siècle. Il est pieusement ignoré, aussi bien par la classe politique que par les instances internationales qui ne veulent connaître que la vulgate officielle pétrie de considérations humanitaires alors que l’on est clairement en présence, ni plus ni moins, de problèmes de survie collective.
Car ce phénomène planétaire, qui concerne essentiellement les continents africain et latino-américain, prend racine dans des causes complexes et irréversibles, le différentiel de fécondité, la mondialisation [7] et, toujours en Afrique, les changements climatiques qui stérilisent par la sécheresse d’immenses territoires peuplés.
Ce mouvement irrésistible, sans épargner les Etats-Unis, risque
fort d’engloutir la vieille Europe, victime de valeurs datant d’un
autre temps qui la privent de la détermination et de la lucidité
qui seraient nécessaires pour renverser le cours des choses.
A moins que quelques cataclysmes planétaires, catastrophes naturelles
d’une ampleur inconnue, guerres nucléaires régionales ou
mondiales, épidémies mondiales de type nouveau, ne viennent inopinément
détourner le cours du fleuve de notre histoire. Faut-il le souhaiter
?
Yves-Marie Laulan,
président de l’Institut de géopolitique des populations
Notes :
[1] H. Birg, « Die demographische Zeitenwende-der Bevölkerungssrükgang
in Deutschland und Europa », Munich, Verlag CH. Berck.
[2] « Immigration/intégration : un essai d’évaluation
des coûts économiques et financiers », sous la direction
d’Yves-Marie Laulan, L’Harmattan, 2005.
[3] Rapport 2006 de la Banque des règlements internationaux (BRI).
[4] Rappelons que le chiffre des naissances métropolitaines, y compris
les naissances d’origine étrangère, est de 774 600. Les
naissances métropolitaines des Français de souche ne doivent guère
excéder 650 000 par an. L’Insee s’attache à dissimuler
ces réalités statistiques par une présentation trompeuse
consistant à amalgamer naissances françaises, étrangères
et naissances des DOM-TOM, y compris Guyane, Mayotte, Comores, etc.
[5] « Analyse des menaces criminelles contemporaines », Xavier Raufer,
Paris II Panthéon Assas.
[6] Aux Etats-Unis, les musulmans ne représentent pas plus de 3 % de
la population totale.
[7] Qui ruine les petits agriculteurs, notamment en Afrique et les envoie en
ville, première étape pour l’émigration vers l’Europe.
Annexe
Evaluation de la contribution des populations issues de l’immigration
:
Un essai de simulation quantitative
I. – « Balance des paiements » en termes financiers :
1° Sur la base d’une population estimée à 5 millions
d’individus principalement originaires de Turquie, du Maghreb et d’Afrique
noire (*).
On supposera que chacun gagne, par hypothèse, 1 000 euros par mois (soit
plus ou moins le SMIG), à savoir 12 000 euros par an.
2° Ils acquittent, par la TVA, 20 % de ce total, soit environ 2 400 euros par an, soit 2 400 x 5 000 000 = 12 milliards d’euros de TVA.
3° Mais ils coûtent à la collectivité nationale 36
milliards d’euros sous diverses formes (cf. le Colloque du 17/11/05 **)
et ne couvrent, en conséquence, que le tiers de leurs coûts annuels.
II. – « Balance des paiements » en termes de PIB :
1° Ces derniers contribuent au PIB à hauteur de 60 milliards d’euros (en supposant que leur contribution égale le montant de leur salaire), soit 12 000 euros par an.
2° Le PIB français est d’environ 1 500 euros par an (2003), si bien que leur contribution, en termes de pourcentage, est d’environ 4 % (alors qu’ils représentent 9 % de la population).
3° En réalité, compte tenu d’un taux de chômage d’environ 20 %, leur contribution réelle se situerait plutôt autour de 40 milliards d’euros (proche des 36 milliards de prestations reçues), soit moins de 3 % du PIB.
Ces estimations ne sont naturellement que des ordres de grandeur et gagneraient à être précisées.
Yves-Marie Laulan
(*) Les populations issues de l’UE et de l’Europe de l’Est
ne se différencient guère de la population française d’origine.
(**) http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1133&cat_id=36
© Polémia
02/10/06
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