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A l’Ouest, rien de nouveau

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Frédéric Villaret, écrivain, essayiste

♦ Haro sur les Polacks ! Ayant rempli leur parlement de députés identitaires, la bien-pensance leur tombe dessus. Une de leurs volontés est de refuser la submersion de migrants imposée par l’Union européenne (UE). Ceux-ci sont désormais la cible d’UEcrates les menaçant de sanctions exemplaires s’ils en refusent les diktats.

En France, les 40% d’électeurs (*) ayant voté (au moins une fois) pour les listes FN aux régionales sont une fois encore assimilés à des racistes décérébrés motivés par la haine. On nous présente Donald Trump, candidat à la présidence des USA, comme l’incarnation de l’imbécile. Son public est white, white. On ne parlera pas de ce qui se passe dans d’autres pays, eux aussi en proie au vote identitaire, en général, et au vote Blanc, en particulier.


Le melting pot commun

Notre planète a fait l’objet d’un brassage de populations phénoménal depuis maintenant plus d’un siècle. Hier, beaucoup d’Européens, c’est-à-dire les Blancs, allaient chercher sous d’autres cieux ce qu’ils n’avaient pas au pays. Mais, depuis, les flux ont changé. Désormais, partout des populations allogènes, c’est-à-dire pour résumer des non-blancs, submergent des contrées peuplées de Blancs jusqu’alors préservées de ces mouvements. Ainsi, la Suède était relativement homogène ethniquement jusqu’à il y a peu. Une visite à Stockholm convaincra vite que c’est du passé. L’Allemagne, aussi, se voit imposer une population allogène justifiée par un marché du travail tendu alors qu’à moins de 700 km de sa frontière des centaines de milliers d’Ukrainiens rêvent de percevoir le salaire minimum d’Angela Merkel. Pourtant, a priori, un Ukrainien est plus proche ethniquement d’un Allemand qu’un Erythréen ou un Irakien. L’intégration serait plus facile.

Comment en sommes-nous arrivés là, alors qu’il y a encore peu, les questions identitaires n’animaient pas nos contemporains ?

Délicat de répondre. Les différentiels de croissance démographique sont indubitablement l’essence de tout cela, mais le moteur en est la politique. Hier, les Blancs submergèrent des peuples en infériorité démographique et technique. Mais leurs territoires étaient souvent quasiment vides, comme en Amérique du Nord. Là où des peuples et des civilisations s’étaient développés, ceux-ci résistèrent et chassèrent finalement les colonisateurs. Il serait intéressant de savoir combien d’Européens sont encore durablement installés en Afrique du Nord. Le repli fut si puissant que nous dûmes même embarquer les Maghrébins juifs.

Le constat est que le clivage fondamental en politique oppose désormais des identitaires qui se cherchent, à des mondialistes sûrs de leur bon droit. C’est un fait obligeant à abandonner cette distinction dépassée entre gauche et droite ; progressistes d’un côté, conservateurs de l’autre. On peut être de gauche, aujourd’hui, c’est-à-dire considérer que les droits naturels du peuple sont inattaquables, admettre l’évolution nécessaire de nos sociétés, et refuser le forçage démographique de ces derniers.

Le mondialiste rêve d’un monde apaisé, dirigé par une élite ploutocratique les unissant au nom de valeurs transcendant tous les antagonismes ayant animé l’Histoire depuis la nuit des temps. Les racines sont connues : elles plongent dans la Bible, Ancien et Nouveau Testament. L’Identitaire, lui, considère que nous sommes le fruit de milliers d’années d’évolution et d’histoire et que rompre avec est dangereux pour tous.

Américanisation et mondialisation

La société la plus religieuse au monde – la société étasunienne – mit en œuvre son projet mondialiste après avoir submergé l’Europe de l’Ouest en 1944/45. Après avoir éliminé les classes dirigeantes historiques, puis promu des obligés, elle entreprit de modeler les territoires conquis à son image. Quoi de plus normal ? Ainsi, Jean Monnet, fondateur et président de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA, ancêtre de l’UE) de 1952 à 1955, créa ensuite le Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe. Celui-ci siégea au 83 avenue Foch à Paris, face à l’Université Paris-Dauphine, ouverte en 1968 et dédiée à l’économie capitaliste. Les bâtiments l’abritant avaient été initialement construits entre 1955 et 1957 pour le secrétariat général de l’OTAN. No comment !

Américanisation et mondialisation sont donc des noms différents pour désigner la même chose : un projet politique faisant du passé table rase, fondé sur un Homme indéterminé mû par des valeurs ploutocratiques.

Des zones européennes y échappèrent initialement. On évoquera les zones préservées de l’invasion US comme la Suède ou l’Espagne, ou ayant développé une culture hostile au melting pot. Naturellement, l’Allemagne et l’Italie sont à ranger dans cette liste. Aujourd’hui, c’en est fini. A l’heure actuelle, les 67.000 soldats américains stationnés en Europe ont convaincu les peuples européens d’accepter le modèle US dont la conséquence est une mutation démographique que les plus explicites qualifient de « Grand Remplacement ». Mais les zones envahies par l’URSS conservent leur identité européenne. Ainsi, en 2008, l’équipe de France de football avait été accueillie en Lituanie par des supporters brandissant une pancarte « Bienvenue en Europe » sur fond d’Afrique peinte en bleu, blanc, rouge.

L’URSS, garant de l’identité européenne

Alors que les USA détruisirent méthodiquement tout ce qui avait fait la force de l’Europe pour le remplacer par d’autres institutions plus dévouées, les Russes, craignant une invasion, préservèrent soigneusement ce qui avait fait le succès des nations qu’ils combattirent. D’emblée, ceux-ci surent qu’après l’Allemagne, l’URSS figurait sur la liste des Etats à détruire. La Guerre froide s’ensuivit. Anticipant l’affrontement ultime, ils mirent toutes les chances de leur côté pour surmonter une coalition de forces bien supérieures à ce que pouvait réunir le Pacte de Varsovie qu’ils contrôlaient. Ayant combattu pendant 4 ans la Wehrmacht, ils en connaissaient la valeur. Aussi, l’esprit Wehrmacht fut-il soigneusement entretenu dans l’armée de la Deutsche Demokratische Republik (DDR) dont le territoire, de surcroît, correspondait, peu ou prou, à la Prusse à l’origine de l’unité allemande de 1871. Alors que les USA enlevaient toutes les dents à l’armée de la RFA, la vingtaine de divisions que la DDR apportait au Pacte de Varsovie s’envisageait sans complexe comme l’héritière de l’armée allemande ayant fait le jeu européen de 1866 à 1945. La conséquence fut que jamais les USA et ses vassaux n’osèrent franchir le Rideau de fer. L’Ouest s’américanisait, l’Est restait homogène ethniquement.

Ainsi, les réactions les plus fortes à cette volonté portée par l’UE se trouvent dans l’ex-DDR, en Pologne, en Hongrie et dans tous les espaces préservés de l’invasion US par l’armée soviétique. C’est là que les mouvements identitaires sont les plus dynamiques. Ceux-ci n’hésitent pas à surmonter les antagonismes nationaux pour éviter une meltingpotisation à l’américaine, alors que leurs dirigeants sont désormais soumis aux diktats de l’UE qui les stipendie. L’alternative pour eux est alors de continuer avec l’UE au prix de leur identité, ou de se rapprocher de la Russie et perdre la rente allouée par l’UE. Les événements en Ukraine sont emblématiques de cette alternative.

Les USA dans le doute

Paradoxalement, les mêmes interrogations secouent les USA. L’Amérique blanche s’inquiète de son avenir démographique. Donald Trump surfe sur cette inquiétude en accusant un Establishment acquis aux vertus du métissage… du peuple. L’élection d’Obama fut un signal fort envoyé aux « countrymen » pour leur signifier que l’Amérique blanche avait fait son temps. Quelles sont les forces agissant au profit de ce mondialisme métisseur est un autre débat inabordable actuellement.

Force est d’admettre cependant qu’excepté le monde asiatique, immuable, le reste de la planète subit cette mondialisation raciale noyant les identités locales dans l’émergence d’un Homme nouveau. Les Russes connurent cela dans les premières années de l’URSS, mais le Petit Père des peuples, Joseph Staline, revint vite aux fondamentaux nationaux en cultivant les permanences anthropologiques qui les animent. Ex-commissaire du peuple aux Nationalités sous Lénine, et ancien séminariste, tout en combattant le capitalisme, il engagea l’URSS dans un bolchevisme identitaire se manifestant encore dans l’esprit russe contemporain. Ainsi, un passeport intérieur contient les mouvements de populations internes au sein de ce gigantesque territoire associant des Suédois à l’ouest à des Chinois à l’est. Le résultat de cette politique fut que le bloc de l’est fut sauvegardé de ces mutations démographiques que l’oligarchie US et ses féaux européens engagèrent chez nous dès 1945. Le rêve de créer les Etats-Unis d’Europe impose de calquer nos pratiques sociales sur celles de notre tuteur. Conséquence : même la Suède, concernée ni par un héritage colonial, ni par son implication dans le second conflit mondial, est désormais soumise à ce processus.

Alors les clivages anciens se révèlent obsolètes. Il ne s’agit plus de savoir si nous sommes des Suédois ou des Italiens, des communistes ou des libéraux, des bourgeois ou des ouvriers, etc. Face à la meltingpotisation et au métssage, les liens de sang s’imposent désormais comme le dénominateur commun aux peuples européens ainsi qu’à toutes les civilisations concernées par cette mondialisation. Les Arabes aussi veulent vivre comme des Arabes. Les Asiatiques, les Indiens, les Africains et jusqu’aux peuples amérindiens s’inscrivant comme les descendants assumés des Incas, des Aztèques, des Sioux, des Quechuas, etc. refusent la perspective imposée d’une civilisation mondiale où des clones viendraient chercher leur dope dans des centres commerciaux climatisés.

Vers une Internationale des identitaires

Une internationale des identitaires pourrait-elle alors venir à bout de ces mondialistes ? Des Européens, des Arabes, des Africains, des Asiatiques, etc. attachés à leurs singularités identitaires et à leur sol pourraient-ils s’unir face à des Européens, des Arabes, des Africains, des Asiatiques, etc. envisageant avec délices d’être dissous dans l’Homo mundialis ?

Une certitude s’impose à ce jour : le clivage Identitaires versus Mondialistes ne va cesser de s’amplifier. Sera-t-il résorbé pacifiquement ou dans la violence ? Une gigantesque guerre civile mondiale nous menace-t-elle ? La réponse appartient à l’Histoire de demain. Mais force est d’admettre que les mondialistes mènent au score actuellement et disposent de moyens incommensurables.

Frédéric Villaret
19/01/2016

(*) http://www.polemia.com/le-programme-economique-plafond-de-verre-ultime-du-front-national/

Correspondance Polémia – 21/01/2016

Image : « L’URSS, garant de l’identité européenne ». Les relayeuses russes (de gauche à droite) Tatyana Firova, Antonina Krivoshapka, Yulia Gushchina et Kseniya Ryzhova ont détrôné les Américaines sur 4×400 mètres aux Mondiaux d’athlétisme de Moscou, 17/08/2013.